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The Boss

Mis à jour le 18/08/2019 à 10:08 Publié le 18/08/2019 à 10:07

The Boss

Le parcours de Dee Bost, capitaine de la Roca Team, inspire le respect

La maman de Dee Bost s’appelle Frances et il a poussé aux USA dans une petite ville nommée Concord. Le destin du meneur de jeu supersonique du championnat de France était-il écrit à l’avance ? Peut-être. Mais le numéro 1 de l’AS Monaco n’a pas grandi avec un tapis rouge déployé sous lui. Les écueils ne lui ont jamais fait peur, pas plus que les gros shoots au buzzer.

Braqueur des défenses, tempérament électrique, brillant athlète, devenu le patron du jeu monégasque après une bascule de deux ans en Euroligue (Kaunas, Moscou), Dee Bost s’est construit un parcours qui force le respect. Au caractère.

Tony Parker le voulait

Dee Bost veut toujours gagner : y compris aux manettes du Fifa pro. Au jeu vidéo, il s’est vite imposé - aussi - comme le maître du vestiaire monégasque. Les adversaires, comme Landing Sané, ont du métier. Mais quand ça joue, Dee ne rigole plus !

1er juin dernier, dans la vraie vie : à la dernière seconde du match 1 de la demi-finale contre Dijon (82-77), Dee Bost retombe en porte à faux sur le pied d’un Dijonnais. Entorse. Dans le vestiaire, malgré la victoire, le silence règne. La cheville a morflé. Or, comment faire sans Dee Bost, alors que le match 2 est prévu 48 heures après ? La question ne va pas tarder à désenfler. Malgré la douleur, Dee Bost annonce le lendemain qu’il veut s’aligner. Le meneur va jouer, sous infiltration, prenant sur lui pour conduire la Roca Team avec un brio exceptionnel jusqu’à cette finale homérique perdue en 5 manches face à l’Asvel. La bravoure du joueur marque les esprits. C’est déjà lui, Dee Bost, depuis son retour sur le Rocher, fin février 2019, qui a transformé, avec coach Obradovic et l’apport de Buckner, une Roca Team moribonde en machine à succès. Obradovic en est convaincu. Il a trouvé son relais sur le terrain. Cet été, Monaco va tout faire pour garder son meneur. Unics Kazan (Russie) sort le gros chéquier pour l’attirer. Surtout, Tony Parker le veut à l’ASVEL. TP dépêche en Principauté Nicolas Batum, juste après la finale, pour convaincre Bost de rejoindre le projet lyonnais.

En vain. Dee Bost et Ouattara resteront accrochés au Rocher. Sasa Obradovic vient de désigner son meneur capitaine pour la saison à venir. « Je veux gagner ce titre de champion en France, dit Bost. Monaco est mon équipe, et pour moi le travail ne sera pas fini tant que l’on n’aura pas soulevé ce trophée ».

Cette saison à venir, le natif de Charlotte se verrait bien aussi en MVP de Jeep Elite. Il en a le profil.

MVP en foot américain

Dee Bost avait 17 ans, au lycée (high school), lorsqu’il reçut sa première grosse distinction. Ou plutôt une double : champion de Caroline du Nord la même année en basket et en football américain, avec les Spiders de Concord, il fut nommé MVP dans les deux disciplines ! Dans la foulée, il était nommé Athlète de l’année par le journal Charlotte Observer, recevant lors d’une cérémonie un trophée toujours en place dans la maison familiale.

Dee choisira finalement le basket.

Il n’a pas eu à le regretter. « Mes premiers dribbles ? Je devais avoir 4 ans. Il y avait une sorte de YMCA dans le quartier, je jouais souvent avec les plus âgés ».

À l’époque, le petit Demarquis ne grandit pas aux côtés de son vrai père. « Mon père était en prison. De mauvaises fréquentations qui ont mal tourné. Il est arrivé dans ma vie plus tard, petit à petit, lorsque j’étais adolescent ». Les mauvaises fréquentations, la guerre des gangs, c’est aussi ce qui a coûté la vie à son cousin dont il était proche, il y a quelques années. « Un moment très dur », confie-t-il. Demarquis, lui, a échappé à tout cet engrenage infernal. Sa marraine, Brenda Pryor, à qui il voue une grande affection, veille sur lui. À Concord, en middle school (l’équivalent du collège en France), malgré un physique alors tout fluet il se fait déjà remarquer balle en main.

Trop maigre

Dee rentre alors au lycée (high school). Son premier coach décide de ne pas le retenir en équipe première. Un choc. « Il me trouvait trop maigre, trop petit ». Son beau-père, Corey, va prendre les choses en main. « Il n’était pas content du tout de cette décision. Tous les jours, après le lycée, on filait à la salle et on répétait les gammes à n’en plus finir, jusqu’à ce que je coure plus vite, que je shoote plus vite... Mon beau-père était un ancien footballeur et basketteur ». Dee Bost n’a que 12 ans et son truc exclusif, alors, c’est plutôt le shoot. Il regagne sa place et marquera plus de 1000 points au lycée !

Dee évolue aussi en AAU (ligue amateur) avec les Carolina Raptors. « Aux Raptors, j’ai rencontré mon mentor, le coach Walter Clement. Il était militaire de carrière, très strict et une personne vraiment parfaite. Il me répétait sans cesse, attaque, attaque le panier ! Et si je ne le faisais pas, il me sortait ». A 17 ans, Bost est aussi élu MVP du tournoi Bob Givens. Sa vitesse foudroyante, sa détente et ses dunks provoquent des frissons. En athlétisme, l’élève Dee Bost franchit une barre à 1,95m. Il touche aussi au base-ball. Les grosses facs (universités) du pays s’intéressent au phénomène.

Cincinnati sonne à la porte. Mais Demarquis ne peut rejoindre les Bearcats pour une question d’éligibilité au programme scolaire. « J’ai dû passer par une ‘’Prep school’’. Coach Clement m’a aidé à trouver le meilleur endroit ».

Destin européen

Dee intègre alors l’école militaire d’Hargrave. 18,5 pts, 5,5 rebonds et 4,7 passes de moyenne : Hargrave finit invaincu et champion national. Bost intègre la NCAA (1) par la grande porte. Sous la tunique de Mississippi State (4 saisons), il termine en 2012 capitaine, meilleur marqueur (15,8 pts) et meilleur passeur (6,2) des Bulldogs. Il croise alors la route du Monégasque Will Yeguete, qui joue à Florida. « Dee avait la vitesse, le punch, et ce côté foufou, imprévisible, qui en faisaient un joueur très difficile à contrôler », se souvient l’ex-Manceau. Malgré ses états de service, Dee Bost ne fait pas partie des 60 noms retenus à la draft NBA du 28 juin 2012. Le rêve est écorné. Il franchit l’Atlantique pour signer son premier contrat professionnel (Podgorica) et faire bouillir la marmite. L’été suivant, la NBA lui fait un appel du pied : le 19 août 2013, il signe avec les Portland Trail Blazers. Il effectue toute la préparation avant d’être libéré de son contrat le 22 octobre. « Je ne peux pas dire que je n’ai pas eu ma chance en NBA, dit-il. À Portland, j’ai été le dernier coupé de l’effectif. Parfois, ça se joue à peu de choses ».

Son destin s’écrira en Europe.

En 2016, après une saison en Turquie, il est champion de Pologne avec Zielona Góra, MVP des finales. L’ASM le fait venir sur le Rocher. C’est à Monaco qu’il va attirer la lumière. Avec la Roca Team, Dee Bost affole les compteurs.

À Noël, le Barça tente de l’attirer en Catalogne. Le meneur est capable de faire exploser n’importe quel verrou. Toutefois, l’ASM s’incline en play-off. Dee Bost, l’impulsif, a parfois forcé les tirs. L’ancien petit ‘’guard’’ de Concord va alors prendre le tournant de l’Euroligue.

Il a grandi

A la lutte avec les plus grands joueurs du vieux continent, d’abord à Kaunas, puis à Khimki Moscou, où il débute l’intégralité des rencontres dans le 5 majeur, Bost acquiert un autre volume, un charisme, une maîtrise. A son retour sur le Rocher, cet hiver dernier, Monaco constate la transformation. « D’entrée, avec son jeu, ses mots, sa présence, Dee s’est imposé comme le patron du vestiaire », note alors Yak Ouattara.

« Je pense que j’ai mûri, j’ai grandi, tout simplement, confie l’intéressé, marié et fier papa de trois très beaux enfants, Layla, Taylor et Isaiah, 5,4 et 1 an.

« Le joueur a pris beaucoup d’assurance, constate un proche de la Roca Team. On se demandait comment cela allait se passer avec Obradovic, vu que les deux hommes ont une très forte personnalité. La relation est teintée de respect mutuel. Ils se comprennent parfaitement car ils sont obsédés par la même chose, le résultat ».

« Obradovic est un grand coach, un entraîneur d’Euroligue, dit le meneur. Avec lui, je veux être capable de dépasser mes limites ».

« Avec le capitanat, Dee endosse des responsabilités à un moment parfait de sa carrière, souligne Obradovic. Il est mon œil sur le terrain, il est déterminant pour nous. Il peut encore aller plus haut dans la gestion de tous les instants d’une partie. Son envie de réussir est énorme ».

Touché par le décès de sa marraine, il y a deux ans, Dee avait inscrit les initiales de Brenda sur ses baskets lors d’un match à Limoges.

Ses victoires portent la marque de ses proches.


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