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Grand Prix de Monaco: on a rencontré le patron de l’écurie Mercedes F1 avant les qualifications

Mis à jour le 22/05/2021 à 07:40 Publié le 21/05/2021 à 19:07
Toto Wolff: "Lewis Hamilton veut toujours faire mieux, en tant que pilote et en tant qu’homme".

Toto Wolff: "Lewis Hamilton veut toujours faire mieux, en tant que pilote et en tant qu’homme". Photo AFP

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Grand Prix de Monaco: on a rencontré le patron de l’écurie Mercedes F1 avant les qualifications

Sous sa direction, le team Mercedes règne sans partage depuis 2014. Les clés de la réussite ? Toto Wolff loue l’esprit d’équipe et l’envie constante de progresser. Questions pour un patron...

Avec Lewis Hamilton et Nico Rosberg, entre autres, il a fait de l’écurie Mercedes une machine à gagner. Un rouleau compresseur dont le tableau de bord totalise aujourd’hui la bagatelle de sept titres constructeurs et autant de couronnes pilotes. Série en cours. À vrai dire, on mourait d’envie de lui poser mille questions depuis belle lurette. Vœu exaucé hier. À l’heure prévue, Toto Wolff est ainsi apparu sur notre écran pour vingt minutes de tête-à-tête en mode visio. Et sans effort de traduction, s’il vous plaît! "J’ai appris votre langue au lycée français de Vienne qui m’a vu décrocher un bac médiocre. J’aime la parler même si mes propos sont parfois maladroits. Il faudrait que je la pratique plus souvent, histoire d’améliorer mon vocabulaire, ma grammaire." Qu’il s’agisse d’expliquer les raisons du succès de l’étoile de Stuttgart en F1, d’évoquer le phénomène Hamilton ou le rival Red Bull, le "big boss" autrichien sait se faire comprendre. Tenez, les voilà les propos de Toto. Jugez plutôt.

Pour les pilotes, Monaco constitue un challenge à part sur un tracé atypique. Pour vous, patron d’écurie, est-ce un week-end comme les autres?
Non, d’abord parce que c’est désormais un week-end à domicile. Comme Susie travaille à Monaco [son épouse, dirige le team monégasque Venturi Racing engagé en championnat du monde FIAFormule E, NDLR], je viens d’emménager ici avec la famille. Circuler régulièrement dans ces rues a d’ailleurs changé mon regard sur le circuit. Je me demande comment ils font pour flirter avec les 300km/h dans le virage du tunnel. Une vraie courbe. Et comment ils arrivent à négocier aussi vite l’enchaînement du Casino. Un truc de dingue! Pour répondre à votre question, professionnellement, compte tenu des restrictions liées à la crise sanitaire, nous accueillons moins de partenaires, moins d’invités. Mercedes a installé son espace réceptif sur un bateau. Pour moi, c’est un rythme soutenu mais pas quatre jours de folie absolue comme en temps normal.

En quelle année avez-vous découvert le Grand Prix de Monaco?
En 2004. Figurez-vous que je ne garde pas un bon souvenir de cette exploration. À l’époque, je bossais dans la finance, pas dans le sport auto. Ne connaissant pas les arcanes de la F1, j’ai eu l’impression de débarquer sur une autre planète. Un monde impénétrable dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je trouvais cette atmosphère bizarre, extraordinaire. Mais les choses ont évolué. Tenez, je me rappelle de l’édition 2013. Après la première victoire de Nico (Rosberg), la fête s’était prolongée toute la nuit. Jusqu’au petit-déjeuner pris ensemble. On avait beaucoup parlé. De quoi franchir un cap important dans ma réflexion, ma perception. C’est à ce moment-là que j’ai fait la paix avec Monaco. Mieux, que je suis tombé amoureux de Monaco.

Si on vous avait dit en 2004 que vous seriez un jour l’un des patrons les plus titrés de l’histoire de la F1...
J’aurais eu du mal à le croire. Mais ça m’aurait plu. Une telle trajectoire, c’était inimaginable. Moi, je me voyais plutôt prendre la succession de Bernie (Ecclestone, l’ex-argentier de la F1, ndlr) dans le business. L’opportunité de faire carrière dans le management s’est présentée chez Williams, où j’étais actionnaire. Et puis chez Mercedes.

Que préférez-vous dans ce job de team principal?
Ce qui me plaît, c’est de côtoyer des gens exceptionnels, chacun dans son domaine. Cela favorise l’inspiration, l’émulation, l’esprit d’équipe. L’un pousse l’autre à s’améliorer, à aller plus haut, à progresser. Et vice versa. Tous ensemble, nous formons une tribu. J’adore cette tribu!

Et a contrario, qu’est-ce que vous aimez le moins dans votre métier?
Laissez-moi réfléchir, s’il vous plaît... (Il soupire) Ah oui! J’ai parfois du mal à comprendre la pensée étroite de certains patrons d’écuries qui, obnubilés par la course, la compétition, oublient nos responsabilités vis-à-vis de la F1 en tant que sport global. Pour l’image de la F1, pour son rayonnement dans le monde, il faut parfois savoir accepter des compromis. Certains l’oublient, hélas. Mais la situation a tendance à évoluer dans le bon sens ces temps-ci, me semble-t-il.

Depuis 2014, Mercedes empile les titres pilotes et constructeurs sans partage. Aujourd’hui, Mercedes n’a plus rien à prouver. Vous pouvez seulement faire aussi bien ou moins bien. Alors pourquoi rester en F1?
Au début de chaque saison, tout le monde redémarre côte à côte sur la ligne de départ avec zéro point au compteur. Rien n’est garanti. Il faut remobiliser les troupes, trouver de nouveaux axes de développement. Parce que le succès ne nous attend pas au bout de la route. Nous devons nous battre pour aller le chercher. On ne se sent pas supérieur. Jamais. On reste modeste. La remise en question est permanente. Celui qui perd l’humilité file un mauvais coton.

Le match actuel contre Red Bull pousse-t-il Mercedes à se surpasser?
Ce nouveau défi nous plaît beaucoup. On est passé de la position du chassé à celle du chasseur.

Vraiment?!
Oui, un peu quand même! (Sourire en coin) Regarder les performances de part et d’autre. Nous sommes très proches. Et ici, Ferrari revient fort. Ce week-end, il y a six voitures très compétitives qui peuvent viser la pole, peut-être sept ou huit... Tant mieux pour la F1! Même si on ne regrette pas d’avoir dominé les débats durant longtemps, on préfère la bagarre. Le combat, c’est l’ADN de Mercedes.

Mais par exemple, en ce moment, parallèlement au développement ô combien important de la monoplace 2022, devez-vous travailler plus que prévu sur la W12 afin qu’elle reste dans le match?
Compte tenu de la nouvelle réglementation entrant en vigueur l’an prochain, on doit impérativement réussir la W13 car elle conditionnera les saisons suivantes. Notre avenir à moyen terme dépend d’elle. Et s’il manque un mois ou deux de développement, on sera derrière. Mais Mercedes veut conserver les couronnes en 2021. À notre avis, cette saison, la performance résulte plus de l’amélioration des réglages et de l’exploitation des pneus que des évolutions aérodynamiques. Une certitude: les équipes qui décideront de bosser plus sur leur voiture actuelle démarreront avec un déficit en 2022.

Question qui brûle les lèvres de tous les fans de F1: à 36 ans, Lewis Hamilton dispute-t-il ce week-end son dernier Grand Prix de Monaco? Connaissez-vous la réponse, Toto?
Non, car je ne sais pas lire dans les boules de cristal. Et puis je n’en possède pas. Mais je peux vous certifier que Lewis sera présent à Monaco l’an prochain.

Chez lui ou en piste?
Au volant, j’espère! (Rires) Dans l’un des deux baquets Mercedes, peut-être. L’avenir le dira.

Quel est le secret de sa fantastique longévité au sommet?
Lewis, il est comme chaque membre de l’équipe, tout simplement. Il possède la même mentalité que les autres, quels qu’ils soient. Il veut toujours faire plus, mieux. En tant que pilote mais aussi en tant qu’homme. Nous l’aidons autant que possible. Et en retour, sa réussite nous inspire, nous motive. C’est un cercle vertueux. La chaîne Mercedes ne comprend que des maillons forts qui tirent le team vers le haut.

Les cartes seront-elles réellement rebattues en 2022 grâce au nouveau règlement technique?
Sincèrement, je pense que certains auront là l’occasion de progresser. Et nous, on risque de régresser. Red Bull et Ferrari aussi. Vous savez, au moins six ou sept équipes possèdent les ressources financières nécessaires pour rouler devant. Certaines ont peut-être commencé à plancher sur le sujet avant nous. On respecte tout le monde. Et si jamais on n’est plus en tête début 2022, il faudra travailler intelligemment afin de combler le retard le plus vite possible.

En janvier prochain, vous aurez 50 ans. Cette échéance pourrait-elle coïncider avec un virage professionnel?
Il y a une vingtaine d’années, je voyais les quinquagénaires comme des vieillards. Aujourd’hui, j’ai 49 ans, pas plus! (Rires) Je me sens très jeune, surtout dans ma tête. La vie est une succession de virages. On verra. Peut-être que mon rôle changera, que je ne coifferai plus la casquette de team principal. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je suis copropriétaire de l’équipe avec Mercedes et Jim Ratcliffe (le PDG du groupe de chimie Ineos, très actif dans le monde du sport). Je le resterai. Je ne lâcherai pas l’écurie Mercedes.

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