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Frontières et échecs n’ont pas brisé leur foi en l’ASM Dans le monde entier on y croit Walid Tebane (ASM) sacré champion d’Europe sur le jeu vidéo PES à Porto

Mis à jour le 18/05/2019 à 10:12 Publié le 18/05/2019 à 10:12
De gauche à droite : Antonio Ribeiro, Filipe Fernandes, Jorge Gomez et David, quatre amis portugais de Beausoleil fans de l’AS Monaco.

De gauche à droite : Antonio Ribeiro, Filipe Fernandes, Jorge Gomez et David, quatre amis portugais de Beausoleil fans de l’AS Monaco. J.-F. Ottonello

Frontières et échecs n’ont pas brisé leur foi en l’ASM Dans le monde entier on y croit Walid Tebane (ASM) sacré champion d’Europe sur le jeu vidéo PES à Porto

Des fans portugais de l’ASM à Beausoleil à ceux de la Côte d’Ivoire, en passant par les Pays-Bas, tous retiendront leur souffle contre Amiens, ce soir à 21 h, mais gardent l’espoir d’une révolte

L’heure n’est pas à la chasse aux sorcières dans les rangs de l’ASM mais à la chasse aux points, et au maintien. Si certains joueurs ont fauté sur le terrain de la vie nocturne, comme leur reprochent les Ultras et le Club des Supporters de Monaco, ou péché dans leur investissement sur le pré, ils auront bien le temps de s’en mordre les doigts à la fin de la saison. En attendant, l’heure est à la révolte et à l’union.

En tribunes ou derrière leur écran de télévision, les Portugais de Beausoleil - comme beaucoup de fans dans le monde (lire page suivante) - s’apprêtent ainsi à vivre une soirée crispante. Car aux portes de Monaco vit une diaspora de 6 000 Lusitaniens qui a, dans sa grande majorité, adopté le club à la diagonale.

L’effet Jardim dans la communauté

De vrais supporters attachés au Rocher et d’autant plus fiers depuis l’avènement de Jardim et sa colonie de compatriotes. « Dans la communauté, je connais pas mal de monde qui était abonné jusqu’en 2004 [finale de Ligue des Champions perdue contre le FC Porto 3-0, ndlr], puis ont arrêté et ont repris leurs abonnements depuis que Jardim et quelques joueurs portugais sont arrivés », affirme Jorge Gomez, adjoint du maire de Beausoleil délégué aux Travaux et proche d’Antonio Vieira, adjoint du coach monégasque.

Des joueurs aux performances en dents de scie cette saison mais qui, dans leur cocon de Beausoleil, n’ont toujours laissé transpirer que respect et professionnalisme.

C’est dire si voir les Rony Lopes, Adrien Silva et autres Gelson Martins aujourd’hui (dé)jouer pour le maintien surprend dans la « commune sœur » de Monaco.

Il y a quelques semaines, à la veille d’un match à Lille, et alors que Monaco semblait relever la tête, nous avions ainsi été tapés la cloche à La Véranda. Le restaurant de Filipe Fernandes, un pilier du boulevard de la République dont la carrure à la Vincent Moscato et la discrétion trahissent les vingt-cinq années dans la sécurité, à Monaco ou auprès de la famille Berlusconi. Un Portugais « très attaché » à l’ASM, au Benfica, et à son affaire. « Je suis supporter de Benfica quand je passe la porte, mais à l’intérieur je supporte ma caisse (il tape sa caisse enregistreuse). »

« Les photos sont interdites »

Filipe, un ami de la bande à Jardim. « Ils sont tous venus ici. Jardim, Fábio Coentrão, Ricardo Carvalho, João Moutinho, l’agent de Cristiano Ronaldo Jorge Mendes… Ils viennent chercher l’ambiance familiale portugaise et la cuisine du pays. Et puis ils trouvent la sécurité et la sérénité. » Au point qu’un soir de Noël, Filipe ait déjà laissé ses clés à quelques joueurs pour qu’ils passent les fêtes en famille.

Quant au quotidien, comptez sur Filipe pour veiller au grain pendant le service d’une cuisine traditionnelle, équilibrée, identitaire et fraîche. « Les photos sont interdites, je ne laisse pas faire. Si quelqu’un veut faire une photo avec un joueur, c’est moi qui lui demande et c’est seulement après son repas et s’il le veut bien. »

Et généralement, la séquence est brève : « Les joueurs ne parlent pas trop, c’est sourire, photo et bye bye. Parce qu’ils sont avec la famille et des amis, et surtout ils sont concentrés ».

Des joueurs en confiance et à leur aise, dont aucun habitué n’a jamais été témoin d’un excès. Si ce n’est le style fantasque d’un Coentrão, qui « garait sa Bentley devant et prenait des photos avec les supporters avec la clope à la main », se souvient sourire aux lèvres, David, conducteur de travaux né à Monaco, au cœur rouge et blanc mais surtout bleu et blanc comme la tunique du FC Porto.

Un club fédérateur

« Quelle vedette ce Coentrão ! », acquiesce rieur Antonio Ribeiro, dirigeant de l’entreprise de BTP Ribeiro Frères et installé depuis 1980 en Principauté.

Si son cœur est à Guimarães, il se souvient d’avoir découvert le championnat de France sous l’ère Platini. Puis d’avoir sympathisé avec les premières perles portugaises de Monaco, comme Rui Gil Barros. « C’est un homme adorable qui vient de reprendre en mains l’équipe B de Porto. On est resté en contact permanent et on a encore mangé ensemble l’été dernier dans sa maison au Portugal. »

Le Portugal fait en effet partie de ces pays du Vieux Continent où le football est religion, et où l’individu se définit par son attachement viscéral à un club. Une passion qui s’hérite de génération en génération et se vit au pluriel.

Mais à Beausoleil, il n’y a pas que la sélection de Cristiano Ronaldo qui étouffe les guerres de clocher. L’AS Monaco a aussi un pouvoir fédérateur dans la communauté.

« Il faut savoir que la plupart des Portugais qui sont ici, de Beausoleil à Menton ou aux alentours, ont de la famille au Portugal et qu’elle est venue au moins une fois à Monaco. Et quand la famille est de passage, elle va obligatoirement voir un match », précise David.

« On les voyait moins »

Car Monaco et son ossature lusitanienne attirent les regards à l’extrême Ouest de l’Europe. D’autant qu’ici, les joueurs, malgré leur starification, restent abordables selon Jorge. « On peut leur parler football. On fait moins attention mais, au début, quand on les croisait à Beausoleil, on était impressionnés. Je me souviens que gamin, on les attendait à la sortie du parking du stade. On les voyait moins. » « Quand on avait gagné le Challenge Rainier-III, se souvient David, on avait fêté ça au Zelo’s et il y avait Carvalho et Fabinho. Ils sont venus naturellement sur la photo de groupe et c’était top ».

Des joueurs dont le dénominateur commun était alors un certain Luis Campos, qui fait aujourd’hui le bonheur de Lille. Un bonheur que les fans portugais de l’ASM aimeraient retrouver. A l’avenir, ils seraient même prêts à plus mouiller la chemise en tribunes (lire ci-dessous).

« Silva, c’est notre Kanté »

« Ça, c’est le plus triste à Monaco, l’ambiance », regrette David. « Quand je vais au foot, c’est pour supporter mon équipe, pour crier, pour chanter. À Monaco, on a souvent l’impression que si on crie trop fort, on gêne », renchérit Jorge.

La solution ? Déjà, attirer les jeunes. Si des partenariats entre l’ASM et les communes voisines ont été créés pour favoriser la venue et inviter de jeunes joueurs, il faut aller plus loin selon Jorge. « Quand je suis né au Portugal, on entendait parler que de Benfica, c’est pour ça que je suis supporter (...) Aujourd’hui, j’ai trois enfants qui ont 17, 10 et 8 ans. Les petits adorent Monaco et en même temps ils entendent parler Neymar et Mbappé et deviennent pratiquement supporters de Paris. »

Côté ambiance, tous regrettent le manque de vie autour du stade, notamment en amont des matchs où le « niveau de sécurité de Monaco» devrait pourtant permettre d’annihiler tous les risques de débordement.

« Dans les années 90, la tribune Pesage était toujours pleine, des fois on était sur les marches… », se souvient Jorge. Une passion qui ne demande qu’à resurgir. Jusqu’à créer un kop portugais ? Et pourquoi pas…

Les relations à distance font peur à beaucoup de gens. Quand l’autre personne est au plus mal et que nous ne pouvons rien pour l’aider c’est encore pire. Si l’histoire d’amour entre Monaco et ses supporters des quatre coins du monde ne s’essouffle pas, elle est touchée à cause des résultats de cette saison. Le club, de par son histoire, compte le soutien de beaucoup de fans dans de nombreux pays. Des antennes se sont créées dans tout l’Hexagone, au Pays-Bas, en Suède et même en Afrique. Alors vivre un maintien deux ans après un titre de champion de France ça a du mal à passer.

Parmi les associations de supporters, la peur de revivre une descente en Ligue 2 est forte. « Il y a une grosse part de stress qui nous fait malheureusement revenir quelques années en arrière. Au fond de nous on y pense, on n’a pas envie de revivre une relégation, raconte Guillaume, membre de l’association en Région Centre. Personnellement j’ai épargné Leonardo Jardim à son retour mais là c’est terminé. C’est toujours la même équipe. Il y a certains joueurs qu’on aimerait revoir jouer et qui pourraient aider à maintenir l’équipe comme Badiashile ».

La colère s’exprime mais si l’entraîneur portugais ne fait plus l’unanimité, il compte toujours ses partisans comme étant l’homme du titre de Champion de France et d’une demi-finale de Ligue des Champions.

« Je pense qu’on a vendu trop de joueurs et Leonardo Jardim n’est pas le responsable car il n’a pas décidé de vendre tous ces joueurs. En plus, son retour s’est fait trop tardivement pour qu’il puisse redresser la barre », lance Rolf Jager, président du club des supporters des Pays-Bas. Le problème est néanmoins bien présent.

Après quelques bons résultats, rien ne va plus sur le Rocher. Les Ultras pointent un manque de sérieux chez certains cadres et on ne peut pas dire que l’union sacrée soit présente. C’est cependant ce que tout le monde essaye de montrer en cette fin de championnat.

« On est actuellement dans une optique qui est de ne pas critiquer, de faire bloc tous ensemble. Il faut soutenir l’équipe jusqu’au bout et on la critiquera à la fin. Après le match de Nice on pourra faire le bilan », explique Guillaume. Les fans de Monaco ont, de près comme de loin, vécu cette saison de galère.

Qu’ils aient fait des heures de routes ou d’avions pour aller au stade ou qu’ils soient restés devant leurs petits écrans, ils y croient tous. « J’ai suivi la saison à la télévision comme tout le monde ici. J’espère qu’on va réussir à se maintenir et je sens qu’on va y arriver, confie Yao, responsable du CSM en Côte d’Ivoire. On est stressé car un faux pas samedi nous ferait descendre dans la zone rouge. Mais je pense qu’avec le professionnalisme de Leonardo Jardim on va faire deux bons résultats et on va rester en Première division ».

L’heure n’est plus aux critiques, contents du staff ou non, tous ont un but commun : le maintien. À la maison, contre Amiens, il n’y a pas le droit à l’erreur. « Jusqu’au bout », c’est ce que ne cessent de répéter les supporters de l’ASM. Tout va se jouer sur deux rencontres. Maintenir un club et son histoire. Maintenir la Principauté en Ligue 1.

Leonardo Jardim a gardé la cote.
Le stade Louis-II devrait être garni pour la réception d’Amiens, ce soir à 21h. Les supporters sont invités à rejoindre les Ultras en Pesage.
Le stade Louis-II devrait être garni pour la réception d’Amiens, ce soir à 21h. Les supporters sont invités à rejoindre les Ultras en Pesage. Cyril Dodergny
Walid est monté sur le toit de l’Europe le 28 avril.
Walid est monté sur le toit de l’Europe le 28 avril. AS Monaco

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