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5 valeurs fortes inculquées via l’aviron à Monaco

Aviron de mer Les meilleurs rameurs du monde se défient aujourd’hui dans un format inédit, par équipes, pensé par la Société nautique de Monaco. Derrière la performance, des idéaux.

Thomas Michel Publié le 28/11/2021 à 11:10, mis à jour le 28/11/2021 à 11:10
Photo Cyril Dodergny

Attention les secousses! Depuis samedi ça remue dans les eaux monégasques à l’occasion du Challenge international Albert II. Après une année blanche, la Grande bleue a vu rouge et sublimé le spectacle ce premier jour, en réservant quelques creux aux 18 équipes engagées (provenant de 16 nations) sur un parcours de 4.000mètres allant de l’entrée du port Hercule au Cap Martin. Une lutte fraternelle et universelle, souvent bord à bord en tête, où un Lituanien était embarqué avec des Ukrainiens ou une Américaine avec des Égyptiens.

Car c’est la grande nouveauté cette année, et c’est inédit, les équipes sélectionnées par la Société nautique de Monaco sont mixtes et un cumul de points s’opère sur les deux jours de compétition pour déterminer les grands vainqueurs.

"On n’a jamais eu un plateau sportif aussi relevé, c’est l’équivalent d’une finale mondiale, se réjouit le nouveau président de la SNM, Mathias Raymond. On les 18 meilleurs bateaux dans chaque catégorie, auxquels s’ajoutent des spécialistes de la discipline olympique. Car on veut faire la passerelle entre l’aviron de mer et l’aviron de rivière." Des idéaux que la SNM ne manque pas de convertir.

Travail d’équipe

Ce n’est pas le plus fort qui l’emporte à l’aviron, qui plus est de mer, mais celui qui à la technique, la science du parcours aussi. Alors à Monaco, on a eu une idée folle: mixer les sexes et les nationalités pour créer une émulation collective, du spectacle et du suspense.

Un concept qui gomme les ego et tord le cou au coronavirus. "C’est vraiment un pari, rigole encore Mathias Raymond. Le Covid a guidé notre réflexion. On voulait faire une compétition de haut niveau tout en ne prenant pas de risques. Alors on s’est dit qu’on allait forcer les gens à ramer ensemble [rires], pour réduire le plateau de compétiteurs." "On ne savait pas si ça allait fonctionner", confirme le vice-président de la SNM, Roland Weill, qui a alors commencé à prendre le pouls sur les compétitions internationales. "Et visiblement le concept a plu, il y a eu plus de demandes que de places", révèle Mathias Raymond.

Si les budgets sont restreints, le président a aussi sorti son atout grâce aux partenaires privés. "L’autre chose qui nous aide, c’est le prize money. a existe très peu ailleurs, sauf sur des régates en rivière. Organiser une belle manifestation ne peut plus être une fin en soi, il faut donner en retour et c’est une politique attractive. Cette petite carotte financière [5.000 euros maximum, ndlr] pousse à monter des équipes entre copains." Et ainsi rembourser les frais de déplacement, voire grappiller un bonus. Un "schéma vertueux" qui ne s’arrête pas là: "Les instances publiques nous soutiennent énormément sur l’aspect logistique. Dieu merci!"

Photo Cyril Doderny.

Mixité

On connaissait le double mixte, épreuve des championnats du monde. Monaco en a fait le modèle d’une entière compétition. "Personne n’a jamais fait ça", tranche Roland Weill, mémoire de l’aviron. "L’aviron est le sport par excellence pour incarner beaucoup de valeurs, ajoute Mathias Raymond. Si on n’est pas tous coordonné dans un but commun, on n’y arrive pas. Et puis il ne faut pas avoir des œillères au XXI siècle, et autant la mixité que l’égalité homme-femme sont des valeurs auxquelles nous sommes attachés." Un cheval de bataille aussi pour la Fédération internationale (Fisa).

Photo Cyril Doderny.

Accessibilité

Quiconque pousse les portes de la SNM est accueilli à bras ouverts. Mais le Challenge Albert II est la vitrine vers l’extérieur. Et quand accessibilité doit rimer avec visibilité, on peut compter sur Patricia Lambert aux commentaires. Depuis hier, la spécialiste officie en live. Pour se connecter gratuitement, il suffit d’aller sur le site cpa2.mc.

Photo Cyril Doderny.

Olympisme


"L’aviron, ce ne sont que des valeurs olympiques", affirme Roland Weill. Des valeurs universelles parfois bafouées à la marge par des Fédérations sportives, voire qui mériteraient une bonne mise à jour collective.

A Monaco, on a décidé de faire vivre ces idéaux ancestraux. Dans le sillage d’un prince Albert II membre impliqué du Comité olympique, mixité et éthique jalonnent ainsi la croissance du Challenge Albert II, selon Mathias Raymond.

"On est acteur du changement qu’on aimerait voir. On ne peut pas attendre que ce soit les autres qui le fassent pour nous. Représentons les valeurs qu’on essaye d’incarner." L’aboutissement étant aussi d’emmener des jeunes Monégasques aux JO à l’avenir, comme Quentin Antognelli (photo ci-contre), en 2021 à Tokyo.

Photo Cyril Doderny.

Environnement


En mer ou au lac de Saint Cassien, les jeunes rameurs de la SNM rament sous les ordres du charismatique Daniel Fauché. Outre la recherche collective de la performance, la discipline est aussi un vecteur pour faire infuser des réflexions et des engagements de citoyen. Comme avoir un regard pertinent sur l’environnement.

"Quand on croise une bouteille qui flotte, on la ramasse", résume Mathias Raymond. "C’est aussi pour ça cette année qu’on a noué un partenariat avec "TAF", "The Animal Fund", pour la protection des océans et des espèces qui les peuplent. On est aussi partenaire depuis 2015 avec le Musée océanographique pour la promotion et la défense de l’environnement. On ne fait pas ça par opportunisme. On est humbles et on ne va pas sauver la face du monde. Mais c’est une réalité à laquelle on est confronté en tant que sport en plein air. Si on peut avoir un petit rôle là-dedans, on essaye de l’avoir. Et ça commence par des petits gestes. Ici, par exemple, il n’y a pas de bouteille d’eau. Chacun à sa gourde et va la remplir au restaurant. Demain (lire aujourd’hui), "TAF" aura un stand aussi. On a prévenu tous les compétiteurs et peut-être qu’ils iront parler avec eux et ramèneront la bonne parole dans leurs pays."

Offre numérique MM+

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