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Entre E-Trophée Andros et Formule 1, on a joué aux mots croisés avec Margot Laffite et Julien Fébreau

Coéquipiers dans les paddocks de la Formule 1 au sein de l’écurie Canal +, les journalistes Margot Laffite et Julien Fébreau s’affrontent parfois volant en main sur les pistes glissantes du e-Trophée Andros, dont la troisième étape se déroule ce week-end à Isola 2000. Interview puissance 2...

Gil Léon Publié le 08/01/2022 à 10:00, mis à jour le 08/01/2022 à 08:33
À Isola 2000, Julien Fébreau a troqué son micro contre un volant. Photo Bernard Bakalian

Coéquipiers dans les paddocks de la Formule 1 au sein de l’écurie Canal +, les journalistes Margot Laffite et Julien Fébreau s’affrontent parfois volant en main sur les pistes glissantes du e-Trophée Andros, dont la troisième étape se déroule ce week-end à Isola 2000. Interview puissance 2...

Quel souvenir gardez-vous de votre baptême de la glace?

Margot Laffite: Novembre 2003, à Val Thorens. Je m’en souviendrai toute ma vie. Il neigeait à gros flocons. Sur une glace vive de dingue, j’ai bouclé mes premiers tours au volant d’un sprint car. Seulement deux roues motrices. Et tout de suite, je me suis dit: "Waouh, ce truc est génial. Quel bonheur! Pourquoi n’ai-je pas fait du karting plus tôt? J’adore piloter." Ce fut un coup de foudre. Vraiment. Je n’exagère pas.

 

Julien Fébreau: La toute première fois, pour moi, c’était justement ici, à Isola 2000. En 2008, me semble-t-il. Le lendemain des courses du Trophée Andros, donc un dimanche matin, le team DA Racing m’avait proposé de prendre le volant de la Clio de "JB" (Jean-Baptiste Dubourg, ndlr) pour un bout d’essai. Évidemment, comme tout débutant, je me suis fait surprendre par les roues arrière directrices.

Quand l’auto est partie en glisse, j’ai contre-braqué et elle a pivoté direct dans l’autre sens avant de s’immobiliser à quelques centimètres du talus de neige. Aucun choc, heureusement, car JB était assis à côté de moi. Pas surpris, il m’a balancé: "Normal! Je me demandais juste si tu allais la faire au premier ou au deuxième virage. Et voilà, tu l’as faite au deuxième!"

Ce frisson si particulier est-il devenu synonyme d’addiction?

M.L.: Oui, on peut utiliser ce mot. Les courses sur glace, ça ne dure que deux mois par an. Lors de chaque longue coupure, de février à novembre, le manque, la frustration, font leur nid. L’absence crée l’envie. Donc on redémarre toujours avec un sourire taille banane et un gros appétit quand le feu vert s’allume à l’aube de l’hiver. C’est le miracle sans cesse renouvelé du Trophée Andros!

J.F.: Dès que l’occasion d’empoigner le volant d’une auto de course se présente, je saute dessus. Car la compétition contribue à mon équilibre. C’est vrai que ce circuit blanc est devenu un rendez-vous important pour moi. D’abord parce que j’ai la possibilité d’évoluer au sein du DA Racing, une équipe ultra-structurée, cinq fois championne du Trophée Andros. A fortiori avec un partenaire, les Granulés du Limousin, qui s’implique à fond, qui adore cette aventure électrique.

Ensuite parce qu’à mon petit niveau de pilotage, j’apprends énormément sur la glace, une surface vivante qui évolue tout le temps. Chaque jour, chaque tour, je découvre, je me bonifie. Expérience très utile partout ailleurs, notamment en rally-cross, un autre champ d’action que j’affectionne.

 

Si vous aviez une baguette magique, vous optimiseriez quel paramètre?

M.L.: Je gommerais mon côté diesel en début de saison. L’an dernier, hors Trophée, je n’ai pris qu’un départ, à bord d’une Ferrari GT3. Après dix mois sans courir, ou presque, difficile de retrouver illico le rythme, l’attaque. Début décembre, à Val Thorens, j’aimerais bien redémarrer comme un pur-sang. Tout de suite à fond!

J.F.: En ce qui me concerne, tout simplement, je prendrais volontiers l’expérience et le flegme de JB Dubourg, le niveau d’engagement de Jean-Philippe Dayraut et l’œil d’expert d’Yvan Muller. Son zeste de malice aussi.

En janvier, la Formule 1, vous y pensez un peu, beaucoup ou pas du tout?

M.L.: Le 31 décembre, à la fin du break, je vous aurais répondu "pas du tout"! Mais là, j’y pense, oui. Depuis le 1er janvier, instinctivement, on se projette sur la saison 2022. D’autant plus que des monoplaces neuves de A à Z vont entrer en piste. Nouvelle réglementation, nouveau tenant du titre: forcément, on a hâte de voir si les lignes vont bouger. Nul doute que le prochain championnat sera passionnant à commenter. Au moins autant que le précédent.

J.F.: La F1 ne s’arrête jamais. Donc j’y pense tous les jours. Depuis que le rideau est tombé à Abu Dhabi, mon travail d’observation, de préparation, se poursuit. Tenez, hier, j’étais encore en contact avec quelqu’un de chez Ferrari. Et avant-hier avec quelqu’un de chez Red Bull. Histoire d’anticiper au mieux les changements à venir, même si on n’entre pas dans les détails. Et puis, en parallèle, nous commençons à réfléchir à nos futurs programmes. Comment les articuler, les améliorer...

Justement, la courbe d’audience de la F1 monte en flèche chez vous: + 50% en deux ans! Cette hausse, on la doit plutôt au scénario et aux acteurs ou bien à la qualité de la mise en scène Canal +?

 

M.L.: Les deux! Impossible de répondre autrement. En 2020, la déferlante Covid a généré un élan. Pendant les confinements, les gens regardaient plus la télé. Ils ont donc vu la montée en puissance de l’alliance Red Bull-Verstappen. Plus de spectacle, plus de suspense jusqu’à l’apothéose: 2021, une histoire pleine de rebondissements, haletante, sublime. À propos du traitement, sans nous lancer de fleurs, je pense que la passion et le dynamisme de l’équipe Canal +, une mécanique super bien huilée, ont transparu à l’écran.

J.F.: A mes yeux, l’histoire prime. On vient d’enchaîner plusieurs saisons intéressantes. 2021 a atteint des sommets, bien sûr. Carrément captivante! Nous, on se doit d’être à la hauteur des événements. En donnant toutes les clés de compréhension à nos abonnés. En diversifiant les offres, programmes, plateformes, via les réseaux sociaux, Twitch... Bref, nous essayons d’accompagner au mieux l’évolution de la F1. Mais le scénario reste prépondérant. C’est la clé du succès.

Lors d’un week-end de Grand Prix, si l’un tenait le rôle de l’autre et vice versa, ça donnerait quoi?

M.L.: (Elle éclate de rire) ça donnerait un bon Grand Prix de m... Pas à cause de lui, car Julien serait tout à fait capable d’assurer la présentation comme je le fais. C’est un excellent orateur, très à l’aise devant une caméra. Moi, en revanche, je ne pourrais pas l’égaler dans la cabine de commentaire. Avoir la même complicité avec Jacques (Villeneuve), tenir la distance pendant une heure et demie, voire beaucoup plus, donner le même frisson aux téléspectateurs...

J.F.: Jouer à "Vis ma vie", on en parle parfois entre nous, sur le ton de la plaisanterie. Ça m’amuserait de me balader micro en main dans le paddock, sur la grille de départ. Et ça me permettrait d’être près des protagonistes plus souvent. Quant à Margot et Jacques en tandem, vu l’état d’esprit de chacun, je crois que l’on aurait des retransmissions très drôles, avec beaucoup d’énergie.

Pour conclure, dites-nous: 2022 accouchera d’un nouveau duel au sommet Verstappen-Hamilton?

M.L.: Ah j’aimerais que Ferrari revienne dans le match, quand même. Que Charles Leclerc et Carlos Sainz puissent au moins gagner des courses. Parce que la F1 a besoin d’une Scuderia forte.

 

J.F.: Pareil! Je passerais bien à une bataille à trois, avec une touche de rouge dans le tableau. On a du mal à imaginer Mercedes et Red Bull rater le virage de 2022. Ces deux poids lourds resteront aux avant-postes. Mais Ferrari semble faire l’effort qu’il faut pour se rapprocher.

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