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Monaco : si proche, si loin

32 points après 19 journées, l'ASM est dans les temps de passage de l'an dernier. Pourtant, le contenu est très différent de 2014-2015 et Monaco est déjà éliminé de deux compétitions

mathieu faure Publié le 21/12/2015 à 05:04, mis à jour le 21/12/2015 à 05:04
Les performances de l'ASM dépendent beaucoup de la forme de Bernardo Silva. Cyril Dodergny

- La gestion de l'Europe : contrairement à ses camarades européens, Monaco est l'équipe - or PSG - qui s'en sort le mieux. Engagé très tôt sur le front européen (le match contre Berne a eu lieu fin juillet), les Monégasques ont disputé 10 matches continentaux sans que cela ait un impact négatif sur le parcours en championnat à l'exception du match de Bordeaux (1-3), qui arrivait après un long déplacement en Azerbaïdjan. Bonne nouvelle, en 2016, Monaco ne jouera qu'un match par semaine.

- Le retour en grâce de Fabinho : très moyen en début de saison où il semblait manquer de jus, le Brésilien a remis de l'essence dans le moteur au cœur de l'automne. Depuis, il marque des buts décisifs en Ligue 1 (3, tous synonymes de victoire) et enchaîne les rencontres puisque c'est le Monégasque le plus utilisé par Jardim : 27 matches, 2401 minutes jouées.

- La patte gauche de Thomas Lemar : arrivé dans l'anonymat cet été, l'ancien Caennais a mis un mois avant de prendre sa place. Une rentrée en jeu à Toulouse ponctuée d'un but au cœur du mois d'août, depuis, le gaucher est indispensable à Jardim malgré une vilaine blessure contractée fin octobre contre Qarabag. Passeur, buteur, organisateur, Lemar est le seul joueur à avoir collé des sourires sur les tronches.

Dire qu'il n'a que 20 ans…

 

- La défense : 23 buts encaissés en 19 matches de Ligue 1, c'est cinq de plus que l'an dernier à la même époque. Orphelin d'Aymen Abdennour, la défense monégasque se cherche un taulier. Raggi est dans le dur, Carvalho a 37 ans et Wallace n'apporte aucune sérénité. Même Danijel Subasic, pourtant irréprochable depuis deux ans, s'est perdu en route depuis un mois, multipliant les petites bévues. Actuellement, l'ASM ne présente plus ce bloc imperméable qui impressionnait tant l'an dernier. A Guingamp, Marseille, Bordeaux ou contre Paris, la défense en a pris trois à chaque fois. C'est beaucoup.

- Les recrues : à l'exception de Thomas Lemar, et à un degré moindre les buts de Pasalic, aucune des recrues estivales n'a tiré l'équipe vers le haut depuis la reprise (1). Certains ont des excuses comme Adama Traoré, gravement blessé à la cheville, mais pour d'autres, on s'interroge encore sur leurs apports. C'est notamment le cas des joueurs offensifs. Carrillo, Lopes, Cavaleiro, Bahlouli, Boschilia, Helder Costa et El Shaarawy n'ont pas permis au club de faire un saut qualitatif. A l'heure actuelle, aucun ne peut prétendre à une place de titulaire et c'est Lacina Traoré qui en profite alors que l'Ivoirien était prié de se trouver un club cet été. Pour la première fois depuis trois ans, le recrutement monégasque est un échec. Pour l'instant.

- Le style : on s'est rarement autant ennuyé que durant cette phase aller, surtout à domicile où les matches de Caen, Nantes, Rennes et Angers ont été des sommets de léthargie. L'animation offensive ne permet aucune folie, le rythme est parfois lent, bref, on a eu l'impression de revoir souvent les mêmes matches. Et cette sensation que le stade se vide un peu plus à chaque journée… À la fin du match contre l'ASM, l'entraîneur caennais Patrice Garande résumait parfaitement notre pensée : « Ici, le contexte est difficile à appréhender pour mes joueurs parce qu'en fait, il ne faut pas se laisser endormir, par l'ambiance, ou plutôt par l'absence d'ambiance. Depuis le banc, j'ai d'ailleurs trouvé que c'était un match sans passion ».

- Retrouver le vrai Bernardo Silva : où est passé le magicien au pied gauche soyeux ? Briseur de reins et de défenses l'an dernier, le jeune Portugais est l'ombre de lui-même depuis le début de saison. La faute à une reprise hâtive (dix jours de vacances seulement entre l'Euro U21 et son retour à la Turbie) et des blessures musculaires. Depuis, Silva n'avance plus aussi vite et ne fait plus de décision. Sans lui, Monaco n'affiche pas la même maîtrise. Et ne fait plus peur.

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