Avec sa nouvelle série sur la guerre de 14-18 "Les Combattantes", TF1 vise très haut, une vraie réussite

Inspirée du succès de fabrication du "Bazar de la charité", "Les Combattantes" est LA série de la rentrée de TF1, en s’appuyant sur les mêmes ingrédients: gros casting, grosse production. Une pure réussite, à voir dès lundi 19 septembre.

Mathieu Faure mfaure@nicematin.fr Publié le 19/09/2022 à 15:00, mis à jour le 19/09/2022 à 14:02
interview
"Les Combattantes". Photo TF1

TF1 n’a pas fait les choses à moitié pour sa grande série de la rentrée. Après le succès du Bazar de la Charité diffusé en 2019, la première chaîne d’Europe a monté le curseur avec Les Combattantes. Même équipe – Alexandre Laurent derrière la caméra, Audrey Fleurot, Camille Lou, Julie de Bona au casting – mais avec un projet encore plus dense: raconter les premiers jours de la guerre de 14-18 à travers le regard de quatre femmes (Sofia Essaïdi rejoignant le trio féminin). Quatre destins qui vont basculer dans l’horreur de la Grande Guerre.

Ainsi, on retrouve Audrey Fleurot en Marguerite, prostituée venue de Paris pour se rapprocher du front de l’Est, dans les Vosges; Julie de Bona prête ses traits à Mère Agnès, une mère supérieure de Saint-Paulin, un couvent à l’orée du champ de bataille; Camille Lou est Suzanne, une jeune infirmière poursuivie par la police qui se retrouve par hasard à l’hôpital militaire de Saint-Paulin; enfin, il y a Sofia Essaïdi en Caroline, l’épouse d’un riche industriel appelé au front et qui doit, pour survivre, reprendre en main l’usine familiale.

L’espoir dans l’horreur

Ces quatre femmes vont être amenées à se croiser dans l’horreur du début de la guerre. "Je voulais raconter l’espoir avec le souffle de ces quatre femmes car cela permet de ne pas raconter l’horreur, c’est du drame aventure, on parle d’optimisme", lance Alexandre Laurent, le réalisateur. "Quand on est réalisateur, on est un compétiteur. Et faire des films de guerre, ça fait partie des choses que l’on a envie de faire une fois dans sa carrière. Avoir la chance de poser un œil sur une partie de l’histoire de France, c’est valorisant", poursuit Laurent.

Adossée à un budget colossal et des moyens hors normes pour une création française (lire par ailleurs), la nouvelle série phare de TF1 se consomme comme une œuvre cinématographique. Rythme dense, décors naturels la moitié du temps, des costumes à la pelle, la Grande Guerre, rarement traitée au cinéma ou en fiction, n’a jamais été aussi bluffante à l’écran. On ressort du pilote comme sonné, un peu à l’image de la première demi-heure du Soldat Ryan de Steven Spielberg.

 

La série est une franche réussite visuelle, musicale, mais aussi d’écriture. Surtout, elle se démarque par la qualité de son casting. En plus du carré d’As féminin qui, comme dans Le Bazar de la Charité, nous tient en haleine, les seconds rôles sont très nombreux et tous réussis: Yannick Choirat, Florence Loiret-Caille, Eden Ducourant, Tchéky Karyo, Maxence Danet-Fauvel, Laurent Gerra, Vincent Rottiers, Tom Leeb, Sandrine Bonnaire, Grégoire Colin.

Série chorale par excellence, la création de TF1 ne laisse rien au hasard et démontre que la première chaîne sait, quand il le faut, sortir de son confort pour proposer des séries historiques majeures. Le Bazar de la Charité, qui s’arrêtait sur l’incendie dévastateur du Bazar en mai 1897 avec 120 morts à la clé, avait donné le "la" pour ce genre de projet.

Les Combattantes permet à TF1 de monter d’un niveau car esthétiquement, déjà, l’œuvre de huit épisodes peut regarder dans les yeux Germinal ou Peaky Blinders. Une vraie belle réussite qui attend son public.

>> Les Combattantes, ce lundi, à 21h10, sur TF1.

Julie de Bona: "C’est important que ça marche"

Qu’est-ce qui vous a plu dans le rôle de Mère Agnès?

 

Quand on m’a proposé le rôle de la mère supérieure, j’ai été très étonnée car ce n’était pas l’évidence. Je devais trouver cette austérité que j’imaginais, tout ce qui est autour de la religion, les dogmes, les règles, je devais me plonger dans cette institution pour rentrer dans ce rôle. Et puis, avec l’époque, la guerre qui les fauche, c’est une femme comme une autre qui est au milieu de la guerre et tout va exploser, elle va douter de sa foi, remettre en cause la religion. Peu importent tes croyances de base, la guerre change tout, c’est la vie et la mort au pas de ta porte.

La série d’époque se fait rare à la télévision. Sentez-vous une forme de pression?

Je n’ai pas la pression de l’audience car on est plusieurs à l’affiche, donc on partage cette charge, c’est extraordinaire. Je ne sais pas si ça va marcher mais il n’y a pas de règles. C’est important que ça marche en revanche, ça donne un élan à la création française. On va parler de la condition de la femme d’il y a cent ans et c’est important de défendre ce combat.

Alexandre Laurent: "Pas une scène simple à tourner"

Réalisateur du Bazar de la Charité, Alexandre Laurent a remis ça avec Les Combattantes. Une série bluffante. "Je trouve que ça a de la gueule", lance-t-il en préambule.

C’est un projet pharaonique. Quel regard portez-vous dessus?

J’ai un rapport assez froid à ce projet, car on a commencé l’aventure en février 2020. C’est titanesque, j’ai imaginé ça comme un film de huit heures. On a le temps de développer les personnages.

Vous retrouviez beaucoup d’actrices du Bazar de la Charité. Qu’est-ce que ça change?

Il n’y avait pas l’angoisse d’apprivoiser un acteur ou une actrice. Là, je savais où j’allais. Quand humainement, avec un acteur c’est compliqué, c’est chiant car on doit prendre des détours pour expliquer les choses. Je connaissais toutes les filles, ça avait parfaitement marché sur Le Bazar de la Charité, on a gagné du temps.

En quoi est-ce un projet hors norme?

On a tourné la moitié de la série en extérieur et dans les Vosges, le temps était changeant constamment. Il a fallu s’adapter. On était dehors sur une scène avec tous les soldats et leurs baïonnettes et il y avait des éclairs, on a tout arrêté (rires). C’était une aventure humaine de dingue, car la série d’époque a ce quelque chose en plus. C’était un projet lourd, il n’y avait pas une scène simple. Sur le cantonnement, quand on suit un personnage, il y a 150 figurants autour, et dix jours avant c’était un champ vide. On avait envie de faire aussi bien que Le Bazar de la Charité, on n’avait pas le droit de le foirer. Au tout début du projet, j’étais très tendu, la pression s’est envolée petit à petit. Quand on a 95 jours de tournage, le premier jour est très difficile car on part d’une feuille blanche… Et comme j’avais participé à l’écriture, j’étais stressé.

 

Sofia Essaïdi: "Une trajectoire de libération"

Étiez-vous attirée par les projets d’époque?

Il y a ce fantasme d’aller visiter une époque que je ne connais pas, et puis je prends beaucoup de plaisir à en regarder donc ça m’a plu d’entrée de me lancer dans une série d’époque.

Vous n’étiez pas au casting du Bazar de la charité, comment prendre le train en marche?

Il y avait une équipe en place, avec les trois filles qui jouaient dans le Bazar et les équipes techniques, et tu arrives dans une famille qui se connaît et c’est facile de bosser dans un tel cadre.

Pourquoi avoir accepté le personnage de Caroline?

Ce qui m’a touchée le plus dans le rôle de Caroline, c’est sa trajectoire. Une trajectoire de libération, je voulais raconter l’enfermement de la condition de femme à tous les niveaux car je suis dans la bourgeoisie. Cela me permet de raconter autre chose, c’est une forme de libération intérieure. Comment on réussit à s’affranchir, à s’accepter, à s’imposer. Ça me plaît de jouer ce genre de femme, qui est obligée de s’émanciper quand son mari est happé par la guerre.

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