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La Ville de Nice choisit un système de reconnaissance faciale monégasque pour la sécurité de son Carnaval

Mis à jour le 21/02/2019 à 08:29 Publié le 21/02/2019 à 05:11
Cette technologie est déjà installée à l’étranger dans plusieurs aéroports, et dans certaines  villes, qui ne souhaitent pas communiquer sur sa mise en place.	(Illustration Confidentia)

Cette technologie est déjà installée à l’étranger dans plusieurs aéroports, et dans certaines villes, qui ne souhaitent pas communiquer sur sa mise en place. (Illustration Confidentia) Confidentia

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La Ville de Nice choisit un système de reconnaissance faciale monégasque pour la sécurité de son Carnaval

La Ville de Nice expérimente en ce moment l’utilisation d’une solution de reconnaissance faciale. Un outil fourni par l’entreprise monégasque Confidentia, spécialisée dans la cybersécurité

Les bureaux installés dans le palais de la Scala, à côté de l’hôtel Hermitage, ne laissent rien présager de l’activité de cette très discrète entreprise monégasque.

Confidentia, créée en 2011 à Monaco, sort de l’ombre ces jours-ci. Ces informaticiens qui officient aussi depuis Madrid, Paris et Tel Aviv, fournissent à la ville de Nice le logiciel permettant d’expérimenter la reconnaissance faciale durant le Carnaval. "Un essai inédit en France", confirme Jean-Philippe Claret, son dirigeant.

La reconnaissance faciale, c’est un des produits phares de cette entreprise spécialisée dans la cybersécurité. Une solution qu’ils peuvent déployer de plusieurs façons: "On a la possibilité de proposer une installation complète comme celle que l’on a actuellement dans le Centre de Sécurité Urbain de Nice, mais nous avons aussi des solutions mobiles. Nous sommes capables de faire une installation en une heure ou deux. Si au dernier moment, il y a un meeting politique, un concert qui peut poser des problèmes de sécurité ou une manifestation dans la rue, ou dans un endroit fermé… Vous arrivez avec une mallette que vous connectez directement sur les caméras". Vous avez l’impression que l’on vous raconte un film d’agent secret ? Jean Philippe Claret le reconnaît : ça se passe exactement comme à la télé.

>>LIRE AUSSI. Voici comment fonctionne le logiciel de reconnaissance faciale utilisé pendant le Carnaval et vous ne pouvez pas y échapper.

Mode d’emploi

Mais alors comment fonctionne cette solution ?

"Pour reconnaître les visages, on utilise l’intelligence artificielle afin d’élaborer des schémas de points sur un visage." À partir d’une photo donnée, le logiciel repère un certain nombre de points sur la structure du visage, comme l’écartement des yeux, la distance entre le coin de l’œil et l’angle de la mâchoire, etc. Il en déduit une sorte de clé, qu’on appelle un algorithme. "Notre logiciel compare alors cet algorithme de points avec celui qu’il fabrique à partir des visages sur les vidéos, que ce soit en direct ou en différé."

Inutile d’envisager les déguisements ou la chirurgie: "Même si vous essayez de vous cacher, si vous vous laissez pousser la barbe, si vous mettez des lunettes de soleil, ça ne suffira pas à ce qu’on ne vous reconnaisse pas. L’algorithme utilise de nombreuses combinaisons de points. Si un point est caché, il ira en chercher un autre."

Une solution qui peut-être utile dans la recherche de suspects, mais pas que.

>>LIRE AUSSI. C'est confirmé, la Ville de Nice va bien expérimenter la reconnaissance faciale durant le Carnaval.

Retrouver des délinquants comme des enfants disparus

"Cela peut servir pour les enfants perdus. Le parent transmet une photo à l’agent de police directement depuis son smartphone, celui-ci l’envoie au centre de surveillance et on cherche l’enfant sur les caméras. C’est un des tests que l’on a fait avec Nice. Dans le cadre de cet essai, les deux problématiques de départ étaient les enfants perdus et les personnes âgées égarées."

Les plus inquiets d’entre nous s’interrogeront : et la vie privée alors ? Sur ce point, Jean-Philippe Claret se veut rassurant: "On enregistre et on ne conserve que les algorithmes de point des personnes d’intérêt : que ce soit des recherches dans les enquêtes sur le banditisme ou les personnes disparues. Sur les images de la sortie d’une gare avec une cinquantaine de personnes, par exemple, le logiciel reconnaît les visages en 0.2 secondes. Donc le temps que l’œil humain voie l’image, tous les autres visages sont floutés."

>>RELIRE. Christian Estrosi la réclame depuis plusieurs années: la reconnaissance faciale utilisée lors du carnaval de Nice?

Jean-Philippe Claret assure que toutes les installations sont soumises aux autorités compétentes, et que l’expérience menée à Nice se déroule dans le respect de la vie privée.

"Nous n’avons pas de contrat avec la ville de Nice, seulement un N.D.A. [accord de non-divulgation, ndlr] pour mener à bien gratuitement l’expérimentation. Ensuite il sera fait un rapport par la Ville de Nice, et nous sommes à ce jour incapables de dire si Nice aura ou pas les autorisations nécessaires ou si la loi française doit être adaptée. Cela est hors de notre champ d’action et nous serons bien sûr respectueux des choix français."

Confidentia a déjà mis en place son produit dans des aéroports, ou dans des villes étrangères, aux États-Unis par exemple. Mais nous n’en saurons pas plus, pour des raisons de… confidentialité.

Jean-Philippe Claret est à la tête de Confidentia.
Jean-Philippe Claret est à la tête de Confidentia. S. Botella

 Les recherches couplées avec les réseaux sociaux
AUx ETats-Unis

Certains établissements de jeux de Las Vegas utilisent le même logiciel de reconnaissance faciale que la Ville de Nice teste en ce moment, mais dans une version beaucoup plus ouverte. *

"Aux Etats Unis, il y a un peu moins de contraintes règlementaires. Dans ce cas là, aucun visage n’est flouté, et on observe tous les visages pour détecter les VIP et leur réserver un accueil personnalisé. Pour cela on compare en temps réel le visage de tous les clients avec ce que l’on trouve sur les réseaux sociaux."

Et là, la vie privée? "Il n’y a plus de protection, puisque ce sont les utilisateurs qui ont fourni leur nom et leur photo. On ne peut pas reprocher aux établissements d’utiliser les informations que les gens ont rendues publiques !"

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