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Retour sur 60 années d’existence du Festival de télévision de Monte-Carlo

Le festival de télévision de Monte-Carlo, qui débute ce vendredi au Grimaldi Forum, fête ses soixante années d’existence. L’événement a su s’adapter aux évolutions de la petite lucarne.

Thibaut Parat Publié le 18/06/2021 à 10:30, mis à jour le 18/06/2021 à 11:14
La princesse Grace et Maria Callas en 1961. Georges Lukomski - Archives du palais de Monaco - IAM

Des kilomètres de tapis rouge où ont défilé des poids lourds de la télévision et du cinéma, des visionnages de milliers de programmes, des récompenses, des Nymphes d’Or à foison…

En soixante années d’existence, le Festival de télévision de Monte Carlo, qui débute ce vendredi dans l’antre du Grimaldi Forum, a accueilli du (très) beau monde. Il a surtout su s’adapter aux évolutions de la petite lucarne et aux habitudes de consommation.

"Au fil du temps, le festival s’est étoffé, laissant la place qu’ils méritaient aux studios et aux productions, accueillant les plateformes digitales, s’ouvrant grandement au public pour mieux promouvoir les programmes et mieux servir l’industrie", résume Laurent Puons, vice-président délégué du festival.

Retour en arrière.

 

Les années 60: l'ère des premières fois

1961. En bon visionnaire, le prince Rainier III crée le Festival de télévision de Monte Carlo. Une initiative insolite pour l’époque, certes, mais ambitieuse, motivée par le dessein qu’entrevoit le souverain pour la petite lucarne. "La télévision doit devenir cet art nouveau qui s’introduit partout, porteur d’un message de sincérité et de coopération", clamait-il alors.

De nombreux pays produisent des séries - appelées alors feuilletons - mais l’hégémonie est tenue par le trio France, États-Unis et Royaume-Uni : Ma sorcière bien-aimée ; Chapeau Melon et Bottes de cuir ; Thierry la Fronde.

Cette décennie-là, le téléviseur entre massivement dans le débat public, ouvrant les foyers sur le monde. Et la Principauté devient alors une vitrine avec ce rendez-vous annuel de janvier, où le gotha cinématographique - mais aussi ceux de la littérature, du journalisme et du cinéma - se presse : Maria Callas, Michèle Mercier, Claudia Cardinale, Marlène Dietrich, Goscinny sont de la partie

En 1964, les organisateurs introduisent un système de traduction simultanée. Plus tard, ils reçoivent en avant-première des programmes en couleur et assurent des démonstrations techniques inédites.

 

En 1966, la compétition reçoit 65 programmes, preuve que l’élite mondiale de la TV ne boude pas cette grand-messe monégasque. Un jury de téléspectateurs voit le jour et fait entendre la voix du grand public via un prix spécial.

Les années 70: la décennie de la mutation

L’après-68 conduit clairement à une libération de la parole et, plus que jamais, la télévision se veut le reflet d’une société en pleine mutation.

On ne la consomme plus uniquement le soir, mais toute la journée. C’est l’époque des combats pour l’égalité des races et des sexes, du phénomène Dallas et de la naissance des super-héros justiciers.

On n’oubliera pas, non plus, de citer les Charlie’s Angels, Starsky et Hutch, Vegas ou encore Mannix, dont le héros sera la tête d’affiche du festival en 1971.

L’année suivante, un tout jeune metteur en scène prometteur reçoit une mention spéciale pour son film Duel. Un certain… Steven Spielberg.

 

Lors de cette décennie, le festival, littéralement the place to be, a ses habitués et les demandes d’accréditations des journalistes affluent du monde entier.

Les émissions de télévision les plus réputées sont réalisées en direct, tous les jours depuis Monaco. Les programmes inédits sont acceptés et un colloque international de l’audiovisuel sera même organisé sur sept jours. Une mutation spectaculaire.

Les années 80: là où tout a changé

Cette décennie est marquée par l’émergence des télévisions privées et, de fait, d’une guerre de l’audience. Avec l’apparition de la télécommande et la tentation du zapping, il faut accrocher le téléspectateur en innovant sans cesse.

Grâce au festival, Monaco s’affiche comme le centre cathodique planétaire. L’endroit où l’on réalise l’état de l’art, où l’on débat de l’avenir télévisuel. Metteur en scène prolifique, John Frankenheimer préside le jury.

Sur le tapis rouge de la Principauté, on croise Fanny Ardant, Jeanne Moreau, Delbert Mann, Mel Ferrer, Alberto Sordi, James Coburn… Et bien d’autres encore. Le festival se transforme en un immense studio TV.

En 1982, l’INA y organise aussi trois jours de conférences autour des générations de nouvelles images, de nouveaux produits, de nouveaux services. Pour faire simple, on y parle images de synthèse et effets spéciaux.

 

En 1984, la chaîne américaine TBS réalise son émission en direct de Monaco grâce à la première transmission aller-retour par satellite entre la Principauté et Atlanta (État de Géorgie).

Plus tard, pour répondre à une demande croissante de business, le festival crée le Marché international du cinéma, de la télévision et de la vidéo.

Pionnier une nouvelle fois.

Les années 90: l'âge d'or de la télévision

La guerre de l’audimat entre les chaînes privées, le carton des programmes de variétés, un paysage audiovisuel qui s’étoffe, la naissance de chaînes d’information

Michaël Douglas, présent en 2019 mais aussi dans les années 90. Archives Monaco-Matin.

Durant cette décennie, la télévision est toute-puissante. Côtés séries, la grande tendance est aux dramas, sombres et réalistes. La satire s’invite aussi avec South Park et The Simpsons, tout comme les (interminables) soap-operas. Cet âge d’or du petit écran a, forcément, des retombées pour le festival qui n’a jamais connu un tel engouement médiatique.

Les salons de visionnage ne désemplissent pas au Loews Hôtel. Monte Carlo est devenu le carrefour des nouvelles idées qui animent une industrie désireuse de faire du business. On assiste d’ailleurs à la naissance des premières coproductions américano-européennes. Et les VIP, bien sûr, continuent d’user le tapis rouge.

Le XXIe siècle : deux décennies de révolution

"Révolution". Le terme pour qualifier les deux décennies qui nous précèdent dans le milieu de la télévision n’est guère galvaudé. Du DVD au développement du câble et de la TNT en passant par les plateformes de streaming, on consomme différemment et abondamment. Dans les années 2000, les séries accaparent les grilles de chaîne de télé de façon outrancière. Desperate Housewives, Sex and the City, Dr House, NCIS, 24 Heures Chrono, Prison Break, Lost, Heroes… La liste est longue.

 

Et ces poids lourds d’audience débarquent tous à Monaco, dans l’enceinte du Grimaldi Forum, pour opérer leur lancement sur le Vieux continent. Parfois pour des avant-premières. À Monte-Carlo, la téléréalité, repère du divertissement, est même l’objet de conférences. Les professionnels débattent de l’avenir de la télé en pleine mutation.

En parallèle, les événements publics pullulent pour que les fans approchent de près les stars de leurs séries fétiches.

La dernière décennie, elle, marque l’avènement de nouveaux modes de consommation : replay, streaming ou téléchargement sur Internet. L’offre se multiplie, notamment via Netflix, Amazon Prime Video. Ce sont les nouveaux acteurs du paysage audiovisuel. Et la compétition des Nymphes d’Or est le reflet de cette conjoncture : elle n’a eu de cesse d’évoluer.

Archives Monaco-Matin.

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