“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

AS Monaco (1977-78)

Mis à jour le 28/04/2018 à 05:02 Publié le 28/04/2018 à 05:01
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

AS Monaco (1977-78)

Le 3e titre de champion de France de l'histoire de l'ASM est le plus inattendu et reste l'un des plus marquants. Promue et sacrée, cette équipe est inoubliable

L'histoire commence par un rêve. Un vrai. Juillet 1977 : l'ASM est en stage de préparation au Touquet. Delio Onnis se lève de la sieste avec le sourire. Il vient de voir Monaco gagner ses cinq premiers matchs de championnat. Quand il raconte son rêve à ses coéquipiers, tout le monde rigole. Normal : l'équipe monte tout juste de D2. « Au Touquet, après un match amical, nous avions dîné avec les dirigeants de Lens. Ils avaient passé la soirée à nous expliquer, le plus gentiment du monde, toutes les difficultés que nous allions rencontrer pour nous maintenir. A la fin de la saison, nous étions champions de France et Lens descendait d'un étage », se souvient Jean-Louis Campora qui aborde sa 3e année de présidence.

Avant même les trois coups, les recrues ont fait l'unanimité. Avec Courbis, Gardon, Vitalis, Moizan et Noguès, l'ASM sait qu'elle va pouvoir voyager. ça tombe bien : le premier déplacement mène les Monégasques dans l'enfer de Furiani. Onnis, surnommé ''Tano'', frappe deux fois et donne à l'endroit un goût de paradis. Avec Monaco, l'été est show. L'attaquant argentin et les siens battent Bastia, Nancy, Bordeaux, Strasbourg et Reims. Le rêve vient de se réaliser. A l'issue de la 5e journée, l'ASM est seule en tête du championnat de France. « Il vaudrait mieux qu'on perde de temps en temps, sinon on va croire qu'il y a un truc », s'amuse Lucien Leduc devant l'étonnement de la France du foot. Il sera entendu puisque l'OM vient s'imposer au Louis-II lors de la 6e journée, donnant au rêve de Delio Onnis une authenticité stupéfiante.

Lucien Leduc a un don et un dogme : pour lui une équipe doit bien vivre avant de bien jouer. C'est un sage qui monte des plans de jeu et des plans de table. Un humaniste qui prépare des tactiques et des pique-niques.

Le doyen des coachs en activité (il a alors 60 ans) promène son humour et ses rondeurs de bénédictin dans un petit monde impressionné par son regard plein de malice et sa carte de visite couverte de clubs, d'aventures et de titres.

En six matchs, le club de la Principauté a marqué 14 buts. Dalger centre, Onnis claque. ça paraît simple, c'est surtout compliqué pour les défenses d'en face. Dalger a le don de la passe et de la frappe sèche, Onnis, le sens du but et les pieds en canard. L'un est surdoué, l'autre génial. Derrière eux Jean Petit s'occupe de tout. Petit est un géant.

Bref, Monaco est un promu qui va au-delà des promesses. A l'époque, la première division se porte bien. C'est un repaire de gros clubs et buteurs énormes. ça tire dans tous les sens. Les fines gâchettes sont partout : Bianchi (PSG), Bjekovic (Nice), Lacombe (Lyon), Pécout (Nantes), Platini (Nancy), Gemmrich (Strasbourg), Berdoll (OM), Rep (Bastia), Rocheteau (Saint-Etienne), Six (Lens), Pintenat (Sochaux), Braun (Metz)... Les défenseurs aussi sont armés. Eux ne portent pas de révolvers, mais des tronçonneuses. A Monaco aussi on sait faire le sale boulot.

Après quinze rencontres, la bande à Jeannot Petit est toujours devant. Ceux qui pensaient que l'ASM ne serait que le tube de l'été ont l'air fin. Monaco maîtrise sa petite musique. « Nous étions compétiteurs, nous voilà compétitifs...», glisse Lucien Leduc, prince de la formule.

Malins, les joueurs du Rocher laissent les titres des journaux et le titre de champion d'automne à Marseille. Ils sont troisièmes derrière le voisin niçois à la trêve.

« On piochait un peu. Lucien Leduc a eu l'idée d'un petit stage à la neige dans l'arrière-pays niçois. ça nous avait fait un bien fou », rembobine capitaine Petit.

Cette saison-là, les Rouge et Blanc ne descendront jamais sous la 4e place. Ils seront à la lutte avec Nice d'abord, Marseille ensuite, et enfin Nantes. En pleine bataille, Christian Dalger lâche : « On prend un plaisir fou ! » ça se voit et ça se partage. Monaco joue haut, Monaco joue bien. Le vieux Louis-II se régale. Bouna, l'éléphant du zoo voisin, barrit. Le lieu est rococo, tendance et rock and roll.

Derrière leur pupitre, dans la tribune de presse, Julien Giarrizzi et Jean Chaussier de Nice-Matin racontent ces instants d'éternité et stockent les souvenirs.

A dix journées de la fin, l'ASM est encore sur le podium (3e). Ce qui fait dire à Lucien Leduc : « Cette fois, je crois qu'on va éviter la descente...» Le Rocher se gondole. Les autres ne rient plus. Nantes perd la main à Rouen (0-0) lors de l'avant-dernière journée. C'est le tournant. Le tenant du titre n'a pas tenu. Le carton (6-1) passé aux Niçois sur le fil ne sert à rien. Les Canaris sont cuits. Monaco, la peur au ventre, la rage au cœur, bat Bastia (2-1). C'est le sacre d'une sacrée équipe. Le couronnement d'un football de princes. Le rêve aura duré 9 mois et 38 matchs.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.