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Contestation massive à Monaco pour la première manifestation contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale

Ce samedi après-midi, des centaines de manifestants ont fait entendre leur voix contre le pass sanitaire à Monaco et l’obligation vaccinale. Un rassemblement inédit qui s’est déroulé sans encombres.

Thibaut Parat Publié le 05/09/2021 à 14:23, mis à jour le 05/09/2021 à 15:23
Les manifestants étaient entre 750 et 800 selon la Sûreté publique, 1200 selon les organisateurs. Photo Jean-François Ottonello

Quatorze heures, place des Moulins. Une puissante clameur s’élève d’une foule grossissant à vue d’œil. " Liberté, Liberté, Liberté ! ", scandent les manifestants, au milieu des sifflets et cornes de brume.

Ce cri de ralliement, contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale, ils l’ont martelé à maintes reprises les samedis précédents à Nice.

Ce samedi, donc, c’est en Principauté, chez eux, que les contestataires monégasques ont fait entendre leur voix. Inédit dans un pays, d’ordinaire habitué aux manifestations syndicales.

" C’est bien de pouvoir sortir du cercle des réseaux sociaux [le mouvement est né sur Facebook, ndlr] et d’aller porter nos messages dans la rue ", salue Patrick, la quarantaine.

 

Au mégaphone, juste avant d’amorcer la marche jusqu’au parvis Sainte Dévote, Sharon Rochetin, leader du mouvement, rappelle la bonne conduite à tenir : pas de slogans ou messages illicites, bien sûr, et port du masque obligatoire.

« Pour certains, ce point peut être perçu comme une entrave à la liberté, nous le comprenons, mais l’enjeu est trop important pour s’arrêter à ce détail », implore-t-elle.

En effet, comme l’a averti le gouvernement princier, de la bonne tenue de cette manifestation dépend le feu vert des autorités locales pour les deux prochaines. À part une minorité de récalcitrants, la consigne aura été globalement tenue.

Une foule hétéroclite

14h30. La foule se met en ordre de marche, sous les yeux des curieux. Un public hétéroclite et bon enfant : des nationaux et résidents, des salariés, des familles avec enfants, des syndicats, des vaccinés et non-vaccinés.

 

La Sûreté publique, qui a placé près d’une trentaine d’agents sur le terrain, estimera la participation entre 750 et 800 participants, " dont 15 % d’enfants ". Les organisateurs, après un comptage avec des gommettes, tablent plutôt sur 1 200 personnes.

Les pancartes et slogans aiguisés sont de sortie. " Non au pass sanitaire de la honte ", " Monaco est un État souverain, pas un 06 bis ", " Ma santé, mes choix, ma liberté ".

Le syndicat des agents hospitaliers en dégaine deux autres : " Vaccination sans sanction, ni pression " et " Hier applaudis, aujourd’hui menacés ". Une allusion non feinte au projet de loi relatif à l’obligation vaccinale chez les personnels de santé, bientôt examiné et débattu au Conseil national.

" La marche du siècle "

Dans la foule, chacun a ses raisons de manifester. " Pour le vaccin, chacun fait ce qu’il veut, chacun son opinion. Mais le pass sanitaire, je ne trouve pas cela correct. Cela prive des gens, cela crée une discrimination. Je suis ici pour le principe de liberté ", argumente Diane, une Monégasque accompagnée de sa nièce.

 

Manon et Romane, deux amies, sont là pour leur avenir. " On veut reprendre la vie d’avant, être libre de nos choix. J’ai des problèmes de santé qui m’empêche d’être vaccinée. Je dois donc me faire tester dès que je veux bouger le petit doigt, aller manger au restaurant. "

16 heures. Après avoir traversé le boulevard des Moulins, l’avenue d’Ostende, les rues Grimaldi et Princesse Caroline, le cortège déboule sur le parvis Sainte Devote. Sans encombres, sans débordements. " La marche du siècle ", qualifie même Sharon Rochetin.

Puis, Olivier Cardot, secrétaire général de l’Union des syndicats de Monaco, s’exprime en tant que " citoyen concerné qui aime ce pays ", mais son discours reprend vite une tonalité syndicale. " Que l’on soit salarié, retraité, employeur, aujourd’hui nous devons lutter ensemble contre ces mesures liberticides qui menacent notre avenir et celui de nos enfants. Je préfère passer pour un fou, aujourd’hui, auprès de quelques-uns que de passer pour un traître, demain, auprès des générations futures. Les combats que l’on perd sont ceux que nous ne menons pas. "

Ils ont déjà donné rendez-vous pour les deux prochains : les 9 et le 11 septembre.

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