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Réchauffement climatique, ondes, surveillance de masse... Ils s'inquiètent du déploiement de la 5G

Mis à jour le 06/02/2020 à 08:25 Publié le 06/02/2020 à 08:15
La réunion a permis une présentation de la nouvelle association Monaco 5G, et un partage d’informations et d’inquiétudes, notées par les représentants du gouvernement et de l’opérateur Monaco Telecom.

La réunion a permis une présentation de la nouvelle association Monaco 5G, et un partage d’informations et d’inquiétudes, notées par les représentants du gouvernement et de l’opérateur Monaco Telecom. L.M.

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Réchauffement climatique, ondes, surveillance de masse... Ils s'inquiètent du déploiement de la 5G

L’association Monaco 5G a tenu mardi soir sa première réunion publique. L’occasion pour une trentaine de participants de faire part de leur crainte des ondes ou pour l’avenir de leurs enfants.

Quand on a appris qu’il y allait avoir la 5G, on a entendu parler des ondes millimétriques. On s’est dit qu’on allait être des cobayes dans un four à micro-ondes» résume Helena Krajewicz dans une salle de la Maison des associations de Monaco.

La présidente de l’association Monaco 5G démarre cette réunion publique par un rappel des faits. La création d’une page Facebook puis de l’association. Devant la trentaine de personnes présentes, deux représentants du gouvernement, et un de Monaco Telecom, La présidente poursuit son analyse: «Si nous avons fait tout cela, c’est que l’on a eu aucune information.»

Bien reçus

La nature en général n’aimant pas le vide, en particulier la nature humaine, toutes sortes d’informations ont circulé. Des informations reprises mardi soir pendant cette réunion publique d’information. «Enjeux économiques énormes» et «surveillance de masse», Helena Krajewicz cadre le débat: «Nous ne pouvons pas nous attarder sur l’aspect géopolitique de la situation, car cela nous dépasse. Alors nous devons nous concentrer sur la santé (...) Et nous devons reconnaître que nous avons tout de suite été reçus et écoutés avec bienveillance» par le gouvernement.

Après la diffusion d’une vidéo au contenu affolant («planète en danger», «transhumanisme», «rayonnement ionisant à haute fréquence auquel aucune forme de vie n’échappera»), Jean-François Fabre, trésorier de l’association, prend le relais sur les explications techniques. «Tout n’est pas exact dans cette vidéo». Ouf.

Il explique les ondes millimétriques et détaille les inquiétudes soulevées. Car pour l’instant, elles sont interdites à Monaco, mais quid du futur? Des informations défilent à l’écran. Des participants prennent des photos. Tous avec des smartphones.

Toutes les ondes inquiètent

Rob Rowland, vice-président de l’association, prend la suite, sur des explications scientifiques. Il décrypte les études. Pointe du doigt les éléments qui interrogent, et apporte de la nuance.

Dans l’assistance on s’inquiète pour les ondes. Toutes les ondes. Le wifi, les plaques à induction, les oreillettes avec ou sans fil. On rappelle la possibilité de connecter son ordinateur à internet avec un câble ethernet, et l’existence d’oreillettes tubulaires («qui ne transmettent pas les ondes et qui fonctionnent comme les stéthoscopes des médecins»). On propose une nouvelle politique: «Pourquoi Monaco ne deviendrait pas le premier pays à interdire les ondes millimétriques? ça pourrait même devenir un argument sur la qualité de vie.» On demande à «faire valoir le principe de précaution tant que l’innocuité des ondes n’a pas été prouvée». C’est bien l’objectif de l’association.

Inquiétude contre progrès

Seulement voilà: par nature, la science aurait tendance à prouver l’existence plutôt que l’inexistence. Et quand bien même. Une étude prouvant l’innocuité suffirait-elle? La crainte n’est-elle pas le corollaire des évolutions technologiques? Le train, la radio, le téléphone filaire ont tous traîné leur lot d’angoisses. Parfois justifiées, comme au sujet de l’amiante, parfois injustifiées, comme quand un scientifique américain prévenait qu’un train entrant dans un tunnel à 30 km/h asphyxierait ses passagers.

Monaco 5G recevra prochainement le Pr Annie Sasco, signataire de la demande de moratoire pour suspendre le déploiement de la 5G, aux côtés de 269 (*) autres scientifiques, et ancienne directrice du Centre international de recherche contre le cancer, aujourd’hui retraitée.

Et dans la quinzaine à venir, le gouvernement publiera un dépliant d’information destiné à fournir un maximum de réponses.

L'inquiétude des météorologistes

Parmi les inquiétudes évoquées pendant cette réunion publique d’information, le réchauffement climatique.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les spécialistes de la météo sont, eux aussi, inquiets. S’ils n’accusent pas la 5G d’être à l’origine des changements de température de plus en plus perceptibles, ils ont tout de même des griefs contre ces ondes. Ils l’accusent de les rendre aveugles.

C’était juste avant la conférence mondiale des radiocommunications (WRC) à Sharm El Sheikh, en Égypte, en octobre dernier. «L’Organisation Météorologique Mondiale ne cherche évidemment pas à s’opposer au lancement de nouvelles technologies de télécommunication telles que la 5G, mais nous craignons que celles-ci n’empiètent sur les fréquences utilisées pour des activités qui permettent de sauver des vies, comme la prévision du temps», a déclaré Éric Allaix, président du Groupe directeur pour la coordination des fréquences radioélectriques relevant de l’OMM.

La raison de cette inquiétude? Une fréquence précise. 26GHz. Le début des ondes millimétriques, mais aussi la fréquence de la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère. Or voilà: la vapeur d’eau, c’est un des éléments que scrutent les prévisionnistes pour réaliser leurs bulletins à destination des particuliers, mais aussi à destination de l’armée, des sauveteurs en mer, ou des agriculteurs.

Pourtant ils ne seront pas entendus lors de la conférence. Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme émettra alors un communiqué de presse pour exprimer son découragement: «Il est inquiétant et décourageant de voir l’histoire se répéter et la science perdre du terrain face à d’autres pressions sociétales. En voyant le prix que la société doit payer pour avoir ignoré les avertissements sur le réchauffement climatique, on aurait espéré que la voix de la science atmosphérique aurait eu plus de poids.»


* Au 3 février 


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