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Monaco et Venturi prêts à mettre un pied sur la Lune... avant Mars ?

Partenaire stratégique de la société américaine Venturi Astrolab, le groupe monégasque Venturi répond à l’appel d’offres de la NASA pour équiper les rovers de futures missions jusqu’à Mars.

Thomas Michel Publié le 14/03/2022 à 13:31, mis à jour le 15/03/2022 à 10:06
La société américaine Venturi Astrolab a récemment testé un prototype terrestre de son rover FLEX près de la Vallée de la Mort, dans le désert californien. Photo Venturi Astrolab

Plus de cinquante ans après le programme Apollo 11, qui avait permis à Neil Armstrong et « Buzz » Aldrin de fouler la surface lunaire pour la première fois, la NASA planche ardemment sur un programme de retour sur la Lune. Nom de code : Missions Artemis (lire ci-dessous). Objectif : mener une campagne de missions d’exploration habitées sur la Lune puis, un jour, sur Mars. Dans cette optique, des appels d’offres ont été lancés pour s’adjoindre les services de sociétés commerciales à la pointe des nouvelles technologies.

En fin de semaine dernière, la start-up aérospatiale américaine Venturi Astrolab, basée à Los Angeles, présentait ainsi son nouveau rover non pressurisé, " modulaire et interplanétaire", baptisé FLEX (Flexible Logistics and Exploration) et capable d’embarquer deux astronautes comme de collecter, transporter et déposer des charges diverses.

Un engin qui doit permettre à Venturi Astrolab de devenir « l’UPS, le FedEx et l’Uber de la Lune », selon son p.d.-g. Jaret Matthews, cité dans le magazine américain spécialisé The Verge. " Pour que l’humanité puisse réellement vivre et fonctionner de manière durable en dehors de la Terre, il doit exister un réseau de transport efficace et économique sur la Lune ", précise aussi Astrolab via communiqué.

Monaco au coeur d'une task force internationale

Car atteindre la Lune n’est plus un casse-tête en 2022. Aujourd’hui, le défi est de s’y installer et optimiser la fréquence de son ravitaillement et la manutention sur place. " Des entreprises comme SpaceX et Blue Origin résolvent le problème du transport longue distance, et nous voulons résoudre le problème du transport local ", précise Jaret Matthews, rappelant que " le temps des astronautes est la ressource la plus précieuse au monde et leur sécurité est une préoccupation majeure ". Pour remporter l’appel d’offres de la NASA, Venturi Astrolab a ainsi décidé de bâtir une task force internationale. C’est là qu’interviennent Monaco et le groupe Venturi.

 

Voilà vingt ans que la société de Gildo Pastor innove dans le domaine des véhicules électriques sur Terre. Après avoir fait tomber des records du monde de vitesse avec ses voitures (VBB-3) et motos électriques (Voxan Wattman pilotées par Max Biaggi), Venturi équipe depuis peu la station polaire Princess Elisabeth avec sa navette Antarctica. Un engin électrique révolutionnaire par son autonomie - en voie de commercialisation - et hautement résistant au froid polaire. Autant de rampes de lancement pour le pionnier Gildo Pastor qui confiait à Monaco-Matin en décembre 2019 que, enfant, il construisait déjà des voitures Lego taillées pour l’espace.

Des batteries électriques développées par Venturi

Début mars, le consul général de Monaco à New York évoquait justement dans nos colonnes son " partenariat stratégique " avec Venturi Astrolab, société 100 % américaine dans laquelle il ne possède aucune part. Venturi Astrolab espérant fournir ses véhicules à la NASA, là où les ingénieurs du groupe Venturi développeraient à Monaco toute une série d’équipements. " Les batteries et les matériaux fonctionnant et résistant à des températures négatives extrêmes, les panneaux solaires, les roues déformables, les systèmes de contrôle électrique des véhicules et l’intégration des facteurs humains pour des rovers planétaires ", énumère-t-on chez Venturi.

" Les gens vont vivre plus longtemps sur la Lune "

En attendant que la NASA choisisse ses futurs partenaires, Venturi Astrolab réalise des tests de son rover dans le désert californien. Aux commandes, un ancien astronaute, Chris Hadfield, premier Canadien à avoir commandé la Station spatiale internationale (2012-2013).

" Alors que nous passons de l’ère Apollo, qui était axée sur l’exploration pure, à aujourd’hui, où les gens vont vivre plus longtemps sur la Lune, l’équipement doit changer, commente le désormais membre du conseil consultatif d’Astrolab. Lorsque nous nous installons quelque part, nous n’avons pas seulement besoin de transporter des personnes d’un endroit à l’autre, mais aussi de déplacer du matériel, des cargaisons, des équipements de survie, etc. Et tout cela dépend de la mobilité. "

 

Le slogan de Venturi Astrolab ? « Plus on monte haut, plus on regarde loin. »

Artémis : la première femme sur la Lune pas avant 2025

Dirigé par la NASA, le programme Artémis est le fruit d’une collaboration internationale qui implique l’Agence spatiale européenne (ESA), l’Agence spatiale canadienne (ASC), l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale et plusieurs partenaires commerciaux. Il vise à un retour durable sur la Lune et une parfaite acclimatation de l’humain.

" Le programme Artémis commencera par des missions autour de la Lune avant une mission qui se posera sur la surface lunaire. Outre les missions inhabitées et la mission habitée, le programme prévoit la construction d’une station spatiale en orbite autour de la Lune, la station Gateway. Des astronautes pourront s’installer sur la Lune et en orbite autour de la Lune. Depuis la station spatiale lunaire Gateway, ils se rendraient à la base spatiale Artémis avec un atterrisseur ", détaille l’Agence spatiale canadienne.

" Comme dans le cas de la déesse grecque, qui éclairait la voie avec sa torche, les missions Artémis [sœur jumelle d’Apollon et déesse de la Lune et de la chasse, ndlr] illumineront le chemin de l’exploration habitée de la planète rouge ", poursuit l’agence au sujet du rêve ultime : Mars.

Le programme Artémis se décline en trois volets : un vol d’essai sans équipage en 2022 (reporté tout récemment) ; un vol d’essai habité pour mi-2024 au plus tard ; enfin, pas avant 2025, faire atterrir des humains sur la surface lunaire. La NASA s’est engagée à faire débarquer " la première femme et la première personne de couleur sur le sol lunaire ".

Ensuite viendra le temps d’aller saluer les Martiens.

Le premier pas de l'Homme sur la Lune le 21 juillet 1969. Repro AFP.

L’état d’esprit de Gildo Pastor, président de Venturi et Venturi Lab.

" Depuis 2001, nous avons créé des engins hautes performances à 2 ou 4 roues – et même à chenilles – capables de rouler par -50°C ou jusqu’à 576 km/h selon les modèles. Aujourd’hui, je veux mettre notre savoir-faire au service de la recherche spatiale ; là où l’excellence est la norme. "

Gildo Pastor, président de Venturi et Venturi Lab. Photo Jean-François Ottonello.

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