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Découvrez le projet d'une “route de la liberté” 2.0 entre Nice et Marseille tracée par des Varois

Mis à jour le 10/12/2019 à 17:02 Publié le 10/12/2019 à 17:00
La première table d’information connectée a été inaugurée au mémorial du Mitan, à La Motte, en août dernier.

La première table d’information connectée a été inaugurée au mémorial du Mitan, à La Motte, en août dernier. Photo Sébastien Fabret

Découvrez le projet d'une “route de la liberté” 2.0 entre Nice et Marseille tracée par des Varois

Férus d’histoire, les créateurs de la première table d’information connectée à La Motte, relative au Débarquement de Provence, souhaitent étendre cette initiative au-delà du département

Au départ, l’histoire est celle d’une rencontre entre deux hommes. Deux passionnés d’histoire: Thierry Simon, militaire en retraite, aujourd’hui responsable des collections du musée de l’Artillerie, et Jacques Rebière, conservateur-restaurateur au laboratoire de conservation de Draguignan.

Ce dernier confie avec amusement: "Un ami anthropologue de longue date n’arrêtait pas de me dire: il faut absolument que je te présente Thierry. Il est fou, comme toi! Vous devriez bien vous entendre…" Et l’ami est tombé juste.

Un sourire au coin des lèvres, Thierry Simon prend le relais: "Dans ma ville d’origine, à Metz, j’avais tout ce qu’il fallait en termes de monuments historiques pour épancher ma soif d’apprendre. En arrivant à Draguignan, il y a sept ans, j’ai donc cherché un os à ronger. Et c’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du Débarquement de Provence. J’ai gratté toutes les infos que je pouvais avoir sur le sujet, je me suis rendu sur les sites connus. Et là…" 

Pour le passionné, ce fut la douche froide.

"Aucune mise en valeur des sites existants"

"J’ai constaté qu’il n’y avait rien. Aucune mise en valeur, soupire-t-il. Une aberration lorsqu’on sait que 3000 unités américaines, 10 000 parachutistes et 260 000 soldats français ont débarqué ici! Au Dramont, par exemple, il y a bien une barcasse et des stèles. On sait que ça s’est passé là, mais rien de plus."

Face à ce constat, les deux hommes décident de s’associer pour tenter d’impulser une nouvelle dynamique, jusqu’à ce qu’ils tombent sur une coupure de journal qui retient toute leur attention.

"Il était question d’un concept original - le béton connecté - élaboré par une start-up de Trans-en-Provence. Dans notre tête, ça a tout de suite fait tilt, reconnaissent-ils. Mais nous n’avions pas encore d’idée précise sur la façon de l’exploiter."

Happés par leurs vies respectives, les camarades perdent alors de vue leur perspective, qui ressurgit et se précise dans leur esprit, trois ans plus tard…

Cette fois, déterminés à aller au bout, Jacques Rebière et Thierry Simon font appel à des connaissances aux compétences multiples: Jean-Marie Guillon, ancien professeur d’histoire à l’université d’Aix-Marseille, Philippe Jarry, "l’informaticien de la bande", ainsi que Jean Fouriscot, en charge de la commercialisation de cette technique dans les domaines du tourisme et du patrimoine.

Une collaboration fructueuse puisqu’en l’espace de quelques semaines, est née la table d’information connectée, première du genre au niveau national - et même mondial, désormais installée au mémorial du Mitan, à La Motte.

En pratique

Implantée au mémorial du Mitan, disposée sur une structure métallique, la plaque est en béton fibré ultra-performant et mesure 90 cm sur 30.

Elle est recouverte d’un vernis anti-UV et anti-tag. Sur celle-ci figurent un logo – qui sera commun à toutes les plaques et symbolise la zone d’atterrissage et les divisions qui ont débarqué; une carte en fond, la dernière éditée par les Américains en juillet 1944 ; des images d’archives, ainsi que trois puces qui renvoient au site informatif debarquementprovence1944.com, à des informations touristiques et aux numéros d’urgence.

Pour y accéder, il suffit d’activer la fonction NFC de votre téléphone. Le contenu du site étant continuellement enrichi, au fur et à mesure des informations collectées.

Pour l’optimiser, la bande de copains s’est donc élargie, au travers d’un conseil scientifique et technique, regroupant les musées militaires de la région, les conservateurs des archives départementales et des musées de France, ainsi qu’un certain nombre d’érudits locaux.

"Des centaines de tables entre Nice et Marseille"

L’objectif est d’apporter des informations complémentaires, destinées à tous les publics, sur ce chapitre historique majeur.

"Lorsque vous posez votre téléphone sur la puce dédiée qui se trouve sur la plaque de béton, précise Thierry Simon, notre site internet s’affiche automatiquement sur votre écran. Et sur celui-ci, vous trouverez des informations spécifiques sur le lieu où vous êtes. Mais aussi des informations plus générales, présentées de façon ludique pour les plus jeunes, et de façon plus poussée pour les connaisseurs. À cela s’ajoutent des images animées, des cartes et des vidéos."

Quant au choix du lieu d’implantation, l’équipe s’est naturellement orientée vers La Motte, premier village libéré de Provence.

Et travaille déjà à de nouvelles réalisations…

"Nous misons sur plusieurs centaines de tables d’information connectées, réparties entre Nice et Marseille, souligne Jacques Rebière. Et pourquoi pas, à terme, réaliser une sorte de “route de la liberté”, qui pourrait faire la jonction avec les villes libérées de Normandie."

Une voie qu’emprunte joyeusement la bande de copains, avec l’espoir d’y rencontrer le succès !

Le béton connecté, un concept unique développé à Trans-en-Provence

Rolland Melet est l’inventeur du concept.
Rolland Melet est l’inventeur du concept. Photo Philippe Arnassan

L’idée a germé il y a plus de deux ans dans l’esprit de Rolland Melet, patron de la start-up 360 SmartConnect, basée à Trans-en-Provence et spécialisée dans la transformation numérique des PME, des entreprises du béton et du BTP.

"Comme beaucoup de propriétaires, indique-t-il, j’ai découvert après coup que ma maison avait été construite en dépit du bon sens. À ce moment-là, j’ai songé: si j’avais pu voir comment était faite cette maison, connaître toutes les informations associées, j’aurais certainement gagné du temps et de l’énergie!"

Et cette solution, Rolland Melet ne s’est pas contenté de l’imaginer. Il l’a inventée.

Ainsi est né le concept de “béton connecté”…

"L’objectif est de donner à chaque objet physique, et au bâti plus spécifiquement, un équivalent digital. Autrement dit, créer un lien entre ce qui existe matériellement et les informations qui y sont associées. Et ce, par le biais d’un marqueur intelligent que nous plaçons dans ou sur l’objet, et qui vous permet d’accéder à ces informations (contrats, modes d’emploi, échéances, état des lieux, etc.) à l’aide de votre smartphone, avec la possibilité de les enrichir. Soit en flashant un code QR ou en activant la fonction NFC, qui permet l’échange de données", précise Rolland Melet, avant d’ajouter: "Nous ne sommes pas non plus magiciens… Nous donnons un moyen d’accéder à l’information, qu’il va maintenant falloir constituer."

 Et c’est là que les partenaires et différents acteurs du bâtiment interviennent…

"Nous sommes en discussion avec des sociétés pour essayer d’étendre cette solution. À Marseille, après les nombreux problèmes liés aux effondrements d’immeubles, le gouvernement a lancé des audits sur la qualité des constructions. Démarche à laquelle nous allons tenter de nous associer. De sorte que les murs finissent enfin par nous parler ! Et nous sécuriser…"


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