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Rencontre avec Mino7x, footballeur 2.0 de l’écurie Esports de l’AS Monaco

Joueur sur FIFA, signé dans l’écurie Esports de l’AS Monaco, Amine Boughanmi alias Mino7x porte les couleurs du club dans les compétitions internationales. Et c’est du sport !

CEDRIC VERANY Publié le 27/03/2022 à 10:36, mis à jour le 27/03/2022 à 10:36
Le joueur de Esports, fier d’être enrôlé sous les couleurs rouge et blanche. J.-F.Ottonello

"Tu vas voir, Mino il va vouloir faire une dinguerie", glisse un coach alors que la console s’allume et que l’écran s’ajuste. Serein, Amine Boughanmi, alias Mino7x, saisi la manette pour montrer aux jeunes espoirs de l’AS Monaco ce dont il est capable.

Sa réputation le précède. Dans le milieu du foot, sous le maillot rouge et blanc qu’il porte depuis septembre dernier, Mino7x est un cador.

Pourtant, le jeune homme de 23 ans n’a jamais foulé la pelouse du Louis-II. Sa pratique passe par la manette et l’écran.

Amine Boughanmi est la dernière recrue de l’AS Monaco Esports, une section initiée par le club de foot monégasque depuis 2016 pour toucher de nouveaux publics et exister dans ce monde sportif virtuel.

À l’époque l’AS Monaco est le premier de Ligue 1 à s’engager dans cette brèche - avec le PSG - et recrute des joueurs qui performent sur la série de jeux vidéo de football FIFA, panthéon des amateurs de ballon rond.

 

Recruté en septembre avec le mercato

À l’instar de ce qui se passe chez les joueurs "de pelouse", il y a mercato parmi les gamers de salon. Un mercato qui a bénéficié à Amine Boughanmi, recruté l’été dernier par le club en Principauté.

"Pas mal d’équipes m’ont contacté à cette époque, j’ai comparé toutes les offres. Celle de l’AS Monaco était la meilleure, car on me proposait un encadrement que je n’avais pas ailleurs. En plus c’est un club de foot, un club que j’ai beaucoup admiré ces dernières années où sont passés de grands joueurs comme Falcao ou Mbappé", sourit-il.

Ce statut lui a permis de croiser des footballeurs en chair et en os… Et face à Tchouaméni, Boadu ou Volland, Mino7x a sorti la console plutôt que les crampons. "Forcément, je maîtrise mieux qu’eux le jeu, c’est mon métier, mais ça fait plaisir de voir que malgré leur statut de star, ils sont contents de jouer à la console avec moi."

Avant de devenir un expert du foot virtuel sous son pseudo Mino7x, Amine était à l’origine un petit gamin lyonnais, fou de football. "Comme tout le monde un peu, on est tellement à vivre pour le foot, j’ai rêvé d’être footballeur. C’est plus facile à dire qu’à faire, j’ai vite vu que je n’étais pas au niveau, je me suis dit pourquoi pas l’être professionnellement mais en virtuel sur FIFA."

Amine a sept ans quand il fait sa première partie. Il y prend vite goût, captant qu’il sera plus performant sur un terrain virtuel que dans un stade.

 

"En 2012, j’ai compris que je me débrouillais bien, je gagnais contre mes amis, je me suis alors lancé." Premier tournoi avec les trente meilleurs joueurs de France en 2015, échec, il ne passe pas les poules.

Deux fois champion de France

Trois ans plus tard, il marque et devient champion de France. Un titre qu’il ravira une deuxième fois en 2020. "Ces titres, c’est un rêve accompli, c’est tellement dur d’y arriver. Toute la France joue à FIFA, et je crois que j’étais le seul à croire en moi."

En plus du plaisir du jeu, l’adrénaline de la compétition l’a piqué. "Ce que j’aime le plus dans les tournois, glisse-t-il, c’est la pression, l’envie de se surpasser, d’être le meilleur. Et mon point fort c’est le mental. J’arrive à faire sortir l’adversaire de son match en le déconcentrant."

Une botte secrète dont il entend se servir pour devenir champion du monde.

Le titre est dans son viseur mais la compétition a été annulée deux années d’affilée à cause de la pandémie. Coup dur, mais Amine continue pourtant l’entraînement, comme un stakhanoviste, pour y arriver. "Quand la nouvelle version de FIFA sort, je peux énormément jouer car j’ai envie de le connaître par cœur et je prends du plaisir. À d’autres moments, les entraînements peuvent m’agacer, donc si je n’ai pas de plaisir, j’éteins la console."

Dans le monde du sport virtuel, comme dans le réel, le temps d’une carrière est compté. La plupart des joueurs stoppent avant la trentaine. "Plus tu prends de l’âge, plus tu perds de la rapidité dans tes réflexes avec les doigts sur la manette. Les meilleurs joueurs sont souvent en dessous de la vingtaine", confirme Amine, qui se voit presque senior du haut de ses 23 ans. Tout en rêvant de titre mondial, il ne jouera les prolongations plus que de raison. "Je ne vais jouer comme ça jusqu’à 40 ans, confirme-t-il, mais pourquoi pas un jour, devenir entraîneur." Sur terrain virtuel toujours!

Des échanges avec toutes les strates du club

Son appartenance au club monégasque, elle apparaît sur le blason de son avatar dans FIFA qui est celui du club. Il la montre aussi en enfilant le maillot rouge et blanc dès qu’il passe la frontière.

Si Amine Boughanmi ne s’est pas installé en Principauté, il est devenu un familier des installations du club. Cette semaine, son séjour monégasque a été l’occasion de rencontrer plusieurs strates des équipes. Et forcément à chaque fois, ça part en partie de Fifa.

D’abord une pemière disputée dans la bonne humeur contre les pros Vito Mannone et Myron Boadu. Puis un échange avec les jeunes de l’Academy qui s’est aussi fini devant une console. Et hier matin, une nouvelle manche avec les plus jeunes, U9 et U10 du club.

Un investissement qui montre que le club mise sur sa filière Esport et ces pratiques virtuelles. L’an dernier, en plus d’Amine Boughanmi, alias Mino7x, l’AS Monaco a recruté Florian Maridat alias RayZiaah, regroupant ainsi sous ses rangs les deux meilleurs joueurs FIFA français, finalistes tous deux de eLigue 1 en 2020.

Le team qui entend aujourd’hui se faire une place et mettre la lumière sur cette scène du gaming qui trouve un écho partout dans le monde.

Offre numérique MM+

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