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L'acteur danois Nikolaj Coster-Waldau joue au président à Canneseries

L’acteur danois, mondialement connu pour son rôle de Jaime Lannister dans Game of Thrones, est le président des séries longues en compétition de Canneseries.

Mathieu Faure Publié le 11/10/2021 à 19:00, mis à jour le 11/10/2021 à 18:56
Nikolaj Coster-Waldau, président du jury des séries longues en compétition à Canneseries. Franz Chavaroche / Nice Matin

On peut être régicide, amputé d’une main, avoir une relation amoureuse avec sa sœur jumelle et être une icône mondiale. C’est un peu l’histoire de Jaime Lannister, personnage incontournable de la série événement de HBO Game of Thrones. Jaime, au départ, n’existe qu’à travers les mots de George R. R. Martin, l’auteur des livres cultes qui vont inspirer la série. Puis HBO jette son dévolu sur Nikolaj Coster-Waldau, cet acteur danois, beau, magnétique, au léger chuintement dans la voix et à la mèche parfaite. Coster-Waldau est un acteur qui tourne déjà avant GOT. Ridley Scott l’envoie au front dans La chute du Faucon Noir, il donne même la réplique à Agnès Jaoui et Michel Serrault, début 2002, dans Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Mais c’est son rôle au sein de la garde royale de l’épopée GOT qui va tout changer car, depuis, Coster-Waldau ne s’appartient plus lui-même, il est Jaime. Un personnage mythique comme seules les séries HBO savent en faire: Omar, Tony Soprano, Vernon Schillinger, Rustin S. Cohle. C’est pourtant sans lien avec Jaime que le Danois est sur Cannes et pour cause, il est LE président du jury série longue. Un rôle royal qu’il prend par le prisme de la curiosité

Qu’est ce qui vous plaît dans le processus d’appartenir à un jury de festival de séries?

C’est agréable de découvrir des choses, des séries que je n’aurais sans doute jamais regardées. Qui aurait pensé aujourd’hui qu’une série sud-coréenne comme Squid game serait la plus populaire du monde? Je suis curieux de découvrir ce que la Russie, la Serbie, Israël ou la France sont capables de produire comme séries.

 

Vous avez déjà mentionné Squid Game lors de votre discours inaugural, en quoi cette série est-elle marquante?

Il y a beaucoup de concepts qui se mélangent, ce n’est pas seulement une question de survie, il y a quelque chose qui m’a rappelé le film Parasites et la manière dont on s’adapte à notre monde, comment on gère les inégalités permanentes. On peut rapidement perdre notre humanité dans certains cas et je trouve que cette série est très inspirante dans la manière de le montrer.

Quel genre de président de jury êtes-vous?

Un dictateur (rires). On a tous nos propres goûts mais on a un jury éclectique, différent, complémentaire. On se parle beaucoup, on échange, je suis un président démocratique. Je suis avant tout un téléspectateur classique. Suis-je surpris par le scénario? Est-ce que c’est original? Qu’est-ce que cela veut dire? Peu importe comment mais ça doit vous toucher, vous transporter.

Vous êtes Danois et de nombreuses séries danoises connaissent un immense succès comme The Killing, Bron, pourquoi?

Ce n’est pas propre au Danemark, toutes les séries scandinaves connaissent un vrai succès maintenant. Mais c’est grâce à des plateformes comme Netflix, aussi, qui permettent d’inonder le monde entier avec des séries locales. Quand j’ai commencé à être acteur, il y a près de 30 ans, la télévision était le mouton noir de la profession. Tout a changé aujourd’hui et de plus en plus de noms célèbres se tournent vers la télévision et ça aide à démocratiser cet art. Aujourd’hui, une série peut marcher dans le monde entier même si les dialogues ne sont pas en Anglais, Squid game en est la preuve. Ce festival en est la preuve également car j’ai regardé des séries dans des langues que je ne connais pas: russe, serbe, israélien mais ça marche parce que l’histoire humaine est la même peu importe le langage. C’est une expérience humaine avant d’être une expérience linguistique.

 

Quelle série vous a plus récemment?

May I destroy you, c’était incroyable.

Est-ce facile de vivre avec le personnage de Jaime Lannister?

C’était une grande expérience, exceptionnelle même. La façon dont le show a eu un impact mondial était incroyable. C’est un don. Quand on me l’a présenté, j’ai tout de suite su que Jaime était un personnage incroyable, sombre, ennemi de la paix. J’ai voulu savoir comment il allait évoluer malgré tout. Je ne sais pas pourquoi, tout s’est bien goupillé avec Game of Thrones, on parle d’une décennie de tournage mine de rien.

Qu’avez-vous appris de ce personnage?

La série a été un événement mondial, ça nous a échappé mais on a passé tellement de temps sur cette série, on a mûri, on a grandi, on a appris tellement de choses en dix ans. Je reste marqué à vie par ce rôle et c’est normal. Même entre nous, les acteurs, les équipes, on a créé quelque chose, un lien, qui ne disparaît jamais.

Etes-vous heureux de l’évolution de votre personnage avec le temps?

 

Oui, et finir, amoureux, sous les gravats, était la fin parfaite (rires).

Jaime est un régicide, en couple avec sa sœur, un traître, comment expliquez-vous qu’il soit, malgré tout, un gars sympa?

Il a brisé son serment, oui, mais ce n’est pas un vrai traître. Prenons, par exemple, le régime cambodgien. Si un proche de Pol Pot l’assassine avant qu’il ne commette ses atrocités, parlerions-nous toujours d’un traître? C’est une question de contexte. On comprend, avec le temps, pourquoi Jaime a brisé son serment. Beaucoup de personnes sont persuadées de faire les bonnes choses. On est tous persuadés d’être des gens biens, non? En majorité. Mais, parfois, si on fouille bien, on fait des choses immorales, contraires à nos valeurs. J’ai toujours essayé de comprendre Jaime.

Il y a 20 ans, vous avez tourné un film sur la Côte d’Azur avec Agnès Jaoui et Michel Serrault, , quels souvenirs en gardez-vous?

On avait tourné à Nice et Menton. C’était drôle car j’avais rencontré le réalisateur à Londres, le script était en anglais, ça me plaisait et je dis que ça me plaît mais que je ne parle pas Français alors qu’il était persuadé du contraire (rires). Je me souviendrai toujours de ce tournage car le dernier jour de tournage, je prends l’avion pour rentrer à Copenhague et je me retrouve dans un taxi à écouter les événements du 11 septembre. Ça vous marque.

Quels rôles avez-vous envie de jouer aujourd’hui?

Je n’ai pas de souhaits particuliers, ce qui m’importe c’est le personnage. Le scénario. Je viens de jouer un explorateur du début du XXe dans Against the Ice, c’est quelque chose de différent, je ne coche pas des cases en me disant qu’il faut que je joue Hamlet au moins une fois.

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