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Antonio Fargas au Festival TV de Monte-Carlo: "On a perdu l'innocence"

Mis à jour le 20/06/2017 à 11:38 Publié le 20/06/2017 à 05:34
Huggy les bons tuyaux donne rendez-vous aux téléspectateurs français dans Cherif saison 5.
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Antonio Fargas au Festival TV de Monte-Carlo: "On a perdu l'innocence"

Outre son rôle mythique d'Huggy les bons tuyaux dans Starsky et Hutch, l'acteur américain est également le témoin de l'évolution de la télé et de son ouverture aux minorités. Confidences

 

Son nom apparaît au panthéon du tube cathodique sous le sobriquet mondialement populaire de Huggy les bons tuyaux. Mais à 70 ans l’inoubliable indic’ de Starsky et Hutch, Antonio Fargas, pèse bien plus lourd que ce seul rôle. Pionnier du mouvement Blaxploitation dans les années soixante-dix, il ne cache pas sa fierté d’avoir fait bouger les lignes, notamment en jouant un travesti dans le film Car Wash (Michael Schultz, 1976). Présent au Festival de télévision de Monte-Carlo, hier, pour assurer la promotion de la série policière française Cherif – où il apparaît au casting de la saison 5 – l’attachant Huggy s’est épanché sur ces questions de société tout en rappelant son histoire d’amour avec la France. «Elle a commencé à mes 18 ans, lorsque j’ai fait une tournée avec la pièce The Amen Corner et me suis arrêté au Châtelet à Paris.» Rappelant aussi avoir tourné pour Louis Malle dans La petite (1978) ou le téléfilm La belle anglaise aux côtés de Daniel Ceccaldi dans les années 80, jusqu’à être comparé à...Jean-Paul Belmondo! «Tout le monde pensait que mon personnage, très vivant, rappelait son jeu.»

Votre histoire d’amour avec la France se poursuit puisque vous serez au casting de la saison 5 de Cherif (France 2). Comment avez-vous atterri dans ce projet?
Lionel Olenga (co-créateur) est venu à Beverly Hills me proposer ce rôle et ça a marché puisque me voilà!Il voulait que Cherif [joué par Abdelhatif Metalsi, ndlr] rencontre Huggy les bons tuyaux dans un épisode. Ils ont eu l’idée parce que quand je jouais ce personnage dans Starsky et Hutch, je rencontrais des policiers, même en France, qui me disaient: “Je suis devenu policier grâce à vous”. Dans Cherif, l’acteur principal a grandi en regardant la série et, comme il est nostalgique, il pense toujours à ça. Dans cet épisode, il a des épreuves personnelles à surmonter et je lui apparais.Je l’aide à résoudre ces problèmes comme j’aidais Starsky et Hutch.

Vous avez eu carte blanche pour retoucher le script?
L’acteur s’approprie toujours le script. J’ai rajouté des éléments, mais ce que j’ai aimé dans cette expérience, c’est de regarder Abdelhafid Metalsi. C’est vraiment un très bon acteur, comme l’étaient David (Soul, Hutch) et Paul (Michael Glaser, Starsky). Il se préoccupe vraiment de la série et de son personnage. De la même façon que David et Paul se battaient pour rendre le scénario sérieux et pas seulement drôle. C’est un peu la même chose avec la distribution : ils aiment vraiment leur série. On a fini le tournage il y a quelques jours et l’équipe et les réalisateurs m’ont applaudi pendant trois minutes. (Il a la larme à l’œil.) ça m’a beaucoup ému parce que ça signifie qu’ils ont vraiment apprécié ce que j’ai apporté.

Cette marque de respect n’est d’autant pas anodine que, dans les années soixante-dix, vous vous êtes battu pour que les acteurs afro-américains occupent une place à part entière…
Abdelhafid m’a rappelé qu’Huggy les bons tuyaux faisait partie d’une minorité.Faire rentrer cet afro-américain dans la police française est particulier aussi.
Abdelhafid se bat non seulement pour ceux en quoi il croit mais il est aussi capable d’apporter quelque chose de particulier à la culture française.Cela me ressemble.

De vos débuts à Broadway à aujourd’hui, avez-vous l’impression de faire toujours le même métier ?
Les choses ont beaucoup changé. On a perdu l’innocence.On n’est plus capable de rêver.Lorsqu’on jouait Starsky et Hutch, il y avait une part de fantaisie. Aujourd’hui, il s’agit beaucoup de réalité. En ce sens, ça a changé.Par contre, il y a plus d’opportunités pour tous les acteurs, y compris les minorités. Les problèmes sociaux sont aussi bien plus abordés. Par exemple j’ai joué un travesti dans Car Wash et très peu de gens osaient jouer les homosexuels à l’époque. Il fallait beaucoup de courage.Maintenant, tout le monde veut le faire.Ellen DeGeneres et tous les gens qui osent dire qu’ils sont différents ont été aidés par ceux qui sont venus avant. Je suis fier d’être de ceux-là.

Ce manque de courage et de fantaisie est-il à l’image de la société actuelle?
On ne manque pas seulement de ça mais surtout d’une fibre morale et spirituelle.Tout le monde en a besoin.Quand je regarde la télé des années 70, son innocence et sa différence, il me semble que c’était rafraîchissant.J’espère qu’il y aura plus de séries, comme Cherif, qui évoqueront cette période de l’histoire sociale et télévisuelle.


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