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La Principauté a déjà gagné 6 hectares, où en est le projet d'extension en mer de Monaco?

Mis à jour le 12/01/2020 à 07:41 Publié le 12/01/2020 à 07:30
Le chantier d'extension en mer se poursuit à Monaco.

Le chantier d'extension en mer se poursuit à Monaco. Photo Bouygues TP

La Principauté a déjà gagné 6 hectares, où en est le projet d'extension en mer de Monaco?

Fin décembre, la plateforme de six hectares a été créée redessinant de fait les frontières de la Principauté. 2020 sera l’année du traitement des sols et du renforcement de l’extension en mer.

Il suffit de prendre un brin de hauteur, au niveau d’un Vista Palace en pleine mue, pour prendre conscience que le chantier pharaonique de l’extension en mer a franchi un cap.

Depuis le 15 décembre, c’est physiquement officiel : la Principauté de Monaco a grignoté six hectares sur la grande bleue. L’étape qui a vu le terre-plein se dessiner (lire ci-dessous) a achevé une année 2019 bien chargée pour les équipes de Bouygues Travaux Publics.

C’est, en effet, durant l’année écoulée que le remblais d’assise a été érigé et la ceinture protectrice de caissons bouclée. « On a créé le foncier et on l’a protégé », résume Christophe Hirsinger, directeur grands projets de Bouygues TP, en charge de l’infrastructure sous-marine.

Si avant l’année 2020, la majeure partie de ce chantier pesant 2 milliards d’euros se déroulait en dessous de la surface de l’eau, les travaux se passent désormais, presque entièrement, aux yeux et au su de tous. On fait le point sur les étapes de 2020.

La protection de la ceinture de caissons

Depuis mi-décembre, la Principauté de Monaco a gagné six hectares.
Depuis mi-décembre, la Principauté de Monaco a gagné six hectares. Photo Dylan Meiffret

Pour « blinder » cette ceinture protectrice de dix-sept caissons géants, la barge Edmond s’active à disperser des enrochements sur le remblais d’assise, côté mer. « On va mettre 90 000 tonnes d’enrochements avec des blocs de 300 kg à 1 tonne. La zone du Larvotto où l’hydrologie et l’hydrodynamique sont différentes nécessitera d’être protégée par des blocs de 10 à 15 tonnes pour un total de 27 000 tonnes », détaille Christophe Hirsinger. En parallèle, des murs chasse-mer d’environ 1,50 mètre sont érigés en ce moment même pour protéger le terre-plein, fraîchement créé, des caprices de Dame Nature. La partie supérieure des caissons est elle, petit à petit, obturée pour réaliser la future promenade.

Le traitement des sols

Deux navires ont permis de déverser 750 000 tonnes de sable pour créer la plateforme où seront érigées les constructions.
Deux navires ont permis de déverser 750 000 tonnes de sable pour créer la plateforme où seront érigées les constructions. Photo Bouygues TP

Le traitement des sols. C’est le gros du chantier et sans doute l’opération la plus gourmande en termes d’ouvriers. Concrètement, il s’agit-là de donner au foncier créé les propriétés mécaniques nécessaires à l’accueil des constructions. Cela passe, notamment, par de la vibrocompaction ou par un procédé de consolidation du sol répondant au nom anglicisé de jet grouting. « On traite ainsi les différentes couches et cela permet, par exemple, d’éviter la liquéfaction du terrain en cas de séisme, explique Christophe Hirsinger. L’opération va durer jusqu’à octobre, de façon à livrer la plateforme améliorée et traitée pour le 1er novembre. »

Au fur et à mesure que le sol est traité, les partenaires chargés de la construction en surface de l’extension en mer investissent les lieux. Ainsi, la création des fondations a déjà été amorcée dans l’angle sud de la plateforme, du côté de l’hôtel Fairmont. « Des machines font déjà les pieux pour le premier bâtiment, dessiné par l’architecte Renzo Piano. »

Une première étape pour le port d’animations

Les équipes de Bouygues s’attellent à traiter les sols.
Les équipes de Bouygues s’attellent à traiter les sols. Bouygues TP

Si le futur port d’animations de dix-huit anneaux ne sera excavé que fin 2023/début 2024, l’année en cours verra Bouygues TP s’occuper des quais et des tenons. « À la fin 2020, début 2021, on aura réalisé 98 % de l’infrastructure. Il ne nous restera plus qu’à finir le port dans quatre ans », lance Christophe Hirsinger.

des caissons pour abriter la faune et la flore

Les chambres Jarlan (elles s’apparentent à des poteaux sur l’illustration), pour l’heure obstruées,
serviront à atténuer la houle et abriteront de la faune et de la flore.
Les chambres Jarlan (elles s’apparentent à des poteaux sur l’illustration), pour l’heure obstruées, serviront à atténuer la houle et abriteront de la faune et de la flore. Illustration Anse du Portier

Pour l’heure, les façades des dix-sept caissons qui façonnent la ceinture protectrice de l’extension en mer sont obturées. 240 volets noirs permettent aux ouvriers de travailler « à sec » à l’intérieur de ces parpaings géants. Quand viendra le temps d’ouvrir ces longues ouvertures verticales, les caissons dévoileront leur fonction principale : casser l’énergie de la houle et des vagues (lire ci-contre). Mais pas que. « On a inclus de l’écoconception », affirme Christophe Hirsinger, directeur grands travaux de Bouygues Travaux Publics.

En résumé, les ouvrages ont été conçus pour que la faune et la flore s’approprient les lieux. Là où certains détracteurs pointent du doigt les conséquences sur l’environnement d’un chantier titanesque, cela pourrait être de nature à rassurer. « Pour favoriser l’accroche et donc la colonisation des caissons, l’un des facteurs décisifs est la création de rugosité, d’où la complexification du béton sur certaines zones », communique l’Anse du Portier.

Au moment d’ériger les caissons de 10 000 tonnes pièce, des formes ont été dessinées, des rainurages creusés et des reliefs créés, notamment dans les chambres Jarlan. Dans certains caissons, des dispositifs supplémentaires ont été implantés pour créer des cavités sous-marines et de petites grottes.

« Des panneaux éco-conçus ont aussi été ajoutés en façades », poursuit Christophe Hirsinger. Pour l’heure, seul le caisson numéro 13 en dispose. Ils sont de deux types : l’un permet de créer un mimétisme par rapport au tombant rocheux. L’autre, légèrement décollé du caisson, offre un habitat.

Dernier aspect de ce futur développement de la biodiversité : des gabions - des structures grillagées, cubique, contenant de la roche - vont être disséminés par moins vingt mètres de profondeur. Sur le remblai d’assise, là où reposent les fameux caissons. « L’idée est de créer des anomalies, des espaces pour la faune », continue Christophe Hirsinger. Une rosière (des lianes) imitant la Posidonie complétera ultérieurement ce dispositif.

À noter, qu’un travail spécifique a aussi été réalisé sur les joints inter-caissons. Ce volet environnemental sera achevé d’ici septembre.

Les équipes de Bouygues s’attellent à traiter les sols.
Les équipes de Bouygues s’attellent à traiter les sols. Photo Bouygues TP

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