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"La Servante écarlate": la série portée par Elisabeth Moss est une immense claque visuelle

Mis à jour le 24/06/2020 à 15:30 Publié le 24/06/2020 à 17:00
Elisabeth Moss dans "The Handmaid’s Tale".

Elisabeth Moss dans "The Handmaid’s Tale". Copyright tmdb

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"La Servante écarlate": la série portée par Elisabeth Moss est une immense claque visuelle

Visuellement bluffante et suffocante par moments, la série basée sur le livre de Margaret Atwood est une véritable claque cathodique.

La mode est à la dystopie. En littérature, cela fait près d’un siècle que certains auteurs se sont lancé dans ces récits utopiques qui virent rapidement au cauchemar.

Les précurseurs s’appellent alors Jack London (Le Talon de fer, sorti en 1908), Ievgueni Zamiatine (Nous autres, 1920), George Orwell (1984 en 1949), Ray Bradbury (Fahrenheit 451, 1953), Philip K. Dick (Le Maître du Haut Château, 1962), Pierre Boulle (La Planète des singes, 1963) ou encore Harry Harrison (Soleil vert, 1966). Un courant littéraire sur lequel va surfer Margaret Atwood en 1985 avec son brillant La Servante écarlate.

Des œuvres facilement transposables à l’écran, cinéma ou télévision, car la matière est dense, stressante, oppressante et souvent universelle. C’est le cas pour La Servante écarlate adaptée par Bruce Miller et qui, au fil de cinq saisons, a littéralement breveté un style.

Avant de s’attarder sur la qualité visuelle de la série –une immense claque esthétique – l’histoire en elle-même est d’une rare violence.

Une résistance psychologique et physique

Dans un monde actuel complètement chamboulé par le dérèglement écologique, la reproduction humaine est devenue le bien le plus précieux des USA transformés en une dictature qui ne dit pas son nom.

Dès lors, on assiste à la prise de contrôles des femmes qui se retrouvent, de facto, classées en trois catégories: les épouses, les Marthas (sorte de domestiques) et les Servantes. Ces dernières sont utilisées dans un seul but: enfanter, car ce sont les seules encore fécondes.

C’est ainsi que June (divinement jouée par Elisabeth Moss) se fait enlever et priver de mari et enfant pour devenir une pondeuse pour le compte d’un commandant et de sa femme.

June devient alors «deFred» pour marquer son appartenance à son nouveau maître, le commandant Fred Waterford (Joseph Fiennes).

Toutes les servantes sont habillées de rouge et leurs libertés –d’aller et venir, de s’exprimer, de lire, d’aimer, de faire l’amour par plaisir– sont interdites et/ou strictement encadrées. June est là pour donner un enfant à ses maîtres. Et rien d’autre. Autour d’elle, des hommes armés à chaque coin de rue qui n’hésitent pas à tuer et lapider en public pour faire passer des messages.

Sublimer l’atrocité

C’est donc l’histoire d’une résistance psychologique d’abord, physique ensuite, pour empêcher cette déshumanisation, cette folie. Au cœur d’un système qui systémise le viol au nom de l’État, June va devoir trouver les ressources pour survivre tout en recherchant son bien le plus précieux: sa fille.

Commentée par une voix off –celle de June– la série s’attarde sur son évolution au sein de La République de Gilead, cette dictature théocratique qui a pris la suite des USA.

Et là, dans cet univers dépourvu d’amour, de chaleur humaine, de rire et même de plaisir, Bruce Miller a réussi l’immense prouesse de rendre la série d’une beauté inimaginable. A-t-on déjà vu quelque chose d’aussi atroce porté d’une manière aussi belle à l’écran? Sans doute pas.

Les détails visuels sont d’une efficacité redoutable, l’usage du contrechamp, la manière de filmer les visages d’aussi près, l’utilisation des couleurs vives dans un décor neutre, la lumière. Oh oui, le travail sur la lumière frôle le génie.

Elisabeth Moss bluffante

Ce qui donne à l’ensemble un sentiment de perfection que les récompenses amassées en route n’ont fait que confirmer. On a rarement vu une série aussi pointilleuse et pure d’un point de vue visuel.

Et puis il y a Elisabeth Moss, pourtant une habituée des séries à succès (Mad Men, à la Maison Blanche) et brillante dans The Square, Palme d’Or à Cannes, qui subjugue le rôle de June et donne à la série une épaisseur unique. En 2017, elle reçoit d’ailleurs un Emmy Award pour le rôle de June.

Surtout, The Handmaid’s Tale confirme cette tendance qui consiste à porter à l’écran des rôles féminins d’une puissance incroyable. Car avec June, Carrie Mathison (Homeland), Michonne (The Walking Dead), Claire Underwood (House of Cards) et surtout l’univers de Game of Thrones (Arya, Sansa, Cersei, Daenerys), on a la confirmation que les femmes ont pris le pouvoir dans les séries télés.


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