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Le catamaran 100% solaire débarque à Monaco

Mis à jour le 13/07/2017 à 13:19 Publié le 13/07/2017 à 05:23
Alexis Synodinos : «Ce bateau, c'est l'ami des plongeurs. »

Alexis Synodinos : «Ce bateau, c'est l'ami des plongeurs. » (Photo Guillaume Aubertin)

Le catamaran 100% solaire débarque à Monaco

C'est un bateau unique en son genre qui mouille en ce moment en rade de Toulon. Equipé d'une cinquantaine de panneaux électrosolaires, Heliodive sera à Monaco en fin de semaine

Les apparences sont parfois trompeuses. Et la vie souvent pleine de paradoxes. Malgré son parfait look de marin (lunettes de soleil, chemise à manches longues, bermuda et chaussures de pont), Alexis Synodinos avoue avoir le mal de mer. C'est un peu ballot pour un homme de la mer.

Mais après tout, sa passion première n'est pas réellement la navigation, mais plutôt la plongée. Et c'est précisément ce qui l'a poussé à concevoir un bateau unique en son genre, idéalement pensé, donc, pour les adeptes de plongée sous-marine. Son nom : Heliodive. ""Helio" comme le soleil en grec, et "dive" comme la plongée en anglais", précise ce Parisien originaire du pays de la feta et du sirtaki.

Comme Solar Impulse

"Ce bateau, résume Alexis Synodinos, c'est vraiment l'ami des plongeurs puisqu'il fonctionne sans carburant, sans bruit, sans biocide, sans fumée, ni odeur…"

Sa force réside dans son toit, composé de 56 panneaux solaires de 100 watts chacun.

"Avec cette puissance de 5.600 watts, calcule-t-il, on peut avancer à 6 ou 7 nœuds au soleil, indéfiniment. Et à 5 nœuds, je pense qu'on peut naviguer jour et nuit sans interruption avec les batteries qui prennent le relais. Un peu comme Solar Impulse l'a fait dans son tour du monde."

Tout a évidemment été pensé en cas de mauvais temps. Les batteries au lithium sont rechargeables à quai à l'aide d'un simple branchement. « C'est comme pour la Zoé, on la recharge et c'est parti. »

Difficile de faire plus économique et plus écolo.

L'autre principale particularité d'Heliodive, c'est son revêtement en silicone. « C'est le premier cata en alu à être équipé comme ça. Ce revêtement sans biocide permet d'éviter que les coquillages se collent et freinent le bateau. Au lieu de les tuer, on les empêche tout simplement de s'accrocher à la coque. »

En cet après-midi ensoleillé, Alexis et son équipe règlent les derniers détails avant la mise à l'eau. Construit en Vendée, le bateau est immatriculé à Toulon et hébergé depuis plusieurs semaines déjà à l'IMS Shipyard de Saint-Mandrier. Dans le hangar qui lui sert d'abri, toute l'équipe s'active autour de cet imposant engin flottant, long de 11,70 m, large de 5,70 m, pour un poids total de 7 tonnes.

De Kersauson et Camas "sur le cul"

Ancien dessinateur industriel, Alexis Synodinos est convaincu que son "bébé" représente "l'avenir". C'est en tout cas une petite révolution dans le monde marin. La preuve ? Olivier de Kersauson et Franck Camas seraient restés "sur le cul" lorsqu'ils ont découvert Heliodive.

Sûr que les deux marins chevronnés, pas nés de la dernière pluie, ont dû apprécier les avancées technologiques du bateau.

"Même le préfet maritime trouve que ça marche super bien. C'est surtout le bateau électrosolaire le plus rapide au monde dans sa catégorie", fanfaronne son géniteur.

Bien lancé, Heliodive peut filer "jusqu'à 18 nœuds". Démonstration faite dans la rade de Toulon. Aux commandes de son bateau, Alexis savoure : "Ça passe très bien en mer. Même à force 8, c'est tranquille", assure-t-il.

La Marine intéressée

L'avantage du bateau est d'être très fin et de pouvoir ainsi mieux pénétrer dans l'eau. Les moteurs, eux, sont de qualité allemande. Autant dire que c'est fiable et costaud. Le club PlongéeO à Hyères en a déjà fait l'expérience, avec succès.

La dernière particularité d'Heliodive, c'est que les commandes du moteur et du safran sont électriques. Autrement dit, "ça se pilote tout seul, un vrai régal". À terme, "on pourra même le piloter à distance, ce qui intéresse beaucoup la Marine".

Pour l'instant, il ne s'agit que d'un "prototype d'une longue série à venir", estimé à 300.000 euros. Soit le même prix qu'un bateau à moteur thermique du même gabarit. "Sauf que derrière, ajoute Alexis, il n'y a pas d'essence, pas d'entretien, rien…"

Plusieurs clubs de plongée ont d'ores et déjà pré-commandé un modèle, notamment en Espagne, en Guadeloupe ou à St-Barth. Pour les curieux qui souhaitent le découvrir, Heliodive sera à l'honneur du "Monaco Solar & Electric Boat Challenge", qui débute aujourd'hui et se déroule jusqu'à samedi à Monaco.

Photo Guillaume Aubertin

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