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Mais qui est Tomz, ce drone d'oiseau de Roquefort-les-Pins?

Mis à jour le 06/03/2020 à 18:51 Publié le 10/03/2020 à 18:00
Le pilote de drone Thomas Panaiva, alias Toms.

Le pilote de drone Thomas Panaiva, alias Toms. (Patrice Lapoirie)

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Mais qui est Tomz, ce drone d'oiseau de Roquefort-les-Pins?

Thomas Panaiva bichonne et pilote ses "petits engins volants" avec dextérité en quête d’images à sensations. Basé à Roquefort-les-Pins, il sillonne la planète pour filmer des sportifs de l’extrême.

Non, il n’est pas tombé dans la marmite quand il était petit. À Opio, là où Thomas Panaiva a grandi, les drones n’existaient tout simplement pas. Et partout ailleurs non plus. Enfin si, mais leur utilité se cantonnait aux différentes armées à travers le monde.

Alors comment cet habitant de Roquefort-les-Pins, surnommé Tomz par ses copains de classe, a-t-il pu devenir en quelques années un pionnier du drone freestyle? Jusqu’à sillonner la planète pour dénicher des images sensationnelles de sportifs de l’extrême et vivre ainsi de sa passion...

"Honnêtement, à part le ski, je n’avais pas vraiment d’autres centres d’intérêt. Même si j’étais assez branché sur les nouvelles technologies, confie Tomz. Mais un jour, je vois une vidéo d’un Américain dans un parc. Il filmait deux gars qui se tiraient la bourre avec des drones. J’ai trouvé ça tellement incroyable... Je me suis dit : “Waouh! Comment ils font?!” Et encore, à l’époque, le matos était plus imposant et ça allait moins vite!"

rêve d’icare et effet cupidon

"À l’époque"? Comprenez en 2014. À ce moment-là, le Roquefortois ne s’emballe pas. Même si l’envie le ronge, il prend la sage décision de ne pas claquer subitement "1.000 balles" dans l’achat d’un drone en pièces détachées sans être sûr de savoir le monter.

Il commence alors par en acheter un en plastique, "un petit jouet". Juste histoire d’essayer. Et malgré ses deux pieds cloués au sol, le rêve d’Icare opère. Touché en plein vol, il ne redescendra plus jamais de son petit nuage. "J’en faisais tous les jours:pendant ma pause au boulot, en rentrant le soir dans le jardin de mes parents..." 

Jusqu’à ce qu’il se rende compte "des limites" de ce type de pilotage "à vue". En rencontrant des adeptes du drone FPV (First Person View, soit le vol en immersion) dans la région, il teste cette pratique en enfilant des lunettes. Il observe en temps réel et de manière très réaliste ce que filme l’appareil. Tomz tombe en pâmoison. Bye bye Icare, charmé par ce nouvel effet Cupidon! Peu avant Noël 2014, il craque.

"Je me suis lancé en achetant des pièces et j’ai assemblé mon premier drone sans aucune connaissance. Les tutos sur le sujet n’existaient pas encore. Mais, en deux ou trois jours, je suis parvenu à me débrouiller et le 24 décembre:je volais! Bon, il ne me manquait plus que les lunettes", glisse-t-il dans un sourire.

Il consacre tout son temps libre à cette passion dévorante. Six mois plus tard, l’Azuréen place une caméra sur son drone d’oiseau. Avec sa dextérité et son sens du pilotage, ses vidéos ne tardent pas à faire mouche sur la Toile.

Tenter pour réussir

"Je commençais à être pas mal suiviet certains Américains, des "stars" de ce milieu, avec des milliers d’abonnés, me laissaient de superbes commentaires alors que je n’étais qu’un grain de sable", poursuit-il. Des mots qui le touchent et le motivent à aller de plus en plus loin dans ses prises de risques, notamment au niveau des figures, quitte à endommager ses machines. Il tentait inlassablement pour réussir.

"Même quand il revenait totalement dépité, avec six drones cassés, il n’hésitait jamais. Thomas sait ce qu’il veut et trouve toujours le moyen d’atteindre son but. C’est quelqu’un de posé, de très réfléchi, méticuleux et persévérant", admet sa compagne infirmière Marie Lalès.

Ces qualités lui ont permis de se démarquer et de se construire petit à petit une flotte de drones – adaptés à différents usages (précision, vitesse...) et milieux (aquatiques notamment) – et de batteries pour éviter de suspendre une session de vol. Alors qu’il travaille encore comme gestionnaire de stock pour le groupe français d’événementiel Concept Group à Mougins, Tomz est contacté par différentes marques spécifiques (1).

Tomz pratique le drone FPV (First Person View, soit le vol en immersion), il pilote en enfilant des lunettes.
Tomz pratique le drone FPV (First Person View, soit le vol en immersion), il pilote en enfilant des lunettes. (Patrice Lapoirie)

Il devient le premier pilote français sponsorisé par des entreprises internationales. Ce qui lui procure de solides atouts. Notamment lors de ses compétitions de Drone Racing (course de vol en immersion de vitesse avec obstacles). Il se qualifie d’ailleurs pour les premiers championnats du monde de la discipline à Hawaï en 2016 (Drone Worlds) et participe également plusieurs fois à la Drone Champions League.

En tout, une petite dizaine d’entreprises soutiennent Tomz. Mais sa force première demeure le Bando. "Ça vient de l’anglais abandoned, indique-t-il. On vole en freestyle total dans des lieux abandonnés." Le mariage entre le drone et l’urbex (2), en quelque sorte. Ses machines passent dans des trous de souris, virevoltent à travers des fenêtres.

Le jeune homme se rend jusqu’à Zagreb pour tourner dans des anciens hôpitaux, à Turin dans une usine désaffectée... Et visuellement, ça décoiffe! "C’est une des raisons pour lesquelles on est allé le chercher, affirme Dino Raffault, réalisateur et coproducteur de la série de vidéos Follow Me (lire encadré ci-dessous). Thomas garde une âme de technicien, de spécialiste, mais la sensibilité qu’il dégage dans son rapport à l’image nous sert réellement." 

Pour preuve, chaque épisode se termine de la même manière. Son drone atterrit dans les mains du sportif filmé qui coupe la caméra. Un malicieux coup de patte. À l’instar de son logo en forme de renard.


Pour voir les vidéos de Tomz, rendez-vous sur:https://www.youtube.com/tomzfpv ou sur https://www.redbull.com/fr-fr/

Facebook et Instagram:@tomzfpv.

  1. La marque Lumenier et GetFPV (le plus gros shop américain de vente de pièces de drone), Tattu, Lethal Conception et FPV Racer (le plus gros shop européen)...
  2. Provient de la contraction de urban exploration, appellation anglaise de l’exploration urbaine, et désigne une activité consistant à visiter des lieux, abandonnés ou non, généralement d’accès interdit, caché ou difficile.

Grâce à ses drones, Tomz "vous donne des ailes"!
Grâce à ses drones, Tomz "vous donne des ailes"! (Patrice Lapoirie)

Qui m’aime me suive!

Au-dessus de l’eau, de la terre. À travers la forêt, la poussière. Toujours collé à leurs basques, jamais il ne les lâche. Pourtant, Tomz, alias Thomas Panaiva, reste immobile. Seul son drone plonge au cœur de l’action. Suivant des champions de l’extrême. Volant parfois à quelques dizaines de centimètres d’eux. Captant d’époustouflantes images.

Une proximité, risquée et recherchée, nécessaire pour tourner une série de vidéos courtes intitulées Follow Me coproduites par Red Bull Media House et Supersize Films. "Pour que ça fonctionne, il ne peut pas y avoir deux performances distinctes. Celle du sportif de haut niveau d’un côté et la mienne de l’autre, estime Tomz, un des meilleurs pilotes de drone freestyle français. Au-delà des repérages, des contraintes techniques et matérielles, comprendre comment chacun travaille s’avère essentiel pour établir une connexion, créer une osmose. Ça se ressent sur le tournage et ensuite à l’image!" 

Depuis environ un an et demi, le Roquefortois a déjà participé à une dizaine de projets Follow Me en France et à l’étranger avec la kayakiste française Nouria Newman, le skieur français Alexis Pinturault, le danseur niçois Diablo, le vététiste français Kilian Bron, le wakeboarder français Jules Charraud...

D’incroyables vidéos immersives diffusées sur Red Bull TV, Youtube, les réseaux sociaux, puis reprises partout sur la planète par une multitude de médias. Le buzz de la première de la série avec le Français Tom Pagès (photo ci-dessous), un des monuments du freestyle motocross, avait conforté l’idée du réalisateur Dino Raffault, également directeur de Supersize Films, et son équipe de poursuivre l’aventure.

Un choix gagnant puisqu’ils ont remporté le prix de l’Innovation lors des Sportel Awards, en octobre 2019 à Monaco, avec la vidéo Follow Me x Irek Rizaev, où le rider russe de BMX envoyait des tricks à tout-va au sein du kremlin de Kazan. Là encore, l’intégralité des images provenaient du drone piloté par Tomz.

Tom Pagès, as mondial de freestyle motocross, suivi de près par le drone de Tomz.
Tom Pagès, as mondial de freestyle motocross, suivi de près par le drone de Tomz. (Photos Red Bull/Jean-François Muguet)

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