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On a rencontré le pilote azuréen Dorian Boccolacci: "L’important, c’est de jouer la gagne"

Si la Carrera Cup France lui a échappé de justesse, Dorian Boccolacci le « rookie » s’est permis de bousculer d’entrée les meilleurs spécialistes des coupes Porsche en multipliant les coups d’éclat. Interview.

Gil Léon Publié le 20/11/2021 à 13:50, mis à jour le 20/11/2021 à 12:14
Dorian Boccolacci a vite pris ses marques au volant de la nouvelle Porsche GT3 Cup Type 992. Photo Alexis Goure

Pour lui comme pour son rival numéro 1, Marvin Klein le voisin varois, le rideau est tombé plus rapidement et plus brutalement que prévu dans un bac à gravier du circuit de Portimao.

Alors qu’il venait de perdre les commandes de la Porsche Carrera Cup France la veille, Dorian Boccolacci fut le héros malheureux de l’accrochage final qui lui ôta tout espoir de renverser la vapeur in extremis, le 24 octobre dernier au Portugal.

Il n’en demeure pas moins que le natif de Cannes (23 ans) vivant à Callian, débutant attendu au tournant avec son étiquette d’ancien pilote de Formule 2, a tout de suite trouvé le chemin des podiums, y compris sur la scène de la Supercup disputée en parallèle.

 

Dorian, en faisant abstraction du scénario de cette Carrera Cup France 2021, auriez-vous signé d’entrée pour finir vice-champion et meilleur rookie avec quatre victoires et cinq pole positions au compteur?
(Il soupire) Mon objectif initial, clairement, c’était de gagner le titre. Donc je n’aurais pas signé pour ce bilan. Il manque trois points...

Concernant l’accrochage qui scelle la hiérarchie dès le virage 2 de la dernière course à Portimao, quel est votre avis avec un peu de recul?
Il y avait l’opportunité, la place, de s’infiltrer à l’intérieur. Logiquement, on peut dépasser à cet endroit, surtout dans le tumulte du départ. Marvin s’est rabattu et le choc nous a envoyés dans le décor. Moi, j’abandonne à cause d’une crevaison. Sans cela, je serai reparti. Si je ne tente pas de le doubler là, peut-être que l’occasion ne se représentera plus. Peut-être que j’aurai des regrets. Je le répète: j’étais à l’intérieur, en position de force. S’il fallait le refaire, je tente la même manœuvre demain, après-demain, tous les jours!

En début de saison, êtes-vous surpris de creuser l’écart de la sorte en enchaînant poles et victoires à Magny-Cours et au Castellet?
Moi, en tant que pilote, je m’attends toujours à performer, à ce que ça marche bien. Là, disons qu’on a vite trouvé nos marques avec la nouvelle 911 GT3 Cup type 992. Aucun souci d’adaptation à déplorer. Chez Martinet by Almeras, le travail accompli lors des essais d’avant saison a tout de suite porté ses fruits. Beaucoup plus tôt que dans les teams concurrents. Après, que s’est-il passé? L’équipe CLRT a-t-elle beaucoup plus progressé ou nous pas assez? Difficile à évaluer. Seule certitude: on est vraiment restés concentrés sur notre job.

Que vous a-t-il manqué pour figurer en tête de la hiérarchie jusqu’au bout?
Quand vous finissez 2e à trois points, vous pouvez pointer le doigt sur tout et n’importe quoi. Sur tel ou tel dépassement manqué, par exemple. Trois points, c’est trois meilleurs tours en course, rien de plus. Globalement, je pense avoir un peu trop flirté avec les limites de piste. Les pénalités encaissées à Spa, où je pars deux fois 8e, et à Barcelone, où je suis relégué en fond de grille, me coûtent cher. Face à un pilote comme Marvin, on ne peut pas se permettre de décoller si loin. Ensuite, c’est vrai que le team CLRT affiche un niveau de performance un brin supérieur au nôtre en fin de saison.

Trois semaines après, vous ruminez encore ce dénouement ou la page est-elle tournée?
Je suis un compétiteur, donc cela trotte encore un peu dans un coin de ma tête. Mais par rapport à une époque pas si lointaine, je digère mieux. Mentalement, j’ai évolué. C’est du sport. Je fais ce que j’aime. Je décroche des victoires, des pole positions. Dans la vie, il y a pire, non? Franchement, à quoi bon se lamenter? Ce ne serait pas correct.

On aurait pu vous attribuer la palme de la remontée fantastique: 18 dépassements en une course, c’est votre record?
Je ne sais pas. J’ai peut-être fait mieux en karting! (Rires) Bon, là, il s’agit de sport auto. En partant dernier à Barcelone, impossible d’imaginer finir 4e une demi-heure plus tard. J’espérais le top 10 au mieux. Mais comme je me retrouve 10e dès la fin du premier tour grâce à quelques prises de risques payantes, je revois vite mon ambition à la hausse.

 

Sur le front de la Porsche Supercup, votre entrée en scène a également été remarquée. Trouvez-vous le niveau plus élevé?
La différence, c’est le nombre plus important de très bons pilotes sur la grille. En lever de rideau des Grands Prix de F1, vous affrontez les meilleurs ambassadeurs de chaque Cup nationale, France, Allemagne... Le gratin, quoi! Donc les écarts sont infimes aux avant-postes. Et forcément, vous payez plus cher une erreur, un problème. Mais en performance pure, le niveau ne varie pas. Là aussi, j’ai gravi des podiums, j’ai fait des super qualifications.

À choisir, vous auriez préféré gagner une course ou finir meilleur débutant?
J’aurais opté pour le titre rookie. Comme en Cup France, la saison a démarré fort. Et ça se termine pas mal puisque je prends la 2e place de l’ultime course à Monza. Mon meilleur résultat.

Et maintenant? Y aura-t-il une saison 2 au volant d’une Porsche Cup en 2022?
C’est une possibilité. Une piste parmi d’autres. Pour l’instant, il n’y a rien de gravé dans le marbre. L’an prochain, peut-être que je pourrai faire fructifier l’expérience acquise cette saison. On verra. L’important, c’est d’avoir un bon volant. De se battre pour la gagne.

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