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Vainqueur par KO

Mis à jour le 30/03/2019 à 10:15 Publié le 30/03/2019 à 10:15
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Vainqueur par KO

Arrivé blessé puis expulsé pour sa première titularisation, William Vainqueur a redressé la barre. A l’image de sa carrière

William Vainqueur dégage ce qu’on appelle une dureté apparente. Hier, lorsqu’il a pénétré en salle de presse du centre d’entraînement de La Turbie, nul besoin d’être devin pour comprendre que le milieu de terrain de l’AS Monaco n’avait pas franchement envie d’être là. Moins de sept minutes plus tard, l’homme de 30 ans a quitté l’espace presse estimant que le boulot avait été fait.

À vrai dire c’est sur le terrain, demain contre Caen, que les supporters de l’ASM attendent le milieu défensif, surtout avec l’absence d’Adrien Silva, suspendu, et l’incertitude autour de la cuisse de Cesc Fabregas. Une ouverture pour Vainqueur ? « J’ai conscience qu’avec la suspension de Silva, il y a de la place mais il faut être prêt, rendre service à l’équipe et on est beaucoup de milieux dans l’effectif » lance-t-il d’une voix posée.

Depuis son arrivée sur le Rocher début janvier, rien n’a été facile pour l’ancien milieu de l’OM. Débarqué diminué au mollet d’Antalyaspor en Turquie, le milieu de 30 ans échoue dans un premier temps aux tests médicaux poussés menés par Bob Tahri. Monaco souhaite un joueur opérationnel immédiatement, Vainqueur ne l’est pas.

D’autres auraient renoncé. Pas lui. Dans la foulée, Vainqueur propose aux dirigeants monégasques de faire un effort financier considérable pour s’engager. Autrement dit, de ne pas être payé tant qu’il n’est pas en mesure de jouer. « William a malgré tout fait preuve d’une détermination et d’une volonté de s’impliquer qui nous a conduits à examiner de nouveau la situation », lâche finalement Vadim Vasilyev.

24 heures après le refus, Vainqueur est finalement Monégasque pour 6 mois. Rien n’est facile pour autant. Après des débuts en janvier contre Dijon en fin de match, Vainqueur débute face à Guingamp en demi-finale de Coupe de la Ligue. 14 minutes après le coup d’envoi du match, le milieu écope d’un carton rouge et ne reverra plus les terrains jusqu’au déplacement à Lille, avant la trêve. La raison ? Une suspension ainsi qu’une rechute au niveau du mollet. Pas de quoi l’effrayer, lui, le gamin de Neuilly-sur-Marne.

Ce pur produit de banlieue a appris le football à Noisy-le-Grand, un club amateur du 93.

A 12 ans, son talent lui ouvre les portes du centre de formation de l’AJ Auxerre. Le début de la gloire pense-t-il. Dans l’Yonne, la belle histoire se transforme vite en cauchemar. Avec son fort caractère, souvent le cas des jeunes adolescents qui ont été élevés pas des parents séparés (il va grandir avec sa mère et son beau-père), il ne se fait pas marcher sur les pieds et, parfois, sa fougue l’emporte.

En classe, son insolence donne lieu à des problèmes récurrents de comportement. Sur le terrain, la greffe ne prend pas non plus. On le trouve lent, un peu en surpoids et pas très grand. En revanche, il fait ce qu’il veut du ballon et l’attention qu’il n’a pas en classe est omniprésente sur le terrain. La définition même du faux calme. Mais voilà, Auxerre ne se donne pas le temps de tailler le diamant et jette l’éponge au bout d’un an. Retour à la case départ pour Vainqueur qui, à 13 ans, prend une licence à Bussy-Saint-Georges en Seine-et-Marne. D’Auxerre, il n’a pas oublié les conseils de son premier éducateur, qui le logeait, et qui croit en lui malgré l’échec.

Un an plus tard, Nantes lui ouvre la porte. En Loire-Atlantique, le système scolaire semble mieux lui convenir avec des classes réduites. William Vainqueur est simple à déchiffrer, il donne ce qu’il reçoit. Petit à petit, le milieu de terrain prend du galon et débute à 18 ans, en 2007, en Ligue 1 face à l’OM, son club de cœur. Nantes traverse une période sportive chaotique, entre Ligue 1 et Ligue 2. Malgré tout, Vainqueur enquille les matches et commence à se faire une solide réputation hors de France. Ainsi, en août 2011, après cent matchs tout pile et un seul petit but avec les Canaris, il plie bagage pour le Standard de Liège. En Belgique, il va passer trois saisons pleines et franchir des paliers. À tel point que le Dynamo Moscou s’invite dans la danse en 2014. Une saison réussie d’un point de vue sportif (plus de 40 matches) mais surtout marquée par la venue de Yann M’Vila chez lui après avoir démoli une partie de sa maison à la hache. Une fugue mémorable alors que l’actuel milieu de Saint-Etienne était toujours en attente de l’homologation de son contrat par le Dynamo. Cette histoire va surtout mettre en exergue un système de racket des joueurs étrangers au sein du club moscovite. Une combine à base d’amendes infligées, organisée par le chef de la sécurité du Dynamo, qui se montrait parfois violent pour extorquer de grosses sommes. Face à la folie, Vainqueur - qui connaît M’Vila depuis les Espoirs - accueille son ami sans condition. Dans la foulée, les deux hommes partiront en Italie, Vainqueur à la Roma, M’Vila à l’Inter. Derrière la carcasse et ce sourire de marbre se cache un homme loyal. Un soldat qui n’abandonne jamais ses proches. Des traits de caractère qui avaient immédiatement séduit l’ASM en janvier alors que la situation sportive était catastrophique. Face à Caen, Vainqueur pourrait connaître sa première titularisation en Ligue 1. Et la suite ? « Je vis au jour le jour, je ne me projette pas encore sur l’avenir, je voulais surtout reprendre goût au terrain, c’est ce que je fais en ce moment ».

Fidèle à son histoire, Vainqueur se relève toujours. Partout. Tout le temps. mathieu faure


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