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Monaco cabossé mais en vie

Complètement à la rue pendant 80 minutes, l'ASM ramène un point miraculeux de Saint-Etienne (1-1) et continue d'enchaîner les sorties extérieures inquiétantes

Mathieu Faure Publié le 15/02/2016 à 05:10, mis à jour le 15/02/2016 à 05:10
Saint-Etienne's French forward Kevin Monnet-Paquet (L) vies with Monaco's Italian defender Andrea Raggi (R) during the French Ligue1 football match between AS Saint-Etienne and AS Monaco, on February 14, 2016 at the Geoffroy Guichard stadium in Saint-Etienne , central France.  AFP PHOTO/PHILIPPE DESMAZES FBL-FRA-LIGUE1-SAINT-ETIENNE-MONACO
Raggi à la lutte avec Monnet-Paquet : l’ASM a souffert mais a trouvé la clé pour ramener un point précieux du chaudron. Photo AFP

Quand Danijel Subasic quittera l'AS Monaco, il faudra se souvenir des belles choses. Et notamment de ce match dans le froid de Saint-Etienne. Sans un impérial « Suba », Monaco aurait chargé une valise en plus dans la soute de son avion pour rejoindre la Côte d'Azur.

Mais voilà, le gardien international croate a été grand et Monaco ramène un point du Forez (1-1).

Un point presque miraculeux si on tient compte du fait qu'à la 80ème minute, l'ASM n'avait toujours pas cadré le moindre tir.

Pis, à la pause, le score nul et vierge avait déjà l'odeur du miracle. «Monaco s'en sort toujours dans ce genre de match, ils savent faire», analysera avec fair-play l'entraîneur stéphanois Christophe Galtier après la rencontre. Pris à la gorge d'entrée par des Verts remontés, les Monégasques ont subi comme jamais.

 

A l'image du déplacement à Angers, cette équipe ne sait pas réagir quand elle est agressée et soumise à un pressing dans sa propre moitié de terrain. « On s'est fait manger dans les 20 premières minutes », lâche le héros du soir Danijel Subasic.

Etouffé en début de match, incapable de dépasser le milieu de terrain avec la balle, Monaco n'a jamais réussi à prendre de l'oxygène pour respirer. Alors l'équipe a attendu que l'orage passe.

Et prier un peu. Comme lorsque Monnet-Paquet a vu son but refusé pour un hors jeu de position (12'). Entre les blessures et les suspensions, Leonardo Jardim n'arrive plus à faire tourner et ça commence à se ressentir. Saint-Etienne, entre son match de Coupe de France du milieu de semaine et hier, avait changé huit joueurs au coup d'envoi. Un luxe que ne peut pas se permettre Jardim, un peu court en main d'œuvre. «On tire la langue», argue le coach portugais.

Se concentrer sur Troyes

Alors que faire pour retrouver un peu de joie? Récupérer les blessés déjà.

Arrêter avec les suspensions, aussi. Contre Troyes, samedi, Monaco sera privé de Dirar, Fabinho et Joao Moutinho, tous suspendus. Trois titulaires. Jardim devra encore bricoler pour venir à bout de la lanterne rouge de Ligue 1. Rien d'insurmontable, surtout que Monaco a repris goût à la victoire au Louis-II.

C'est en déplacement que l'équipe tousse et balbutie son football. Hier, pendant une heure, le cœur du jeu monégasque n'a jamais donné de signe de vie. On a vu Joao Moutinho engueuler Fabinho et Raggi se plaindre avec véhémence du repli défensif aléatoire de ses milieux. D'ailleurs, les latéraux monégasques ont souvent été pris dans leur dos en début de match, quand le navire semblait tanguer comme jamais. Personne ne couvrait personne.

 

Dès la 18ème minute, Jardim avait même envoyé Bakayoko s'échauffer pour tenter un électrochoc et réveiller ses troupes. En vain. Complètement pris dans la nasse stéphanoise, Monaco n'a du son salut qu'aux prouesses de son gardien et à la malice de son attaquant Vagner Love, enfin buteur avec l'ASM. Jardim toujours: «Il est vif, a le sens du but, ça va lui faire du bien. C'est bien pour tout le monde, il nous fait gagner un point.»

Même si le Brésilien n'a pas passé un match des plus agréables, seul en pointe, abandonné par ses milieux excentrés, il a réussi à glisser sa godasse où il fallait sur l'une des rares occasions monégasques. Efficacité et roublardise.

Et même quand la prestation collective est très moyenne, les Monégasques ne perdent pas.

C'est qu'au fond, ils y tiennent à cette deuxième place. «C'était le but, de ne pas perdre ici», conclut Thomas Lemar qui, lui, se dit «en pleine forme pour les prochains matches». Enfin une bonne nouvelle.

Subasic dégoûte le chaudron

SUBASIC : ne cherchez pas, ce point est le sien. Omniprésent, le portier commence son festival sortant un coup franc cadré de Cohade (9'), avant d'être miraculeux sur une double intervention face à Sall sur corner (12'). Chaud, il est encore bien placé sur une tête de Söderlund (16') et des frappes de Tannane (42', 48'). Ne peut rien faire sur la tête de Sall. Heureusement qu'il était là…

 

RAGGI : le couteau suisse de Jardim a encore changé de poste après son match à gauche, mardi, à Sochaux. Cette fois, l'Italien a débuté à droite avec un drôle de cadeau, le Marocain Tannane dans les pattes. Une mobylette dont il a passé le match à regarder la roue arrière. Il lâche Bayal Sall sur le premier but. Ce match a été une longue souffrance.

WALLACE : une intervention litigieuse dans la surface sur Söderlund en début de match et, globalement, un mal de chien pour contrôler son attaquant même s'il n'a jamais cédé. Comme d'habitude, dès qu'il relance, la balle est perdue.

RICARDO CARVALHO : préservé à Sochaux, le capitaine et doyen du club a fait ce qu'il sait faire de mieux quand son équipe prend l'eau, ne jamais se trouver près de l'avarie. Un savoir faire incroyable.

ECHIÉJILÉ : le nigérian n'avait plus rejoué avec l'ASM depuis le déplacement à Troyes, le 19 décembre, et a cruellement manqué de jus pour résister aux vagues stéphanoises.

FABINHO : aligné comme relayeur, il a vécu un début de match cauchemardesque, en retard sur tout et bien planqué derrière son adversaire, à tel point que Joao Moutinho l'a tancé pour qu'il se rende enfin disponible. Mieux après la pause mais très loin de son niveau habituel. Il commence à tirer la langue.

 

JOAO MOUTINHO : contrairement à ses dernières sorties, le Portugais jouait plus bas et n'a pas eu le rayonnement habituel. Sa première période nous rappelait ses heures monégasques les plus sombres. Comme Fabinho, l'enchaînement des matches commence à l'atteindre physiquement.

HELDER COSTA : une sieste initiale interrompue par une belle percée côté gauche qui oblige Ruffier à une intervention en angle fermée (31') avant de retourner sous sa couette. Remplacé par Mbappé, qui a amené un peu de folie et de vitesse.

PASALIC : dans le dur depuis de longues semaines, le milieu de terrain croate retrouvait le terrain et un poste de meneur de jeu, pour le libérer des tâches défensives sans doute, et l'inciter à prendre ses responsabilités. Pari complètement raté, mangé physiquement par Clément et sans aucune influence sur le jeu. Remplacé par Carrillo, décisif sur l'égalisation.

LEMAR : son délicieux pied gauche était attendu. Une bonne frappe dans le petit filet (20') et une autre à côté (65') mais surtout le seul à essayer de remuer les lignes stéphanoises. Il tire le corner de l'égalisation.

VAGNER LOVE : le Brésilien était à la recherche de son premier but avec Monaco, c'est fait. Et le jour de la Saint-Valentin. Niveau storytelling, difficile de faire mieux. Un but qui compense son match compliqué, avec la masse Sall comme compagnon de soirée. Pendant très longtemps, le match a été un cauchemar pour lui, seul, devant. Souvent dos au but et sans solution, le Brésilien n'a jamais renoncé. Remplacé par Bakayoko.

 

Jardim: «Au final, c’est un bon point»

Leonardo Jardim (ent. de l’ASM): «Je crois que c’est un bon résultat car l’adversaire a été meilleur que nous, Saint-Etienne a mis beaucoup d’intensité. Notamment en début de match où on a eu 20,25 premières minutes très compliquées, avec des occasions très nettes contre nous. On est bien revenu, c’était plus équilibré après la pause. On prend un but sur corner, leur point fort mais on égalise. Au final, c’est un bon point. Galtier, un très bon technicien, a bien regardé notre match contre Sochaux, il a réussi à faire un gros turnover dans ses rangs entre son match de Coupe et le championnat, moralité, il a pu mettre de l’intensité. Nous, c’est impossible de le faire car on enchaîne les matches avec la même ossature et certains joueurs sont très fatigués. Notre condition physique actuelle est compliquée, avec des blessés, des suspendus et des garçons en manque de rythme. Elderson a du jouer alors qu’il est sur le carreau depuis 2 mois mais je n’avais personne d’autre sinon» .

Christophe Galtier (ent. ASSE): «On a beaucoup entrepris et essayé mais sans être décisifs dans nos temps forts. On est tombé face à un bon gardien. C’est la fatalité, quand vous avez cette balle de 2-0 avec Kevin Monnet-Paquet qui partait seul et qui est injustement sifflé hors-jeu. 15 secondes plus tard, on prend un but. C’est comme ça»

Ils ont dit

Danijel Subasic:  «C’est un match très difficile. On a commencé à sortir la tête de l’eau après le but de Saint-Etienne. C’est toujours bien de prendre un point chez un concurrent direct. Il nous manque beaucoup de joueurs, Toulalan, Coentrao et Dirar, des mecs expérimentés, et on le ressent. J’ai eu du travail en début de match mais le principal c’est l’équipe. On ne perd pas et on a de l’avance sur le troisième mais on a un calendrier compliqué : Rennes, Lyon, Paris. Il faudra rester concentrer. Maintenant, il faut récupérer car on commence à être fatigué».

Thomas Lemar: «C’est un très bon point car le match était compliqué. On a réussi revenir au score, c’est le plus important. Comme pour tous nos matches, on a du mal à rentrer dans la partie, c’est embêtant. Il faut essayer de rectifier ce problème. L’objectif, c’était surtout de ne pas perdre ce match et de laisser Saint-Etienne à distance».

Ricardo Carvalho: «Quand on ne peut pas gagner, c’est important de ramener un point. On doit faire beaucoup mieux sur nos débuts de matches, il faut améliorer nos entames car c’est nécessaire pour conserver notre deuxième place. Il faut que l’on soit plus compact, que l’on prenne confiance. On a commencé à jouer en seconde période». 

 

 

Le chiffre

0

A la 80ème minute de jeu, Monaco n’avait pas cadré le moindre tir. Saint-Etienne, de son côté, avait déjà trouvé sept fois la mire. A l’arrivée, le réalisme de l’ASM a encore frappé.

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