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Bertrand Piccard: "L’esprit pionnier, c’est faire mieux que ce qu’on croit"

Mis à jour le 12/07/2016 à 11:54 Publié le 12/07/2016 à 11:48
AGENCE MONACOSOLAR IMPULSE CEN TRE DE CONTROLE MONACO AVEC BERTRAND PICCARD

Bertrand Piccard: "L’esprit pionnier, c’est faire mieux que ce qu’on croit"

Bertrand Piccard, le père de Solar Impulse a assisté hier à l’aube au décollage depuis le centre de controle du projet à Monaco. C'est tout naturellement qu'il s'est prêté au jeu de l'interview

Que s’est-il passé depuis l’atterrissage le 24 juin dernier à Séville?
Après chaque très long vol, comme celui que j’ai fait au-dessus de l’Atlantique, il y a une maintenance de l’avion. Nous avons changé des pièces, vérifié d’autres. L’avion est en parfait état. Puis nous avons attendu la bonne fenêtre météo car il y avait des zones sur la Méditerranée qui n’étaient pas encore dégagées. C’est presque une des plus longues escales que nous avons faites cette année. Ceci aussi car nous ne pouvions pas arriver en Égypte avant la fin des fêtes du Ramadan, pour des questions de logistique administrative.

Cette étape au Caire revêt un symbole particulier pour vous?
En effet, Solar Impulse va arriver au pays où l’idée est née. J’ai atterri en Égypte après mon tour du monde en ballon. C’est là que j’ai eu l’idée d’un avion solaire qui ferait le tour du monde. Pendant tout ce voyage en ballon, j’ai eu l’angoisse constante de tomber en panne de gaz car les vents étaient plus lents que prévu. Et j’ai atterri avec 1 % de réserve. Là, je me suis dit qu’être dépendant des énergies fossiles, ce n’est pas prudent. Et j’ai eu la vision de Solar Impulse, en Égypte pour la première fois.

Quel sera l’héritage de Solar Impulse au terme de ce tour du monde?
Pendant quinze ans, j’ai travaillé à la construction d’une plateforme de promotion pour les technologies propres. Solar Impulse, c’est une aventure aéronautique mais c’est avant tout l’étendard de cette plateforme. C’est un levier politique et industriel en faveur de la protection de l’environnement. Maintenant, l’objectif est de réunir tous les acteurs de l’industrie des technologies propres en un comité international qui sera le fer de lance de solutions indispensables pour résoudre les changements climatiques. J’ai énormément d’interventions prévues sur ce sujet. Et j’ai été nommé ambassadeur des Nations Unies pour l’environnement; c’est un rôle que je prends très au sérieux.
Pour moi d’ailleurs, le moment le plus important de cette aventure est peut-être quand j’ai parlé à Ban Ki-Moon depuis le cockpit de Solar Impulse au milieu du Pacifique, lorsque les chefs d’État signaient l’accord de Paris. C’est ce genre d’impact que je voulais obtenir via Solar Impulse.

Il reste deux étapes à accomplir, mais l’aventure est déjà une réussite. C’est une fierté personnelle pour vous?
Il y a beaucoup de gens qui croient que faire différemment que ce qu’ils font tous les jours est impossible. Ce qu’il faut montrer avec l’esprit pionnier, c’est qu’on peut faire mieux que ce qu’on croit. Que ce soit dans sa vie personnelle ou pour la planète.

Vous êtes un aventurier dans l’âme, on imagine que vous avez déjà un nouveau défi en tête?
Avant d’atterrir avec Breitling Orbiter III, je n’avais pas l’idée de Solar Impulse. Alors, laissez-moi atterrir à Abu Dhabi, ensuite on verra (rires). Mon but, avant tout, n’est pas de passer à autre chose mais continuer dans la promotion des énergies propres.

Monaco a joué un rôle particulier dans cette aventure…
Vous savez, c’est une amitié de longue date que je partage avec le souverain. Nous sommes tous les deux actifs dans cette dimension environnementale et nous voulons promouvoir ces valeurs. Avoir le centre de contrôle de Solar Impulse en Principauté était la possibilité de joindre nos forces. Le prince Albert II est le seul chef d’État en exercice qui a fait de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques un vrai cheval de bataille. C’est remarquable et ça a beaucoup d’impacts. D’habitude, les chefs d’État attendent d’avoir fini leurs mandats pour commencer à parler de ces sujets.

Vous accomplirez le dernier vol du Caire à Abu Dhabi. Il sera forcément chargé en émotion…
Bien sûr. Même si techniquement je suis prêt, je crois qu’il faudra se préparer émotionnellement. Arriver au bout de ce que tout une équipe a mis tellement de temps à mettre au point, c’est un moment fantastique. Mais pour l’instant, il faut arriver au bout. Ce n’est pas encore fini. Les deux derniers longs vols sont très importants. Avec Solar Impulse, quelque chose est accompli après avoir été fait et pas avant!


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