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"Nous n'avons jamais gagné si peu": des employés du Fairmont ont manifesté ce jeudi à Monaco

Quelques dizaines d’employés ont manifesté devant l’établissement pour dénoncer notamment le calcul des rémunérations au pourcentage qui serait "le pire depuis 2013".

Joelle Deviras Publié le 13/05/2022 à 10:20, mis à jour le 13/05/2022 à 10:19
Ils étaient 30 selon la direction du Fairmont et 70 selon l’Union des Syndicats de Monaco à manifester ce jeudi, entre 11 et 14 heures, devant l’établissement hôtelier. Photo Jean-François Ottonello

"Nous n’avons jamais gagné si peu depuis neuf ans sur notre rémunération payée au pourcentage. Le calcul de ce que l’on appelle ‘‘la masse’’ est inacceptable. Cela montre une mauvaise gestion des embauches et des salaires."

Ce jeudi midi, Rino Alzette, délégué syndical, délégué du personnel et conseiller syndical de l’Union des Syndicats de Monaco (USM), concierge au Fairmont Hotel, était à la tête d’un mouvement de grève qui a rassemblé au total soixante-dix salariés selon Olivier Cardot, secrétaire général de l’USM.

Les voituriers, bagagistes, femmes de chambre, gouvernantes ou encore serveurs du room service qui ont débrayé entre 11 et 14 heures avaient apporté sono et banderoles pour faire entendre leur voix devant l’établissement hôtelier.

"Une poussée de fièvre sociale"

"Nous avons eu une assemblée générale mardi au cours de laquelle plusieurs employés de notre hôtel ont levé la main. Les difficultés au Fairmont ne sont pas les mêmes que dans les hôtels de la SBM, par exemple. Eux ont donc voulu faire une action particulière."

Selon Rino Alzette, au Fairmont, les salaires seraient bien inférieurs à ceux des autres établissements hôteliers de Monaco. Les salariés qui touchent une rémunération dont une partie est fixe et l’autre calculée en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise seraient particulièrement pénalisés.

 

"Ils touchent un pourcentage qui est le pire depuis 2013. Nous percevons 16% en moins en 2022 par rapport à 2019. Il y a eu beaucoup de changements au sein de la direction depuis début 2020. Et ce sont des changements dans le mauvais sens."

Pour les salariés du Fairmont, les gestes faits par leur employeur pour garantir le pouvoir d’achat sont "nettement insuffisants". "Nous avons perçu 2 % de plus en avril et nous aurons 2% de plus en juin, souligne Rino Alzette. Cela ne couvre pas l’inflation galopante actuelle."

Parmi les manifestants, Olivier Cardot ne décolère pas.

"Il y a une poussée de fièvre sociale à Monaco. Le dialogue social est rompu. C’est toujours regrettable de voir des salariés sur le trottoir. Mais ils sont au pied du mur.

Et c’est toujours pareil: les plus utiles sont les moins bien payés. Ça fait des mois que les responsables syndicaux demandent des revalorisations de salaire de 15 ou 16% comme dans l’hôtellerie en France.

 

Le travail des employés a un prix et il n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Il faut des salaires à la hauteur des richesses créées par les salariés. Or, tout augmente sauf les salaires. Il y a une urgence sociale aujourd’hui. Les salaires sont bas au Fairmont.

De plus certains employés sont en contrat à durée déterminée depuis des années. Sans compter la pénibilité au travail qui n’est pas prise en compte alors que dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, il y a des horaires décalés, des heures de nuit.

Sait-on seulement que ces conditions représentent sept ans de vie en moins?"

Ils attendent des propositions concrètes

Aujourd’hui, les salaires disent "attendre l’ouverture de négociations avec la direction pour avoir des garanties et des propositions concrètes", souligne Olivier Cardot.

Le secrétaire général de l’USM insiste également sur les conditions salariales en Principauté qui pourraient être considérées comme meilleures en comparaison à la France.

"Il faut prendre en compte le fait que le salarié monégasque travaille 39 et non 35 heures comme dans le pays voisin, ce qui fait une différence de 11,43%. Depuis 1998, les grilles de salaires sont enterrées par le gouvernement.

 

Par ailleurs, les logements, les transports, le stationnement représentent des difficultés réelles tant en termes de coût que de qualité de vie pour les salariés. La balle est dans le camp du patronat mais aussi du Conseil national et de l’exécutif."

De son côté, la direction n’a pas souhaité répondre à nos questions. Elle a toutefois transmis sa réaction. "Nous déplorons la mobilisation de ce jour qui a réuni une trentaine de personnes, salariées mais aussi personnes externes. Le Fairmont Monte-Carlo est à l’écoute de ses 500 employés et a toujours exercé une politique sociale équilibrée et respectueuse. Nous continuerons dans cette voie après cette mobilisation."

À quelques heures du Grand Prix Historique et quelques jours du Grand Prix de Formule 1, la tension monte. Alors, en coulisses, le conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et la Santé Christophe Robino tente de rencontrer tous les protagonistes.

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