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On a rencontré le pilote varois François Delecour avant son 22e départ au Rallye Monte-Carlo

Cinq ans après sa précédente apparition, François Delecour, vainqueur du Monte-Carlo en 1994, refait un bout de chemin sur les routes de son épreuve fétiche, cette semaine. Un come-back en deux roues motrices portant la griffe Alpine...

Gil Léon Publié le 17/01/2022 à 19:45, mis à jour le 17/01/2022 à 18:51
François Delecour: "J’étais grave en manque!" Photo SCD/JL-CD

En 2022, il soufflera sa 60e bougie. Avant de franchir ce cap, François Delecour démarre pied au plancher. Coucou, le revoilà! Perdu de vue sur les classements du Rallye Monte-Carlo depuis 2017, le héros de l’édition 1994 ne cache pas sa joie d’écrire volant en main le 22e chapitre d’une histoire d’amour sans fin. Dans le sillage de ses successeurs qui animent aujourd’hui la course au titre estampillée WRC, l’inoxydable vétéran varois vivant à Plan-de-la-Tour fait durer le plaisir à bord d’une Alpine A110 RGT. Et il compte bien mettre son grain de sel dans le match des deux roues motrices. Histoire de rafler la mise une fois de plus en Principauté.

François, si on vous avait dit au départ du Rallye Monte-Carlo 1984 que vous seriez encore là près de quatre décennies plus tard...

Ajouter une 22e participation en 2022, c’est plutôt pas mal, non? Franchement, je n’aurais pas été étonné. Parce que j’étais tellement passionné à l’époque. Et je le suis toujours autant!

Quel souvenir gardez-vous de ce baptême de la glace au volant d’une Talbot Samba Rallye?

 

1984, ce fut un Monte-Carlo épique. De la neige à profusion partout, même au col de la Madone, juste au-dessus de Monaco. Comme on participait au challenge Pirelli Winter, il a fallu composer avec six pneus neige sans clou en tout et pour tout. C’était inconduisible. Une folie! Je voyais les concurrents du Challenge renoncer les uns après les autres. Pour moi, pas question de se dégonfler. Je me suis dit: ‘‘Je vais me débrouiller. Je suis Vatanen. Nous atteindrons l’arrivée!’’ On l’a fait. Mais en prenant des risques insensés...

C’est-à-dire?

Combien de fois a-t-on flirté avec des ravins vertigineux? Combien de chaleurs dans chaque spéciale? Souvent, ça passait ric-rac... Et puis l’échappement avait rendu l’âme. Pas de pot de rechange, donc boucan d’enfer dans la caisse. Pour entendre Anne-Chantal (Pauwels, sa copilote à l’époque, ndlr), j’enlevais mon casque 100mètres après le départ de chaque spéciale, et je le remettais juste avant l’arrivée. Ni vu, ni connu... Incroyable mais vrai! C’était un autre temps. Aujourd’hui, nous serions virés sur-le-champ!

Le Monte-Carlo, ces dernières années, vous le suiviez avec un micro en main pour Canal +. Pas trop de fourmis dans les semelles?

Ah si! J’étais grave en manque. Frustré à mort chaque hiver depuis ma précédente participation (2017, sur une Abarth 124 RGT). Parce que j’adore le Monte-Carl’, cette ambiance, cette atmosphère... Même si l’épreuve a perdu un peu de sa splendeur, malgré tout. Là, ils ont quand même sorti quelques belles spéciales de derrière les fagots. Le parcours me plaît. Plus que ceux tracés autour de Gap lors des éditions précédentes.

 

Allez-vous découvrir certaines routes?

Non, dans le 04 comme dans le 06, on a déjà tout sillonné en long, en large et en travers. Soit au Monte-Carlo, soit au Rallye d’Antibes. La seule exception se trouve du côté de Malijai (ES 10 et 12, ce samedi). Je connais le coin, mais, pas cette configuration. La première partie de la "Power Stage" (ES 15 et 17, Briançonnet-Entrevaux, ce dimanche), sur les pentes du col du Buis, m’échappe aussi. Pas sûr d’être déjà passé par là...

Disputer le Monte-Carlo au volant d’une Alpine, c’est un frisson particulier?

Évidemment. Cette marque a forgé la légende de l’épreuve. Au départ, j’espérais trouver une auto plus adaptée. Une Rally2. Le Monte-Carlo, il faut que ça glisse! Avec l’Alpine et ses deux roues motrices, vous partez en sachant que vous allez subir la loi des 4x4. Apparemment, la météo s’annonce clémente. Si c’est sec comme on le prévoit, tant mieux pour nous.

Pourquoi vous ne pilotez pas votre propre A110 comme au Rallye du Var?

Il me manquait quelques pièces détachées pour redémarrer tout de suite. Mais j’ai conclu un bon deal avec l’écurie Joffroy aujourd’hui installée à Cassis après s’être bâti une solide réputation du côté d’Arles. Le courant passe bien avec les Joffroy père et fils. Des spécialistes Porsche qui connaissent l’Alpine puisqu’ils géraient l’entretien de celle de Guigou il y a peu.

Il paraît que vous avez eu du mal à trouver un ouvreur. Vrai ou faux?

 

Vrai. Initialement, je comptais m’appuyer sur Jean-Baptiste Franceschi. Parce que j’aime beaucoup ce gamin. Et puis ça lui donnait l’occasion de remettre le contact en douceur après son grave accident au Rallye du Var. Hélas, il n’a pas obtenu le feu vert médical pour la licence. Trop tôt, même s’il va bien. Alors, j’ai tenté Gilou (Gilles Panizzi), comme on se parle régulièrement au téléphone. À mon grand étonnement, il a décliné l’offre. Il ne le sentait pas. Trop lourde responsabilité, m’a-t-il répondu. C’est donc Nicolas Latil (le pilote haut-alpin, 6 participations au compteur) qui va s’y coller.

Votre ambition? Remporter le match des deux roues motrices?

Oui, mais pas seulement. Pour gagner la catégorie RGT, on va se battre avec les Manu Guigou, Raphaël Astier... Si le sol est très sec, peut-être qu’on sera en mesure de réussir un joli coup au classement scratch, pas trop loin du top 10.

Et après?

Je ne vous cache pas que la Coupe du monde RGT m’attire. En cas de départ positif ici, j’aimerais disputer les quatre manches suivantes pour tenter de la décrocher une seconde fois (après 2015, sur une Porsche 997 GT3 Cup). C’est notre projet numéro 1.

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