“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Comment l'Observatoire de Nice contribue à la défense de la planète contre les astéroïdes

Mis à jour le 17/10/2020 à 11:41 Publié le 17/10/2020 à 12:30
Une vue de l'observatoire de Nice.

Une vue de l'observatoire de Nice. Photo Drone 06

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Comment l'Observatoire de Nice contribue à la défense de la planète contre les astéroïdes

Des milliards d’astéroïdes transitent au-dessus de notre tête sans même que l’on s’en aperçoive. Patrick Michel, astrophysicien de l’Observatoire de la côte d’Azur, fait partie de la mission de défense planétaire contre les astéroïdes et nous explique comment chaque jour, il protège notre Terre.

Nous avons rencontré Patrick Michel car le 02 novembre, un astéroïde va passer à proximité de notre planète. Une aubaine pour le scientifique et son équipe qui espèrent pouvoir récupérer des échantillons et faire avancer la science.

Mais en parallèle, l’agence spatiale européenne (ESA) vient tout juste de signer un contrat à plusieurs milliards d’euros qui lance une mission historique visant à nous protéger du risque d’impact d’astéroïdes.

Une mission à la fois historique et inédite

Pour la première fois, l’Homme va perturber un système de deux astéroïdes, nommé Didymos, similaire au système de la Terre et de la Lune.

C’est le but de la mission DART pilotée par la NASA (National Aeronautics and Space Administration). Le but est d’envoyer un projectile afin de dévier la lune de sa trajectoire.

Quatre ans plus tard, l’ESA sera à l’endroit de l’impact causé par DART pour analyser en détails les caractéristiques de l’astéroïde.

A ce jour, personne ne connaît ni la structure d’un astéroïde, ni son comportement dans l’espace.

Les radars d’expertise française vont permettre de déterminer la structure interne de l’objet en question et enfin dévoiler tous ses secrets.

L’importance de prévoir le risque d’impact d’un astéroïde sur la planète

Un astéroïde qui tombe sur la Terre, cela arrive en moyenne tous les 500.000 ans. A priori, pas d’inquiétude. Mais comme le rappelle Patrick Michel, "c’est un événement à faible probabilité et à forte répercussion".

L’impact d’astéroïde sur la Terre est la catastrophe naturelle la moins probable comparée aux séismes, aux tsunamis…

C’est à dire que même si cet événement se produit sur des échelles de temps éloignées de notre ère, le risque est tout de même existant.

D’une expérience de laboratoire à une simulation spatiale

Didymos est l’objet parfait pour une analyse en conditions réelles. Le choix de ce système d’astéroïdes est défini en fonction de sa similitude avec notre système Terre-Lune mais aussi du non-risque qu’il représente pour l’humanité.

Cette mission va permettre de tester les techniques de déviation à échelle réelle là où elles sont aujourd’hui expérimentées en laboratoire.

L’étude de ces systèmes d’astéroïdes reste peu fréquente malgré leur représentation dans l’espace.

"Aucune mission spatiale n’est un échec"

Patrick Michel, responsable du groupe planétologie de l'observatoire de Nice.
Patrick Michel, responsable du groupe planétologie de l'observatoire de Nice. Photo Cyril Dodergny

DART peut rater sa cible. L’objet arrive à une vitesse de plusieurs milliers de kilomètres par heure pour effectuer un "rendez-vous" avec l’astéroïde lui-même en mouvement.

Seulement personne ne connaît la forme de cet astéroïde et seul son diamètre est connu. "Aucune mission spatiale n’est un échec, on apprend toujours de nos erreurs".

Si les satellites venaient à manquer leurs objectifs, ce serait un signal pour les scientifiques qu’ils doivent ajuster leurs calculs et mettre au point une technique d’impact différente.

L’aboutissement d’un travail de plus de 20 ans

 Il aura fallu près de 20 ans aux scientifiques pour faire adopter ce projet. Auparavant, le risque d’impact d’astéroïde ne faisait pas l’objet d’un budget dédié.

Les différentes discussions entre les groupes de travail américains et français placent aujourd’hui la protection de la planète au cœur des préoccupations spatiales car comme le précise Patrick Michel, "le risque d’impact est un risque international".

L’astrophysicien, spécialiste des petits corps célestes dont les astéroïdes font partie, se réjouit des nouvelles initiatives des agences spatiales mondiales.

L’Observatoire de Nice à la conquête de l’espace

 "Nous sommes les Christophe Colomb de l’espace". Patrick Michel est un passionné. Il fait d’ailleurs partie de plusieurs missions spatiales internationales qui lui prennent tout son temps. "Les chercheurs ne passent pas leur temps à rêvasser dans un bureau", lance-t-il après avoir expliqué la complexité de la mission.

Au sein de cette mission de défense planétaire, son rôle est de coordonner l’équipe d’investigation internationale et de faire le médiateur entre l’ESA et la NASA.

Au quotidien, il passe beaucoup de temps derrière un écran à modéliser les impacts et les mouvements des astéroïdes.

Alors quand il s’agit d’apporter son expertise pour protéger la planète et "d’écrire l’histoire en explorant de nouveaux mondes", Patrick Michel a la tête dans les étoiles.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.