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INTERVIEW. Sonia Rolland ("Tropiques Criminels" saison 2) : "Mon personnage devient plus badass"

Mis à jour le 17/02/2021 à 19:04 Publié le 17/02/2021 à 19:02
Sonia Rolland incarne Mélissa Sainte-Rose dans cette série tournée en Martinique.

Sonia Rolland incarne Mélissa Sainte-Rose dans cette série tournée en Martinique. Photo Sylvie Castioni/Best Image

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INTERVIEW. Sonia Rolland ("Tropiques Criminels" saison 2) : "Mon personnage devient plus badass"

Sonia Rolland rempile pour une deuxième saison de "Tropiques criminels", dans le rôle d’une commandante de police stricte associée à une capitaine imprévisible, en Martinique. Diffusion vendredi 26 février à 21 h 05, sur France 2.

Le tournage de la saison 2 de Tropiques criminels n’aura pas été de tout repos pour Sonia Rolland. Décalé de plusieurs mois en raison de l’épidémie, il s’est déroulé entre juillet et octobre, sous une chaleur et une humidité écrasantes.

Et pour couronner le tout, une partie de l’équipe, dont l’ancienne Miss France, a été touchée par la dengue.

Rentrée en métropole et remise de ces émotions, celle qui incarne Mélissa Sainte-Rose - une commandante très carrée arrivée en Martinique avec ses deux ados, contrainte de faire équipe avec Gaëlle Crivelli (Béatrice de La Boulaye), une flic aux méthodes peu conventionnelles -, nous explique de quelle manière la série va évoluer.

Les téléspectateurs guetteront certainement tout cela avec attention. Lors de la saison 1, ils étaient en moyenne 3,9 millions devant chacun des huit épisodes.

Selon vous, qu’est-ce qui fait le sel de Tropiques criminels ?

Cette série réunit tellement de choses, entre les enquêtes, l’humour et les faits de société. On évoque quand même des sujets comme la prostitution des hommes, le viol, l’avortement... Tout ça sur une île où la religion est encore prédominante. C’est aussi une occasion incroyable de mettre en avant la diversité, les minorités visibles, dans une distribution hyper gratifiante, avec des enjeux forts. C’était une promesse du service public, on est en train de vivre une évolution à ce niveau.

Au départ, que vous inspirait l’idée de tourner en Martinique ?

La première fois que j’ai rencontré le producteur, j’avais peur de me retrouver à sept mille kilomètres de mes enfants. Heureusement, je suis très organisée, j’ai entièrement confiance en ma nounou, que je considère comme un membre de la famille. Et puis maintenant, j’ai mes habitudes à Sainte-Luce, où nous logeons. Si on tourne une troisième saison, mes enfants viendront. La plus grande, qui est ado, traîne un peu des pieds, parce qu’elle ne veut pas rester loin de ses potes. Mais la petite de dix ans trouve ça génial. Elle se dit qu’elle ira à l’école le matin et à la plage l’après-midi ! La qualité de vie en Martinique est quand même sans commune mesure...

La Mélissa Sainte-Rose rigide que vous incarniez dans la saison 1 va-t-elle se transformer ?

Je voulais vraiment faire évoluer ce personnage. Être dans un rôle d’autorité, un peu corseté, ça m’enchantait au départ, parce que ça servait l’histoire. Elle arrivait sans rien connaître de ses origines créoles, elle devait composer avec une capitaine qui lui donnait du fil à retordre, avec deux ados pas très contents de débarquer sur l’île... Mais dans la deuxième saison, on sent qu’en l’absence de Crivelli, elle a pris ses marques. Elle est beaucoup plus libérée de ses fonctions d’autorité, elle fait équipe avec les autres.

Dans l’esprit des buddy movies, votre personnage et celui de Gaëlle Crivelli cohabitent tant bien que mal...

Mélissa et Gaëlle s’admirent, finalement. Il y a une complicité qui va naître. Mélissa se rend compte que Gaëlle a le don d’énerver tout le monde, témoins et suspects compris. C’est un peu le poil à gratter qui détourne l’attention. Et Mélissa peut se concentrer sur les détails, que les autres ne voient pas. Tout en replaçant toujours le curseur au bon endroit. Dans la deuxième saison, Mélissa devient plus badass. Gaëlle, elle, est plus dans la prise de conscience, elle tend vers la maturité.

L’ex-mari de Mélissa, joué par Arié Elmaleh, va débouler sur l’île...

Arié, c’est la très bonne surprise. Il faut être alerte, il adapte souvent les textes. Il a réussi à faire de son personnage quelqu’un de très tendre, alors qu’au début, il devait juste être loufoque.

Denis Thybaud et Lionel Chatton se sont partagé la réalisation des huit épisodes. Chacun a-t-il sa patte ?

Oui, chacun a univers bien distinct. Denis maîtrise vraiment la comédie et tout ce qui fait le charme des quatre premiers épisodes de la saison 2. Dans la deuxième partie, Lionel a amené un côté plus mental. Il se joue des choses un peu plus tendues. Vous verrez, le dernier épisode est assez singulier...

Vous les avez ‘‘espionnés’’ pour vos futurs projets ?

Je regarde toujours ce qui se passe autour de moi, je pose plein de questions aux techniciens. En fait, je me considère en formation continue. ça me nourrit en tant que comédienne, mais aussi en tant que réalisatrice (lire ci-dessous).

Une série sur sa vie en projet

Sonia Rolland a déjà réalisé plusieurs documentaires, notamment sur le Rwanda, son pays natal, et un court-métrage, Une vie ordinaire (2015).

La sienne est loin de l’être, et elle a décidé d’en faire le matériau de base d’une fiction, qu’elle réalisera. Mother Production (Dix pour cent) a décidé de suivre, reste maintenant à convaincre des chaînes ou une plateforme de streaming.

Elue Miss France 2000 à l’âge de dix-huit ans, Sonia Rolland a planché sur le scénario en compagnie de Fadette Drouard (Papicha, Patients), "une femme hypersensible, qui vient de province, comme moi. Cela donnera une histoire assumée, honnête".

Selon elle, sa victoire dans ce concours avait marqué un changement.

"J’étais la première Miss d’origine africaine. L’époque paraissait beaucoup plus légère. Il était possible de rêver à une France black-blanc-beur, après la Coupe du monde 98. J’ai vraiment vécu une période incroyable. Il y avait une effervescence autour du mot ‘‘diversité’’ qui faisait vraiment du bien."

Très vite, pourtant, le ton a changé.

"Après le 11-Septembre, la défiance à l’égard des musulmans a commencé à créer une polarisation des discours. Petit à petit, tout ce qu’on avait créé, avec une vague hyper légère, urbaine et rassembleuse, a commencé à se diluer."

Archive Franz Chavaroche
Engagée avec La Fabrique Nomade

L’année 2021 marque les vingt ans de la création de Maïsha Africa, l’association de Sonia Rolland venant en aide aux orphelins du Rwanda. En parallèle à cet engagement, elle est récemment devenue la marraine de La Fabrique Nomade.

Fondée par Inès Mesmar, l’asso veut valoriser et favoriser l’insertion professionnelle des artisans réfugiés et migrants.

"Il en résulte souvent des histoires magnifiques, comme cette Iranienne qui a intégré l’atelier Dior. Avant cela, elle faisait des ménages pour vivre. On a pris en compte son savoir-faire, on lui a proposé une formation pour approfondir ses connaissances et elle a décroché un CDI", assure Sonia Rolland.

Offre numérique MM+

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