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Une journée dans l’écurie Renault pour le Grand Prix de Monaco

Mis à jour le 23/05/2014 à 07:52 Publié le 23/05/2014 à 07:49
Les mécanos de chez Renault aux petits soins pour la F1 de Sebastian Vettel. Je voudrais les mêmes pour ma Peugeot qui fait du bruit !

Les mécanos de chez Renault aux petits soins pour la F1 de Sebastian Vettel. Je voudrais les mêmes pour ma Peugeot qui fait du bruit ! Eric Dulière et Julie Baudin

Une journée dans l’écurie Renault pour le Grand Prix de Monaco

Invitée à passer une journée dans l’écurie Renault, je plonge pour la première fois dans les coulisses du Grand Prix, « very very very VIP »

Invitée à passer une journée dans l’écurie Renault, je plonge pour la première fois dans les coulisses du Grand Prix, « very very very VIP »

Jour un de mon premier Grand Prix de journaliste. Un baptême princier. Et me voilà envoyée au 7e ciel puisque j'ai rendez-vous au 10e étage d'un immeuble, les pieds sur la grille de départ. Nom de code : écurie Renault.

Rien à voir avec les souvenirs d'enfance que j'ai gardés de mes merveilleux mercredis au centre équestre… 11 heures. Je débarque donc toute fraîche à mon point de rendez-vous. Sans bombe ni casque… Un peu en avance.

On me badge de haut en bas : « Access very VIP ». Et on m'accueille par : « Ah vous êtes attachée de presse, c'est ça ? » Non, raté ! Journaliste, Madame le maillot jaune de chez Renault ! Et toc… Bienvenue dans le monde très masculin du sport automobile.

Sans doute pour se faire pardonner, voilà qu'on m'invite sur la terrasse de l'écurie Renault pour prendre un café. Et là, je ne regrette plus du tout mes merveilleux mercredis au centre équestre… À droite, le Rocher et son flanc de colline où commencent à s'agglutiner les spectateurs « roots » du Grand Prix de Monaco.

À gauche la montée d'Ostende et son écran géant. En bas, la ligne de départ, les stands, les F1 et leurs drôles de bruits. Je repère celles de Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo, que je suis censée supporter. Trop facile ! Elles ont pris place sur la grille de départ pour la première séance d'essais.

Et voilà que ça roule des mécaniques en accélérant dans le vide ! Je m'attends alors à dégainer mes bouchons d'oreille… Mais non. À ma grande surprise, le bruit dont on m'avait tant parlé est largement acceptable pour mes oreilles chastes de bébé journaliste automobile. La nouvelle réglementation est passée par là.

Alain Prost. Le fameux. Le célèbre

Mon voisin de terrasse, lui, vingt-cinq Grands Prix dans les pattes, est plutôt chagrin.« Depuis qu'ils ont changé le moteur, elles font un bruit de merde ! Une espèce de feulement ridicule. Les GP2[ce sont les petites sœurs des F1], ça, c'est un bruit de Formule 1 ! »

Un connaisseur… Imaginez. J'apprends même qu'il a été pilote de moto dans les années 80. « Mon mécano c'était Estrosi. Vous le connaissez bien ici à Monaco…[clin d'œil et coup de coude en coin]. Il n'est pas très loin, hein ? » Une sacrée gouaille celui-là. C'est décidé, il sera mon parrain de Grand Prix. À leur tour, les GP2 finissent leurs essais et rentrent au bercail.

Pour nous, c'est le moment d'accueillir Alain Prost. Le fameux. Le célèbre. Et le seul pilote finalement qui me paraisse familier. Il me revient alors en tête les souvenirs de ces dimanches après-midi télé à savourer en famille les duels Prost-Senna.

Alors, puisqu'il est à ma droite à table, je mets les pieds dans le plat. « Pourquoi il n'y a plus de stars dans la F1 comme à votre époque ? Aujourd'hui, à part les fans, qui regarde les grands prix ? »

Et là, Alain Prost se livre. « C'est vrai, on a été un peu trop loin dans les évolutions technologiques et on s'est éloigné de l'humain et du spectacle. Aujourd'hui, les pilotes décident peu. C'est la stratégie qui compte et passe avant tout. Le stand a parfois plus d'informations que le pilote. Le risque, c'est que quand on élimine tous les aléas, la vision du pilote devient plus celle d'un robot que d'un humain. Mais c'est un constat que je livre, pas un jugement. »

Mais moi, c'est dans la boîte. Je savoure ces propos sans langue de bois. Et je remercie mon chef de m'avoir envoyée au charbon ! Et ce n'est pas fini.

Il reste la visite des stands. Là où seuls les « very very very VIP » ont accès. Alors, à nouveau, on me badge. En rouge vif, cette fois-ci. Au total, quatre badges qui pendouillent autour de mon cou.

C'est parti pour la visite des fameux stands. Pour y accéder, on passe quatre barrages et un nombre incalculable de spectateurs qui rentrent à la maison… Et qui nous dévisagent comme si on était de drôles de bêtes. Comme on est badgé jusqu'aux dents, ils savent qu'on est « very very very VIP »!

Des mécanos impeccables

Je suis peut-être débutante dans la discipline, mais les stands, je savais ce que c'était… Mais je ne m'attendais pas du tout à ça ! Coluche aurait été bluffé lui aussi. Car ici, au cœur de la mécanique, c'est plus blanc que blanc ! À croire que mon garagiste ne se lave plus depuis des années…

Des mécanos sont en short et t-shirt moulant, tatoués à souhait. Impeccables ! Et ça tombe plutôt bien puisque ce sont ceux de chez Renault ! Ici,ça sent plus l'eau de Cologne que cette odeur acre de l'huile qui a chauffé ou de la gomme brûlée. Que je sens chez mon garagiste.

Pourtant, ici aussi, on visse et dévisse. En revanche, ici seulement, on époussette les carrosseries. On calcule aussi sur de gros ordinateurs. Et on opère au cœur du moteur. Toute une équipe de chirurgiens mécaniques concentrés sur la substantifique moelle de la F1…

« Évacuation des stands. Évacuation des stands ! » Brutalement, mon immersion se termine. Les essais reprennent. Il est temps de quitter les stands. Et je n'ai pas la chasuble « Pit lane access ». Précieux sésame parmi les précieux pour rester ici pendant les essais. Alors il faut dégager. Et vite.

Et rebroussant chemin, je croise « le » Président. Michel Boeri, le big boss de l'ACM, en grande conversation avec un Écossais tout bien habillé. On me chuchote à l'oreille qu'il s'agit d'un certain Jackie Stewart. Un ancien grand champion de F1. Effectivement, ce nom me dit vaguement quelque chose. Alors je fais clic-clac avec mon appareil photo au moment même où Michel Boeri lui lance :« You have a Rolex ? » Bienvenue au Grand Prix de Monaco.


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