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On a rencontré l’organisateur du Grand Prix de France Historique qui va remonter le temps au Castellet

Juste avant le retour de la F1, le circuit Paul Ricard accueillera du 11 au 13 juin une kyrielle de monoplaces anciennes. Et il rouvrira ses tribunes ! Laurent Vallery-Masson, le maître d’œuvre, allume le feu vert.

Gil Léon Publié le 31/05/2021 à 20:00, mis à jour le 31/05/2021 à 19:39
Le circuit Paul-Ricard accueillera du 11 au 13 juin de nombreuses F1 d’hier et d’avant hier. Photo Eric Damagnez

Il n’a pas oublié son premier contact avec le circuit Paul Ricard. "C’était en 1994. Au volant d’une Formule Ford puisque je disputais le championnat de France B cette année-là." Laurent Vallery-Masson avait alors fait connaissance avec la courbe de Signes et le double droite du Beausset. "Figurez-vous que cet enchaînement de virages dans lequel Alain Prost avait dépassé Ayrton Senna par l’extérieur en 88 me pose toujours problème aujourd’hui. Il y a plusieurs façons de le négocier et je ne sais pas quelle trajectoire est la plus efficace!"

La semaine prochaine, ce passionné de noble mécanique d’antan planchera encore sur le sujet... si son planning d’organisateur du Grand Prix de France Historique lui laisse le temps d’une récréation en piste. Aux commandes de la société HVM fondée il y a une quinzaine d’années, ‘‘LVM’’ a déjà orchestré nombre d’épreuves estampillées VHC au Castellet, notamment l’Historic Tour et la Motors Cup.

Cette fois, du 11 au 13 juin, en préambule du come-back de sa majesté Formule 1 dans le temple varois des sports mécaniques (18-20 juin), il s’agira d’une rétrospective exceptionnelle: 12 plateaux, 21 courses, plus de 200 monoplaces d’hier et d’avant-hier en action... De quoi remonter le temps à toute vitesse pour les heureux spectateurs - 5000par jour maximum - qui vont en prendre plein les yeux et les oreilles. Suivez le guide!

 

Vous avez déjà organisé le Grand Prix de France Historique à deux reprises, en 2017 et 2019. Pourquoi à Magny-Cours et pas au Castellet?
Quand cette idée nouvelle de mettre sur pied une belle épreuve internationale dédiée aux F1 et autres monoplaces anciennes a germé, avec la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA), nous nous sommes mis en quête de trouver la date idéale et le circuit possédant les capacités d’accueil suffisantes. Concernant le site, il n’y avait pas 36 solutions. À l’époque, je pense que le Paul Ricard se concentrait pleinement sur le renouveau de la Formule 1 en France. Il se trouve que Magny-Cours était disponible et désireux de tenter le challenge avec nous. Voilà, les deux premières éditions se sont très bien déroulées dans la Nièvre. Le plaisir fut au rendez-vous, autant pour les concurrents que pour le public.

Comment s’est opéré le rapprochement avec le Groupement d’Intérêt Public (GIP) Grand Prix de France-Le Castellet?
Tout simplement par l’intermédiaire de la FFSA. En participant à certaines commissions et réunions, j’ai eu l’occasion de rencontrer Eric (Boullier, le directeur général du GP de France, ndlr) et la discussion s’est naturellement engagée sur ce thème. À un moment où la pandémie met des bâtons dans les roues du sport auto, il faut trouver des synergies pour continuer à avancer. On avait envie de faire quelque chose ensemble au Castellet en préambule de l’étape française. Une rétrospective de toutes les époques, des voitures d’avant-guerre aux moteurs V8 et V10 atmosphériques de l’aube des années 2000 dont les bruits rageurs résonnent encore dans les oreilles des fans.

Ces derniers mois, notamment durant le troisième confinement, avez-vous craint le couperet de l’annulation?
Par les temps qui courent, vous savez, la crainte, elle est permanente. Tenez, HVM organise aussi le championnat de France Historique. Et cette année, nous avons dû décaler la manche d’Albi à seulement deux jours de l’ouverture de la saison. Changement de programme le mercredi alors que les premiers roulages étaient fixés le samedi! On sait qu’à n’importe quel moment peuvent tomber de nouvelles consignes gouvernementales qu’il faudra respecter. Chaque jour, nous devons nous adapter. Eric (Boullier) vient d’ailleurs de m’appeler il y a cinq minutes à propos des modalités d’accueil des concurrents britanniques susceptibles d’évoluer.

Le récent déménagement du Grand Prix de France F1 du 27 au 20 juin, ça change quoi pour vous?
D’une part, c’est un coup de boost génial pour les fans qui peuvent désormais enchaîner les deux événements en l’espace d’une semaine. Cela permet aussi d’intégrer des parades de monoplaces historiques dans le menu du GP F1 moderne. Mais, revers de la médaille, d’un point de vue logistique, pour nous, organisateurs, c’est un casse-tête. Un enfer! Parce que cet intervalle réduit perturbe forcément la préparation de l’échéance suivante. Donc on doit trouver des compromis dans l’urgence afin que les deux Grands Prix puissent exister. Franchement, sans l’implication et le soutien sans faille du GIP, ce serait mission impossible.

 

Malgré les contraintes et restrictions multiples, le plateau sera-t-il à la hauteur de vos espérances?
Globalement, ça se présente bien, oui. Je m’attends à ce que des impondérables jalonnent la dernière ligne droite. Certains pilotes ou teams devront peut-être renoncer à l’ultime moment. Mais il y aura bien les douze séries prévues. Ce sera une belle fête du sport automobile malgré tout.

Pour les week-ends du 30 mai (GT World Challenge Europe) et du 6 juin (European Le Mans Series), le huis clos est resté de rigueur au Castellet. Avez-vous la garantie de pouvoir accueillir du public du 11 au 13 juin?
Oui, en vertu des nouvelles consignes gouvernementales autorisant à partir du 9 juin les réunions sportives de catégorie élite à recevoir 5000 personnes par jour sous réserve d’appliquer un protocole strict et d’imposer le pass sanitaire. Tout est d’ores et déjà en place, donc la préfecture du Var nous a donné son feu vert.

Le circuit Paul Ricard va ainsi se transformer en musée rugissant trois jours durant. Que verront les spectateurs?
Toute l’histoire de la monoplace sera retracée, en partant de la Formule Junior, la Formule Ford. On va quand même couvrir plus de quatre décennies de F1. Ce n’est pas rien! Quel que soit leur âge, les fans retrouveront les voitures qu’ils ont aimées. Les McLaren du duel Prost-Senna, pour certains, comme moi, ou les Lotus de Jim Clark et Graham Hill, pour d’autres. Ceux qui rêvent de voir rouler une Maserati 250 F peuvent aussi venir. Il y en aura sur la piste.

Le public aura-t-il accès au paddock?
Oui, ce sera possible de se promener entre les voitures et de croiser les pilotes, en respectant les gestes barrières et la distanciation physique de rigueur. Outre le paddock, les spectateurs profiteront d’une vaste ‘‘zone public’’ aménagée entre l’aéroport et la ligne droite des stands, avec différentes activités, simulateurs, expositions, et ils pourront suivre les épreuves depuis les tribunes situées face à la grille de départ et à la pitlane.

Et après? L’avenir de votre GP vintage au Castellet dépend-il de celui du Grand Prix de France F1?
La seule certitude actuelle, c’est que nous sommes très contents du partenariat établi avec le GIP. On a la volonté de le prolonger, de le pérenniser. Cela dit, dans le contexte présent, les choses changent tout le temps, la situation évolue très vite dans un sens, dans l’autre. Le Grand Prix de France Historique a son entité propre. Il a déjà déménagé une fois. Qui sait ce que l’avenir nous réserve? En attendant, nous travaillons dans le but de renforcer ce lien entre la F1 d’hier et d’aujourd’hui.

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