“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Au Sportel, Alain Prost déclare sa flamme au Grand Prix de Monaco

Mis à jour le 23/10/2019 à 09:25 Publié le 23/10/2019 à 09:25
Les intervenants ont échangé quelques anecdotes sur le GP de Monaco.

Les intervenants ont échangé quelques anecdotes sur le GP de Monaco. Photo Sébastien Botella

Au Sportel, Alain Prost déclare sa flamme au Grand Prix de Monaco

Sacré "Légende du sport aux Sportel Awards", l’ancien pilote de F1 Alain Prost a échangé avec des pontes de l’Automobile Club de Monaco sur le Grand Prix local. Avec, pour fil rouge, un documentaire exceptionnel.

C’est un monstre sacré de l’asphalte. Quatre fois champion du monde dans la discipline reine de l’automobile*, Alain Prost compte 51 Grand Prix à son tableau de chasse. Petit par la taille – il fait preuve d’autodérision à ce sujet – mais grand par le talent, le pilote français a littéralement marqué le milieu de la Formule 1.

Preuve en est, la salle Camille-Blanc du Grimaldi Forum bien garnie pour boire les paroles d’un champion, mardi. Aux côtés de Michel Ferry, vice-président de l’Automobile Club de Monaco, et de Christian Tornatore, commissaire général de l’ACM, celui qui a été sacré, ce mardi soir, "Légende du sport" aux Sportel Awards, a commenté le documentaire bien ficelé du producteur Yann-Antony Noghès: Grand Prix de Monaco, la légende. Cinquante minutes d’archives contant l’histoire du tourniquet monégasque.

Avec, au départ, un coup de bluff légendaire d’Antony Noghès, son grand-père. Ou comment, en 1929, l’un des plus petits pays au monde a créé l’un des circuits les plus mythiques en pleine ville. S’ensuivent les grands moments de ces batailles du rail, ces rivalités mythiques, ces accidents spectaculaires – mortel pour Lorenzo Bandini en 1967 –, ces guerres d’argent et le glamour.

Extrait de ces échanges fort passionnants pour qui vénère la F1.

Pourquoi le Grand Prix de Monaco est une légende?

Alain Prost : "Parce qu’il restera unique dans le temps. C’est aussi LE Grand Prix qui fait l’unanimité, même si certains pilotes s’adaptent moins bien à ce genre de tracé. Il a souvent été imité, jamais égalé. Ce n’est pas uniquement la piste, c’est tout ce qu’il y a autour, c’est une ambiance. Depuis 1977, j’ai dû louper un ou deux Grand Prix de Monaco. La psychologie d’un pilote, c’est ce qu’il y a dans la tête mais c’est aussi ce qui brûle dans l’estomac. Monaco a toujours été spécial."

Les spécificités du circuit

Entre les séances d’essais libres du jeudi et du samedi, les pilotes de F1 profitent généralement d’un jour off. "À une certaine époque, les pilotes allaient jouer au golf, rigole ChristianTornatore.De mon côté, j’espérais que rien ne se passe sur le circuit entre ces deux jours. Je me souviens d’un véhicule qui s’était embrasé vers la place Sainte-Dévote, il a fallu refaire la piste à cet endroit car c’était une zone de freinage."

Autre anecdote distillée : en 1984, alors qu’il pleuvait des cordes, les pilotes avaient demandé à faire mouiller la piste sous le tunnel pour éviter une trop grande différence d’adhérence avec l’asphalte détrempé du reste du circuit.

Michel Ferry embraye: "Une autre fois, le Grand Prix a eu 40 minutes de retard car la piste, sous le tunnel, était trempée à la suite de l’intervention des sapeurs-pompiers pour un incendie dans un hôtel."

Le poids de l’ACM dans les instances de la F1

Michel Ferry: "Aujourd’hui, les Automobile Clubs, les fédérations nationales ne sont plus que des coquilles relativement vides qui n’organisent plus rien. Les épreuves de championnat sont concédées à des promoteurs qui prennent les clefs du circuit.A Monaco, nous sommes l’organisateur, le promoteur du Grand Prix. On est aussi le seul à avoir la réalisation télévisuelle, au terme d’un très long combat avec Bernie Ecclestone. Et c’est toujours l’objet de discussions avec le groupe Liberty, propriétaire des droits commerciaux de la F1 puisque le contrat court jusqu’en 2021.Si on veut plus montrer le prince, le port ou le Rocher qu’une voiture, on le fait. Nous avons aussi les recettes de tribune et de publicité. Seul un tiers des publicités du circuit appartient au promoteur Liberty.Cela pose des problèmes en termes de montre et horlogerie car Rolex est le partenaire de l’ensemble du championnat de F1 mais le partenaire de l’ACM c’est TAG Heuer."

Seuls les droits TV ne sont pas dans l’escarcelle de l’ACM.Cela avait d’ailleurs donné lieu à une « guerre sérieuse » entre le président de l’ACM, Michel Boeri, et Jean-Marie Balestre, alors président de la FIA.

Une extension du circuit sur l’extension en mer?

L’éventualité d’une modification du tracé urbain de 3,337 km – déjà soulevée depuis le début du chantier pharaonique pesant 2 milliards d’euros – est de nouveau balayée d’un revers de main par Christian Tornatore. "L’extension en mer ne connaîtra pas de circulation en surface.Il est donc difficile de rouler sur une surface piétonne.Il n’y aura donc pas d’extension ou de modification du circuit."

Que faire pour qu’il y ait plus de femmes en Formule 1?

Michel Ferry: "On vient de créer la commission des femmes dans le sport automobile à l’ACM.Les femmes vont arriver dans le sport automobile.Peut-être que je me trompe mais les F1 sont beaucoup moins physiques à conduire qu’à l’époque d’AlainProst.Ce sport est beaucoup plus accessible.Ce qui manque, c’est la formation, les écoles, les femmes dans le karting.La FIA y travaille très sérieusement.Je pense que dans les cinq années à venir, il y aura une femme en F1.C’est presque une certitude."

*En 1985, 1986, 1989 et 1993.

Alain Prost: "J’ai toujours dit que j’avais peur"

Alain Prost
Alain Prost Photo Sébastien Botella

Sa gestion de la peur
"J’ai toujours eu le même discours depuis le début de ma carrière.J’ai vu et vécu des choses. Ma première année, en 1980 avec Mc Laren, j’ai eu beaucoup d’accidents, je me suis cassé le scaphoïde. J’étais très proche de Gilles Villeneuve qui disait: "On ne peut pas se faire mal en Formule 1 ". Il avait eu des accidents incroyablement violents.Il ne s’était jamais fait mal jusqu’à son accident mortel… J’ai vécu cet accident, celui de Didier Perroni, d’Elio De Angelis au Castellet.Ce dernier était sous la voiture, je n’arrivais pas à le sortir, il n’y avait pas de commissaires… J’ai toujours dit que j’avais peur. D’un côté, celle-ci me faisait avancer, de l’autre elle me contrôlait pour ne pas aller plus loin.Ma limite a toujours été à 99 %, j’ai tout fait pour connaître et régler ma voiture. Plus je voyais d’accidents, plus je voulais diminuer les risques.Ayrton Senna avait une vision différente, un peu mystique. Automatiquement, vous êtes un peu en recul par rapport à cela car on n’a pas envie d’aller sur le même terrain.Si j’ai une chance dans ma vie aujourd’hui, c’est d’être en face de vous pour vous parler.J’ai toujours essayé de me protéger."

Monaco, un circuit éprouvant
"J’ai toujours travaillé ma condition physique. Avec les moteurs turbo et l’embrayage, on changeait 2 800 fois de vitesse à Monaco. Cela demandait une concentration physique épouvantable. J’ai toujours une boule à l’épaule, une bursite, à cause du frottement contre le baquet. J’ai dû me faire opérer des genoux à cause du frottement contre la coque en aluminium. On avait aussi, sans arrêt, les mains en sang.C’était un peu du masochisme. Plus c’était difficile, plus vous aviez la sensation de faire quelque chose d’incroyable."

Un biopic sur Alain Prost?
"Il y a un projet sur la table depuis un ou deux ans. J’ai un peu repoussé.C’est un peu plus sur moi, sur ma vie, pas seulement sur ma carrière mais depuis le tout début. Je n’ai pas du tout envie de faire une histoire de la rivalité Prost/Senna. Pour moi, la globalité est plus intéressante."

La nécessité d’un coach mental
"On n’avait pas grand-chose à l’époque. Aujourd’hui, ils ont tous des managers, des kinés, ostéopathes… J’avais un ostéopathe mais c’était quelqu’un d’assez particulier car il faisait du tai-chi. C’était beaucoup dans la méditation.À l’époque, il y avait beaucoup d’accidents. J’ai été extrêmement choqué par ceux-ci, du fait que des copains partaient… Ces moments detai-chi étaient absolument incroyables.Il faut juste rentrer dedans et ne pas être dans le mysticisme."


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.