"Mon rêve n’est pas seulement d’aller en F1, mais d’y rester", affirme le Grassois Théo Pourchaire

Troisième au championnat du monde de F2, Théo Pourchaire signe une deuxième saison pleine. À 18 ans, le Grassois, qui reste centré sur le titre, vise un accès dans la catégorie reine, la F1.

Propos recueillis par Laurent Seguin Publié le 23/07/2022 à 10:11, mis à jour le 23/07/2022 à 10:04
interview
Théo Pourchaire aurait dû rouler en F1 au Castellet. Partie remise? (Photo Frank Muller)

Pour aller à sa rencontre, il a fallu franchir une passerelle, qui enjambe la ligne droite des stands du circuit Paul-Ricard. En ce week-end de Grand Prix de France, elle fait le lien entre les paddocks de la F1 et de son antichambre, la F2. Un petit pont qui, quelque part, symbolise le chemin que doit encore parcourir Théo Pourchaire pour réaliser son rêve: courir dans la discipline reine du sport automobile.

Le Grassois n’en est pas si loin. Pilote réserviste de l’écurie Alfa-Romeo, il devait effectuer l’une des deux séances d’essais libres au Castellet, hier. Là, sur la piste avec les Leclerc et autres Hamilton que son mentor, Frédéric Vasseur, a lancés bien avant lui. Mais un bouleversement du calendrier en a décidé autrement. Celui que le patron d’Alfa-Romeo couve sous son aile (nos éditions d’hier) s’alignera finalement sur le Grand Prix de France de F2 au volant de son ART. Une écurie dans laquelle Pourchaire poursuit ses gammes. Avant de franchir sans doute un jour cette fameuse passerelle. Pour de bon. Il ne lui reste plus que quelques marches à gravir...

Comment avez-vous accueilli ce bouleversement de calendrier du championnat du monde de F2?

C’est comme ça. Le Grand Prix de Russie a été annulé et du coup ils ont mis Le Castellet au calendrier pour avoir le même nombre de courses. Je devais rouler en essais libres (en F1), mais c’est comme ça... Ça viendra plus tard. J’espère en faire au moins une.

 

Vous serez donc derrière le volant de votre monoplace qui évolue en F2. Connaissez-vous le circuit?

J’ai déjà roulé dessus en 2018 en F4. Mais ça sera mon premier Grand Prix de France. Ça sera sympa. C’est un beau circuit et en F2, ça devrait être vraiment cool. Je suis content d’être ici.

À domicile, sur votre grand prix national…

Oui, même si pour moi, Monaco est plus proche.

Vous sentez-vous plus à domicile à Monaco?

 

C’est compliqué comme question, parce qu’ici, c’est quand même la France, il y a énormément de fans français. Puis c’est quand même Le Castellet, c’est aussi la maison. En 2018 (en F4), j’avais fait deuxième et troisième en course. Et on s’était bien éclaté.

Ce plaisir en piste, vous disiez l’avoir perdu à Bakou où vous aviez couru avec du stress. Avant d’ajouter qu’il était essentiel à votre performance. Est-il vital de ne pas le perdre en route?

Oui, on a parfois tendance à l’oublier quand on est dans la voiture. Il y a tellement d’enjeux… Alors oui, c’est important d’être performant, mais la performance passe par une prise de plaisir dans la voiture. C’est quelque chose que j’essaie de faire passer en premier.

Le patron d’Alfa Romeo, qui est aussi celui d’ART, nous confiait qu’il valait mieux rencontrer des difficultés en F2 plutôt qu’en F1. Partagez-vous le point de vue de Frédéric Vasseur?

Oui, je suis complètement d’accord avec lui. L’an dernier, je rêvais de F1 et je me sentais presque prêt. Sauf que je n’étais pas du tout prêt. Et on (Frédéric Vasseur) m’a permis d’en prendre conscience. J’ai réalisé qu’il me manquait de la maturité, de l’expérience. Il vaut mieux y aller prêt et y rester. Mon rêve n’est pas seulement d’y aller, mais d’y rester.

Plutôt que de faire un simple aller-retour?

C’est ça, faire l’aller, c’est bien, mais il vaut mieux éviter le retour trop rapide. Parce que le risque est élevé. C’est un monde très compliqué. Il n’y a que vingt pilotes et quand on a sa chance, il faut la saisir. Après, c’est sûr que si aujourd’hui on me dit: ‘‘Théo, on a besoin de toi’’, je ne refuserai pas. Mais il vaut mieux être prêt à 100%.

 

Frédéric Vasseur dit que vous connaissez le challenge. Quel est-il?

L’idéal, c’est d’être champion de F2. Après, je dois surtout montrer de belles choses sur la piste et même en dehors. La F2 permet d’apprendre la gestion des pneus, de la course, les arrêts au stand... Faire de bons départs, de belles courses, de beaux dépassements. Je dois montrer qu’il y a quelque chose en moi, que je ne suis pas juste un pilote qui, avec un peu de chance, arrive à gagner une course. Ce truc, j’espère que je l’ai.

Il reste encore six courses avant la fin du championnat, vous êtes troisième au classement avec quarante points de retard sur le leader, Felipe Drugovich. Rattraper le Brésilien et décrocher le titre, vous semble encore faisable?

Oui, la saison est longue. On peut marquer entre 35 et 40 points par week-end. Le gap sur Drugovich est important, mais il faut laisser les week-ends se dérouler, il reste du temps et surtout, j’ai confiance en moi et en l’équipe. On a eu pas mal de malchance en début de saison, les autres moins, mais même si je ne veux pas trop compter sur elle, elle finit toujours par tourner.

Sa chance, Guanyu Zhou semble la saisir. Quelle serait votre réaction si le deuxième pilote d’Alfa-Romeo conservait le volant que vous convoitez? Seriez-vous prêt à repartir pour une saison supplémentaire en F2?

On n’a pas parlé de ça avec Frédéric (Vasseur). Je me concentre sur la F2. Après, Oscar Piastri est dans ce cas, il a gagné la F3, la F2 et il n’a pas été en F1. Et pourtant je pense qu’il aura sa chance (champion du monde de F3 en 2019, puis de F2 en 2020, l’Australien est aujourd’hui pilote réserviste chez Alpine et en attente d’un baquet pour 2023). Tout le monde sait que c’est un grand talent et qu’il mérite d’aller en F1. Je sais que si je n’y vais pas la saison prochaine, ça ne voudra pas dire que je n’irais jamais.

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