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L’éloge de la patience... Retour sur la trajectoire de Mathieu Faivre, l’Isolien champion du monde de ski parallèle

Champion du monde de géant chez les Juniors à tout juste 18 ans, l’Isolien Mathieu Faivre, né à Nice, était considéré comme un crack. Onze ans plus tard, il a obtenu ce mardi le titre mondial en ski parallèle à Cortina d’Ampezzo (Italie). Une médaille d’or qui vient récompenser sa persévérance.

Romain Laronche Publié le 17/02/2021 à 07:45, mis à jour le 16/02/2021 à 21:46
Mathieu Faivre aime se ressourcer à Isola 2000, la station de son enfance, auprès de sa famille, ici avec ses parents, Jean-Marc et Nathalie. Photo : R.L.

Mathieu Faivre était destiné à devenir champion du monde. Son parcours, c’est celui de l’enfant prodige, du crack assuré. Il grandit à Isola 2000 et suit rapidement les traces de son père Jean-Marc, moniteur de ski. "Il baigne dans cet univers depuis son enfance. L’hiver, on était tous les jours sur les pistes, il allait même à l’école en ski", raconte son paternel.

L’itinéraire classique du petit montagnard. Sauf que Mathieu se démarque des autres. Il est aussi à l’aise sur les pistes que déterminé. "Il avait une vraie conviction, il savait ce qu’il voulait faire plus tard : skieur professionnel. Il est resté concentré sur ses objectifs, a beaucoup travaillé et chaque année, il a progressé", explique Nicolas Guidi, son entraîneur à Isola, pendant son adolescence. Des qualités qui en font un skieur à part entière. "Que ça soit chez les Microbes, les Poussins, Benjamins, Minimes ou Cadets, il a toujours été le meilleur Français", explique Luc Morisset, son président de club au CS d’Isola 2000.

A la sortie du collège, l’adolescent ne se pose pas de question au moment de quitter son cocon familial. Le jeune homme sait qu’une carrière passe par les Alpes du Nord. Il déménage en Savoie, à La Plagne, et va vivre trois ans chez les Bonnet en famille d’accueil. "Ça n’a pas été simple au début d’aller vivre et de t’entraîner avec des gens que tu ne connais pas, de voir ta famille trois fois par an, mais si c’était à refaire demain, je le referais. Je n’hésiterais pas une seule seconde", nous a déjà raconté le skieur. "Tu entres dans le ski un peu comme en religion. Tu n’as pas le temps de faire autre chose. Tu te donnes à 200 % pour ton sport", a plusieurs fois résumé Faivre. Un tempérament qui lui donne raison. Sur les pistes, il confirme année après année. Champion du monde Juniors en 2010, à tout juste 18 ans, il entre dans les 15 de sa première Coupe du monde deux mois plus tard. Bluffant !

La concurrence Pinturault, l’exclusion des JO

Mais un peu plus tard, les premiers doutes arrivent. La raison ? Un nouveau crack lui a “volé la vedette”. "J’étais en avance sur les autres et derrière Alexis (Pinturault) arrive et casse tout. J’ai eu l’impression d’être devenu un skieur lambda. Ça m’a mis en dedans à un moment. Ça me pesait de voir Alexis marcher aussi fort", confiera-t-il un jour.

 

Son arrivée au plus au niveau ne sera pas aussi rapide que prévu. Le déclic arrivera en 2016. En début d’année, l’Azuréen goûtera à ses deux premiers podiums et terminera quatrième du classement de géant. L’hiver suivant, il confirme. Première victoire à Val d’Isère, devant Marcel Hirscher. Un succès qu’il apprécie avec mesure et qu’il fêtera avec une bière, des sushis et en faisant un puzzle le soir dans sa chambre d’hôtel. "J’ai gagné, c’était un moment incroyable, mais ce n’était vraiment pas le moment pour fêter cette victoire. Il y a encore beaucoup de courses et donc du boulot devant moi". Du Mathieu Faivre tout craché dans le texte. En fin de saison, il terminera à la deuxième place au général derrière le maître incontesté de la discipline.

Sa route vers le sommet semble alors toute tracée. Mais, là encore, un élément viendra perturber sa trajectoire aux JO 2018 à PyeongChang (Corée du Sud). L’Isolien, déçu par sa septième place, lâche au micro : "le tir groupé collectif des Français ? Si vous saviez ce que j’en ai à faire, c’est vraiment le dernier de mes soucis. Je suis là pour ma pomme, pour faire ma course." Une réaction à chaud et pas franchement déplacée dans un sport individuel qu’il paiera au prix fort. David Chastan, le patron des Bleus décide de renvoyer le skieur pour "raison disciplinaire".

Faivre, alors en couple avec Mikaela Shiffrin, va faire un buzz mondial. "Je m’en suis pris plein la gueule pendant un moment. J’ai décidé de ne rien dire. Mais ce jour-là, Alexis a fait une médaille et on en a deux fois moins parlé", nous confiera-t-il plus tard.

 

Mathieu a dû digérer tous ces tumultes. Est-ce la raison de ses deux derniers hivers moins claquants (12e et 9e) ? Une chose est sûre, le géantiste n’a jamais voulu lâcher. Comme souvent, il s’est réfugié dans le travail. Et, aujourd’hui, à 29 ans, il est récompensé par le plus beau des métaux.

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