L'athlète monégasque Manon Poyard décroche l'argent au championnat du monde de la Spartan Beast à Abu Dhabi

Après avoir ramené une troisième place en Trifecta, Manon Poyard a cette fois décroché un titre de vice-championne du monde lors de la Spartan Beast. Une saison magnifique pour la Monégasque.

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Adrien Santucci Publié le 09/12/2022 à 14:00, mis à jour le 09/12/2022 à 09:28
Auteur d’une prestation XXL, l’athlète de la Principauté a été récompensée avec une somptueuse deuxième place dans un temps de 4h16. Photo DR

Cette année 2022 était déjà plus qu’accomplie pour Manon Poyard lorsqu’elle était revenue de Grèce avec la médaille de bronze autour du cou des championnats du monde de Trifecta. Mais elle n’a pas voulu se fixer de limite et a continué de travailler d’arrache-pied pour son ultime course de la saison.

À Abu Dhabi, sous une chaleur accablante avoisinant les 35 degrés, la pensionnaire du Rocher est allée décrocher dans sa catégorie d’âge (25-29 ansà, un titre de vice-championne du monde à l’occasion de la Spartan Beast. Cette fois, tout s’est joué sur une seule course et non pas sur trois comme en Grèce. L’an dernier déjà, au même endroit, il s’agissait de l’épreuve la plus dure jamais vue dans l’histoire de la Spartan.

C'est une chaleur accablante avoisinant les 35 degrés à Abu Dhabi que Manon Poyard est allée chercher la victoire. Photo DR.

Des sacrifices payants

Dans le désert d’Abu Dhabi, cette fois les dunes étaient moins hautes, et le ressenti s’est avéré être différent, un brin moins complexe disons. Même s’il fallait faire preuve de caractère dans des conditions extrêmes pour franchir les 21 km et 33 obstacles proposés au menu. Manon Poyard qui s’estimait dans une bien meilleure forme après une grosse année d’entraînement, a fait le choix de partir très fort, elle qui savait à quoi s’attendre, et prête à relever cet énorme défi.

Dès les premiers kilomètres de course, une juge informe la Monégasque qu’elle est alors 5ème. Bien en jambes, elle a poursuivi sur sa lancée avec un véritable numéro de funambule, ne faisant aucun burpees synonyme de pénalité. Les quelque obstacles loupés la forçaient à faire des boucles en plus. Ce qui n’était pas un problème pour elle. Sur le tracé, du fait de la chaleur accablante, il y avait 12 points d’eau pour s’hydrater et surtout se tremper le corps.

Une performance majeure qui vient couronner une saison exceptionnelle. Photo DR.

Ce qui a de ce fait entraîner quelques glissades malencontreuses, mais rien de grave. Au fil de la course, Manon Poyard a continué d’imprégner un rythme effréné sans savoir quelle était sa position. Elle a couru 13 km toute seule avant de retrouver deux participantes pour terminer la course, avec qui elles se sont soutenues mutuellement jusqu’au bout. Une fois la ligne franchie, c’était l’heure de vérité pour connaître sa position et le temps effectué.

Auteur d’une prestation XXL, l’athlète de la Principauté a été récompensée avec une somptueuse deuxième place dans un temps de 4h16. Une immense satisfaction pour la principale concernée: "C’est vraiment plus que ce que j’espérais d’un point de vue objectif. L’an dernier j’avais fait 6 h17. Je voulais au moins descendre sous la barre des 5h30, mais là j’ai fait 2h de moins. Il y a beaucoup de fierté, et c’est ce qui montre que le travail finit toujours par payer. J’ai fait des sacrifices en ce qui concerne la nutrition, l’hygiène de vie, sur des choix personnels en mettant de côté les sorties pour donner la priorité au sport de haut niveau."

Grand bien lui en a pris au vu d’une année tout bonnement exceptionnelle, avant de se lancer vers 2023, même si financièrement les barrières seront nombreuses.

10.000 euros dépensés sur l’année 2022

Pour la saison 2023 qui arrive à toute vitesse, Manon Poyard a des objectifs forcément élevés.

Mais financièrement, c’est ce qui risque de coincer pour lui permettre de voir encore plus loin. Sans le moindre sponsor à ses côtés, elle a dépensé cette année près de 10.000 euros de ses économies personnelles pour réaliser toutes ces compétitions internationales. Voyages, logements, courses. C’est un coût et un énorme budget.

Son dossier est toujours en attente au gouvernement princier de Monaco. Mais une chose est sûre, sans aide ou contribution financière extérieure, il sera difficile pour elle d’exprimer son plein potentiel sur les plus grands circuits mondiaux comme elle le souhaite.

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