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AS Monaco: la méthode Ranieri

Mis à jour le 07/10/2013 à 08:58 Publié le 07/10/2013 à 07:12
Même si la photo ne reflète pas sa « joie », Claudio Ranieri est un coach monégasque heureux.

Même si la photo ne reflète pas sa « joie », Claudio Ranieri est un coach monégasque heureux. Eric Dulière et Reuters

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AS Monaco: la méthode Ranieri

Neuf matches de Ligue 1 ont suffi pour faire de l’entraîneur expérimenté une valeur sûre. Un homme qui n’a jamais changé ses principes de jeu ni son envie de rester dans l’ombre

Neuf matches de Ligue 1 ont suffi pour faire de l’entraîneur expérimenté une valeur sûre. Un homme qui n’a jamais changé ses principes de jeu ni son envie de rester dans l’ombre

Six victoires, trois matches nuls, meilleure défense, meilleure attaque, meilleur buteur et meilleur passeur de Ligue 1. Après neuf journées, l'AS Monaco a tout bon. Et même si le porte-monnaie de Dmitry Rybolovlev a grandement facilité la chose, la patte Claudio Ranieri, l'entraîneur italien arrivé en 2012, est de plus en plus palpable.

Parfois, on s'imagine que le marché des transferts guide parfois une composition d'équipe.

Comprendre que les plus gros transferts sont titulaires.

C'est oublié le chemin parcouru par l'Italien depuis ses débuts sur un banc de touche. C'était dans la chaleur de Cagliari, en Sardaigne. Le club était alors en Serie B. Deux ans plus tard, le club était en Serie A avec un certain Enzo Francescoli en numéro 10. Elle est là, la marque de fabrique du Mister. Un homme surnommé le «bâtisseur» dans le milieu. Même si son palmarès ne reflète pas son talent (une Coupe d'Italie et une Coupe d'Espaggne), il faut reconnaître à l'Italien une certaine qualité : il sait construire. Le FC Valence de Cuper, le Chelsea de Mourinho, la Juventus de Conte, toutes ses équipes victorieuses sont d'abord passées entre les mains de Ranieri. Tout sauf un hasard.

Il a lancé Fabio Cannavaro

L'homme construit, bâti, met en place un esprit combatif, joueur et quand il est susceptible d'en récolter les fruits, on lui demande de partir.

Parce que Ranieri n'est pas vendeur. C'est un besogneux. Un entraîneur qui ne prend pas la lumière. Ou rarement. Pourtant, il a quelque chose. Un homme qui a lancé dans le grand bain un certain Fabio Cannavaro au Napoli ou installé John Terry comme titulaire à Chelsea a forcément quelque chose. Cette chose, c'est un projet de jeu.

« Avec l'entraîneur, les choses sont simplesavoue Mounir Obbadi. Le jeu doit passer par le sol, de manière directe et on cherche à se projeter le plus rapidement possible, notamment sur les côtés». Même dans sa manière de composer son groupe, la méthode reste la même depuis trente ans. Des cadres expérimentés pour pouponner des jeunes pousses. Dans tous ses clubs, il a appliqué cette manière de penser. A Rome, les Totti, De Rossi, Perrotta devaient encadrer le petit frère Burdisso ou un Jérémy Menez. Idem à Valence où Djukic, Angloma, Canizarès et Carboni étaient censés dicter la marche à suivre.

Pour l'instant, son parcours monégasque ressemble étrangement à son aventure florentine. En 1993, lorsqu'il prend en main la Fiorentina, le club le plus romantique d'Italie vient de descendre en Serie B. Ranieri exige de ses dirigeants une seule chose : garder la star locale, Gabriel Batistuta. Deux saisons plus tard, la Fio' termine sur le podium de Serie A et Batigol enfile les buts. Ranieri a remis sur pied un géant malade. Tiens, tiens...

Un homme de peu de mots

Le groupe toscan ressemblait énormément à celui de Monaco. Des cadres et des jeunes unis par un traumatisme...

Actuellement, un Tisserand ou un Kurzawa peuvent se lâcher car ils savent qu'un Abidal ou un Carvalho veillent au grain derrière. C'est donnant-donnant. Avec son staff élargi et sa zen attitude, Ranieri préfère bosser dans le calme. Pas de vague. Pas de sorties médiatiques en conférences de presse, tout est sous contrôle. Le coach au regard espiègle est un homme de peu de mots. « Quand je dis quelque chose, c'est au joueur d'entendre » a-t-il lâché la semaine dernière en conférence de presse. Même lorsqu'il coachait des grosses écuries italiennes, l'entraîneur transalpin détestait les envolées nerveuses. Ce n'est pas son truc. De lui, la botte a surtout retenu une citation qui caractérise parfaitement le bonhomme : « Ma vie entière est un derby. Le derby, à certains égards, est le match le plus facile parce que l'enjeu est tellement connu par la ville et les fans que l'entraîneur a simplement besoin de contrôler ses émotions. »

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