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Avec l'ouvrage "Le foot à l'écran", Gérard et Julien Camy retracent l'histoire d'amour entre le septième art et le ballon rond

Après leur livre "Sport et cinéma", une référence, Julien et Gérard Camy publient un ouvrage sur les rapports entre le 7e art et le sport roi, "Le foot à l’écran", aussi ludique qu’instructif.

La rédaction Publié le 09/10/2021 à 15:05, mis à jour le 09/10/2021 à 15:18
Gérard Camy a écrit l'ouvrage avec son fils Julien Photo NM

Ce n’est certainement pas sur un coup de tête que les Camy père et fils ont décidé de consacrer un ouvrage sur le foot et le cinéma. Très vite, le ballon rond s’est accommodé des images, jusqu’à ce que les buts pleine lucarne fassent les beaux soirs audimat de la petite lucarne.

Thriller, pamphlet social, satire, romance... le sport roi a de quoi inspirer tous les genres, pourvu qu’un cinéaste de talent sache le filmer hors formatage pour retransmission TV. Après Sport et cinéma, ces passionnés dans les deux disciplines publient encore un ouvrage référence aux près de 200 films (ils en ont visionné 600 avant d’effectuer leur sélection).

Où les joueurs sont parfois acteurs (et vice-versa), et la scène principale ne se déroule pas toujours sur le rectangle vert. À travers des quiz et des thématiques (homophobie et racisme, hooliganisme, les femmes et le foot) les Camy jonglent allègrement avec leurs connaissances tant cinématographiques que sportives, pour être aussi instructifs que divertissants. Dans Le foot à l’écran, Gérard – président de l’association Cannes Cinéma – et Julien Camy font aussi leur match!

 

Le foot est né avant le cinéma, mais très vite, les deux disciplines se sont passé la balle?

Gérard Camy: La plus vieille compétition de football, la FA Cup, a été créée en 1871 tandis que le cinéma est apparu en 1895, mais dès que se sont mises en place les règles modernes du jeu, le cinéma s’est intéressé à son épopée. Il y a déjà des films Lumière de quelques secondes, filmés avec une caméra immobile: sur 80% des images, on ne voit pas la balle! (rires) Mais très vite, dès les années 1910, les premières fictions sur le foot sont apparues.

Dans votre préface, le journaliste Vincent Duluc (L’Équipe) indique que le cinéma sert à "transcender" le foot, à le raconter autrement?

Beaucoup de gens qui connaissent bien le foot estiment à tort qu’il n’y a pas de bons films sur le foot. Mais dans les années 1960-1970, il était déjà beaucoup mieux filmé pour le grand écran qu’à la télé! Malgré la multiplication des caméras aujourd’hui, la façon de filmer un match à la télé reste assez formatée alors que l’intérêt du 7e art, c’est d’apporter un autre regard.

En dehors de films culte comme Coup de tête ou A mort l’arbitre, il existe de petites pépites, avec des réalisateurs qui offrent un vrai point de vue. Avec cet ouvrage, on veut réconcilier footeux et cinéphiles.

Le livre déroule habilement la chronologie, en y mêlant des thématiques...

 

Oui, dans les années 1950-1960, on montre comment le foot a servi la propagande des pays de l’est, l’émergence du hooliganisme et de sa violence dans les années 1980-90, l’homophobie et les femmes dans le foot dans les années 2000… Le foot a toujours été un vrai objet de cinéma, parfois il apparaît juste dans une séquence comme dans Vincent, François, Paul et les autres.

Il y a aussi cette scène de La Gifle, où Francis Perrin en gardien de foot veut confesser qu’il sort avec la fille de Lino Ventura. On a aussi ajouté des Quiz pour cinéphiles, notamment sur Godard, qui est passionné de foot, même s’il n’a pas fait de film spécifiquement dessus.

Le foot s’est mondialisé, y compris à travers le grand écran.

La discipline est devenue très vite universelle, car il suffisait d’une boîte de conserve, d’un terrain vague et de deux t-shirts configurant les cages pour jouer. Même si l’Angleterre fut précurseur et colonisatrice, le cinéma s’est emparé du foot dans tous les pays, au Brésil, en Argentine et même jusqu’au Bhoutan avec La Coupe. C’est un phénomène unique, il n’y a pas d’autre sport qui a irradié à ce point.

Des films de foot, qui ont fait appel à des acteurs vedette?

Oui, il y a Fernandel dans Les rois du sport ou Don Camillo, mais aussi Darry Cowl dans son plus grand rôle, où il remplace un gardien de foot dans Le Triporteur, avec ce zozotement qui restera sa marque de fabrique. Marcello Mastroianni, lui, n’était pas très bon au foot, alors Camerini l’a filmé sur un coup de pied arrêté!

Réciproquement, certains joueurs se sont essayés à l’actorat?

 

Pelé a fait l’acteur, il a même tourné une scène un peu chaude dans un petit polar, Pedro Lico (1985) où il tient le premier rôle d’un voleur. Maradona aussi a eu de petits rôles mais le must, c’est Eric Cantona, qui fait une vraie carrière au cinéma. Sa réplique dans le film de Ken Loach (Looking for Eric) est devenue cultissime: "I’m not a man, I’m Cantona!"

Le cinéma s’est évidemment emparé des biopics, mais rarement avec brio...

C’est vrai que beaucoup de biopics manquent d’envergure. Mais il y a quand même deux films très intéressants, Zidane, portrait du XXI siècle où il est filmé par 17 caméras HD, un vrai essai cinématographique projeté à Cannes, et un autre doc sur Georges Best (Le football comme jamais auparavant) sur le même principe.

Parmi les incongruités, un film porno avec la Ciccciolina et Moana Pozzi, où l’Italie gagne la Coupe du monde parce que ces dames ont épuisé Maradona et Pelé dans les vestiaires!

(rires) Ah oui, celui-là, c’est Julien qui l’a regardé, et il fait partie de notre thématique sur les nanars absolus!

Il y a aussi les documentaires, tels Les yeux dans les bleus en 1998, les séries, mais à quand un vrai chef-d’œuvre?

Ah, certains films sont très bien, Coup de tête n’est pas loin du chef-d’œuvre, A mort l’arbitre est une bonne satire de Mocky, Didier une belle comédie, plus récemment Le défi du champion (Il campione) est un grand film. Mais peut-être que le monde artistique regarde encore le foot avec trop de condescendance pour qu’un grand cinéaste en fasse un chef-d’œuvre.

 

>> Le foot à l’écran, un livre de Julien et Gérard Camy, aux éditions Hugo Image, 226 pages. Prix: 18,50 euros. www.hugoetcie.fr

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