"Sportif, écologique et éducatif", le Monaco e-Kart Championship promet des combats de rue électriques

À 37 ans, l’ancien pilote Clivio Piccione met en piste le premier championnat de karting 100 % électrique. Monaco, Menton, Saint-Raphaël et Vintimille accueilleront six courses en 2022. Contact !

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Gil Léon Publié le 31/01/2022 à 18:40, mis à jour le 31/01/2022 à 18:41
Clivio Piccione et Louis Iglesias, le jeune loup brignolais prêt à mettre les watts. Photo G. L.

C’est là qu’il avait signé son premier coup d’éclat avant de gravir les échelons jusqu’aux portes de la F1. "Championnat de ligue PACA 1996: j’avais signé la pole position alors qu’il s’agissait de mon baptême du feu en karting!" C’est aussi là, au circuit Paul-Ricard, sur le tourniquet jouxtant le tracé du Grand Prix de France, que Clivio Piccione a présenté aux médias son nouveau défi. Si le Monégasque ne pilote plus, à 37 ans, le voilà prêt à conduire le Monaco e-Kart Championship. Une compétition inédite qui verra 75pilotes (25 par catégorie) s’affronter avec des karts survoltés en ville, entre été et hiver. Présentation à sept mois du top départ...

Clivio, comment a germé cette idée de créer le Monaco e-Kart Championship?

Comme vous le savez, j’ai gardé de fortes attaches avec le karting, notamment via le team Monaco et la piste indoor du parking des Pêcheurs. Ayant toujours la volonté d’être précurseur dans mes activités, je me suis demandé comment on pouvait relancer le karting de compétition en ville. Parce que je garde un souvenir impérissable de certains combats de rue à Saint-Raphaël, à Vallauris, en 1996, 97, 98, quand je faisais mes armes au volant... Sans oublier, bien sûr, la Monaco Kart Cup, une épreuve qui a hélas disparu en 2010. Le Grand Prix de Menton est lui aussi passé à la trappe... En définitive, aujourd’hui, pour courir sur un tracé urbain, il n’y a qu’une seule solution: l’électrique!

Quelles priorités ont guidé votre réflexion?

 

D’abord, j’avais envie d’injecter un peu de sang neuf dans ce milieu qui, à mes yeux, n’a pas énormément évolué durant tout ce temps. Avec mes collaborateurs, on voulait proposer un produit nouveau, dans l’air du temps. Avec un budget maîtrisé et un mot-clé: l’équité.

C’est-à-dire?

Quelle que soit la catégorie, en karting, il y a souvent, pour ne pas dire toujours, des différences de matériel ainsi que des compétences et des moyens plus ou moins importants. Donc on ne se bat pas vraiment à armes égales. Là, tout le monde va être logé à la même enseigne: pneus monotypes, aucun réglage châssis et moteur individuel, procédure de départ statique... Clairement, on veut remettre le pilote au cœur du sujet. D’autant que le talent pur fait encore plus la différence sur ces circuits en ville ne pardonnant pas le moindre écart.

Pourquoi avoir organisé en amont une épreuve de sélection par catégorie?

Pour faire connaître le produit, tout simplement. Nous voulions toucher le public le plus large possible. Objectif atteint puisque les trois journées ont remporté un franc succès, avec environ 180 participants au total. Les parents étaient enchantés, les enfants aussi. Surtout les trois lauréats (dont le Brignolais Louis Iglesias, vainqueur en EK2 Junior, ndlr), des espoirs du volant aussi rapides en mode électrique qu’avec un moteur thermique. Parallèlement, cela a permis à notre équipe organisatrice de se roder.

 

Comment votre initiative a-t-elle été accueillie en Principauté?

Monaco contribue grandement à l’histoire du sport automobile depuis des lustres. C’est un fief incontournable. Et Monaco s’engage aussi de manière très concrète dans la protection de l’environnement, à différentes échelles et dans différents domaines. Présenté en premier lieu au prince Albert II comme il se doit, le projet a été reçu à bras ouverts. Nous bénéficions d’ailleurs du soutien de sa fondation, l’accord vient d’être signé. À la fois sportif, écologique et éducatif, le concept plaît, séduit, tous azimuts. On n’a que des retours positifs.

Utiliser des châssis Charles Leclerc, c’était une évidence?

Oui. Je trouve normal de jouer à fond la carte monégasque. Charles représente la Principauté de très belle manière en Formule 1. Moi, je suis toujours fier de porter les couleurs de Monaco. Donc choisir cette marque-là, ça coule de source.

S’agit-il d’un châssis spécifique?

Pas du tout! C’est un châssis standard homologué CIK-FIA, que tout le monde peut acheter dans le commerce, sur lequel nous avons greffé le "power train" BSR sans adaptation particulière. Pas besoin d’un diplôme d’ingénieur, n’importe qui peut le faire. De même, son utilisation est à la portée de tout le monde. Ce produit s’avère aussi polyvalent que performant. Avec une maintenance bien moins onéreuse, ce qui ne gâche rien. C’est sa force!

Qu’avez-vous ressenti au volant en effectuant les premiers tours de roues?

 

Beaucoup de plaisir. Au début, ne pas entendre le ronronnement du moteur, ça perturbe. Mais on se prend à découvrir d’autres bruits. Le crissement des pneus, les vibreurs, les graviers... Et le vent qui donne une belle sensation de vitesse. On apprécie la facilité de prise en main, le couple instantané, le grip latéral, le comportement du châssis en appui...

On peut dire que le mode d’emploi comprend certaines subtilités?

Oui, surtout celui du kart de la catégorie reine (l’EK1 développant 25kW, soit 34 chevaux) pourvu de freins à l’avant. Il nécessite un pilotage assez propre, assez fin, avec des freinages très tardifs. Impressionnant. À mon avis, compte tenu des développements en cours, cet engin sera aussi performant qu’un KZ (125 à boîte de vitesses) dans un an.

Le calendrier 2022 est-il à la hauteur de vos espérances?

Complètement. On voulait trois manches à Monaco. Il y aura trois épreuves différentes: le tracé de la Kart Cup en ouverture, face au port Hercule, puis un circuit mixte indoor-outdoor du côté de l’espace Fontvieille, et une finale 100% couverte au parking des Pêcheurs, où la piste sillonnera deux niveaux. Les trois autres étapes se dérouleront aussi en bord de mer, à Menton, Saint-Raphaël et Vintimille. Trois pays, ça donne d’entrée une belle connotation internationale.

Quid du projet de course sur la promenade des Anglais?

Il reste d’actualité. La volonté existe, de part et d’autre. 2022? 2023? On garde l’espoir d’obtenir les autorisations nécessaires pour que Nice apparaisse un jour sur la carte.

 

À moyen terme, vous espérez élargir le champ d’action?

Bien sûr. On part d’en bas, de chez nous, avec l’ambition d’aller haut. Si ça marche, pourquoi ne pas dupliquer ce format dans les pays voisins, en Europe et au-delà? Notre vision de l’avenir est très large, très ouverte. À nous de faire nos preuves, de savoir convaincre ici et là...

Le MEKC 2022 en bref

3 catégories: EK3 Mini/Cadet (7-11 ans, 7kW), EK2 Junior (12-14 ans, 18kW), EK1 Senior (15 ans et plus, 25kW).

6 manches: Monaco E-Kart Cup (20-21 août), Menton GP (10-11 septembre), Saint-Raphaël (15-16 octobre), Monaco Espace Fontvieille (5-6 novembre), Vintimille (26-27 novembre), Monaco indoor Parking des Pêcheurs (10-11 décembre).

Renseignements: www.mekc.org / info@mekc.org

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