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Des JO-2022 "à la fois inquiétant et encourageant" pour le prince Albert II

Membre du CIO depuis 1985, le Prince Albert de Monaco, qui a participé en bobsleigh à cinq éditions des JO d'hiver, juge "à la fois inquiétant et encourageant" que Pékin devienne la première ville à organiser Jeux d'été et d'hiver, craignant que seuls "les grands pays" puissent "s'offrir les JO".

AFP Publié le 29/01/2022 à 13:43, mis à jour le 29/01/2022 à 13:40
Le prince Albert II. Photo Jean-François Ottonello

A quelques jours de l'ouverture des Jeux olympiques 2022 de Pékin (4-20 fév), le souverain monégasque revient, dans un entretien à l'AFP, sur sa relation avec les JO, avec le souvenir de sa première descente en 1988 à Calgary et sa place "de leader pendant une minute".

Quel regard portez-vous sur l'attribution de ces JO d'hiver à Pékin et quels seront les impacts sur la Chine?
C'est à la fois inquiétant et encourageant. Encourageant car la Chine a promis de faire des Jeux en tenant compte de toutes les recommandations de l'agenda 2020 et 2020+5, surtout en matière d'environnement, d'héritage et de contrôle des coûts. C'est pour cela que beaucoup d'enceintes de 2008 (des Jeux d'été, NDLR) vont servir cette année.

Vous allez me dire que c'est juste une vitrine mais je crois vraiment, d'après les conversations que j'ai pu avoir en Chine ces dernières années, que le gouvernement chinois veut aller vers plus de durabilité et prendre des mesures de plus en plus fortes vis-à-vis de l'environnement et des énergies renouvelables. Ce parc éolien sur le site alpin à 180 kilomètres de Pékin est un exemple de bonnes intentions.

Et l'aspect inquiétant?
C'est aussi inquiétant parce que ce ne sont pratiquement plus que les grands pays qui peuvent s'offrir les Jeux, et Pékin voulait être absolument la première ville à accueillir à la fois des JO d'été et d'hiver. Ils ont sans doute fait beaucoup plus que ce que l'on demandait mais c'est aussi pour eux une question de prestige et de meilleure visibilité sur le plan international. La question est de savoir quelle est la limite, où commence et où s'arrête le gigantisme, et comment mieux le contrôler.

 

Avec la raréfaction des candidatures, comment voyez-vous l'évolution des JO d'hiver?
Cela dépend aussi malheureusement des conditions climatiques. A nos latitudes, on va vers des hivers de plus en plus doux. Malgré les équipements d'enneigement artificiel, il arrivera un moment où il sera très difficile de pratiquer des sports sur neige. Mais je ne sais pas vraiment quel sera l'avenir à long terme des Jeux d'hiver. Même si de gros efforts ont été faits de la part du CIO (Comité international olympique, NDLR) pour contrôler les dépenses, organiser des Jeux coûte très très cher. On voit donc que seuls des grands pays peuvent le faire.

Comment jugez-vous l'évolution olympique du bobsleigh, votre sport, avec notamment l'entrée du monobob féminin?
Ca va dans le sens d'ajouter une épreuve féminine et d'aller vers la parité hommes/femmes, même si les femmes aimeraient beaucoup faire du bob à quatre. Les monobobs sont tous identiques, fournis par l'organisation. Il n'y a pas de surenchère sur les patins et les matériaux, donc ça va vers une réduction des coûts et cela fait appel à des qualités athlétiques et de pilotage. Cela aura-t-il un attrait supplémentaire? On ne le sait pas encore.

Quant au problème du coût des pistes, une solution de piste démontable avait été imaginée mais les essais n'ont pas été très concluants. Il faudra bien penser dans les candidatures futures à utiliser uniquement des pistes existantes et pas en construire de nouvelles."

Comment êtes-vous arrivé au bobsleigh?
Par hasard. J'avais déjà assisté à des compétitions de bob aux Jeux de Lake Placid en 1980, quand j'étais étudiant aux Etats-Unis. Lors de vacances à St Moritz, en Suisse, avec ma sœur Caroline, on est allé voir ce qui se passait du côté de la piste de bob. Je connaissais de réputation car St Moritz est l'antre du bob. Il y avait une place sur un bob pour une descente pour visiteurs, un +bob taxi+. Mes premières sensations étaient incroyables, un peu comme des montagnes russes dans la neige et la glace.

Quel est votre meilleur souvenir en cinq participations?
Pour mes premiers Jeux à Calgary, en 1988, par le hasard du tirage au sort, on a été les premiers à s'élancer, avec Gilbert Bessi. Donc, pendant une minute, j'ai été leader de l'épreuve... (...) Pour tout athlète de haut niveau, les JO, c'est l'aboutissement, une consécration, le moment magique par excellence. On sait que les yeux de la communauté internationale sont braqués sur ce moment où on est en paix et en harmonie.

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