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La Corée du Nord affirme avoir réalisé un second tir d'essai de missile hypersonique

Le leader nord-coréen Kim Jong-un a personnellement supervisé l'essai réussi d'un missile hypersonique, le second test de ce type de la part de Pyongyang en moins d'une semaine, ont rapporté mercredi les médias d'Etat.

AFP Publié le 12/01/2022 à 06:40, mis à jour le 12/01/2022 à 06:30
Une photo diffusée le 12 janvier par l'agence nord-coréenne KCNA montre le leader nord-coréen Kim Jong Un (à droite) supervisant ce qui est présenté comme un essai de missile hypersonique Photo AFP

Le missile transportant une "ogive planante hypersonique" a touché une "cible en mer à 1.000 km de distance", a déclaré KCNA, ajoutant que cet essai avait confirmé "l'excellente maniabilité de l'unité de combat hypersonique".

Des photos mises en ligne sur le site internet de Rodong Sinmun, le journal officiel du Parti des travailleurs, au pouvoir, montrent le tir du missile, à l'aube, sous le regard du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un entouré d'hommes en uniforme militaire.

"Progrès"

La défense sud-coréenne a estimé que ce tir avait atteint une vitesse hypersonique et attestait clairement de "progrès" par rapport à celui de la semaine dernière.

 

Selon le rapport de KCNA, le véhicule hypersonique a "effectué un vol plané à partir d'une zone de 600 km avant d'effectuer un vol en vrille sur 240 km".

Les missiles hypersoniques atteignent généralement Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son, voire plus. Ils sont plus rapides et plus maniables que les missiles standard, ce qui les rend plus difficiles à intercepter pour les systèmes de défense, pour lesquels les États-Unis dépensent des milliards de dollars.

D'autres images du Rodong Sinmun montrent le missile décollant à l'aube dans un nuage de feu, et Kim discutant avec des officiels en uniforme. Il s'agit du troisième essai nord-coréen d'un missile hypersonique à vol plané, après celui de septembre 2021 et celui de la semaine dernière, alors que le pays cherche à ajouter cette arme sophistiquée à son arsenal.

"La présence de Kim Jong Un à l'essai suggère que le missile hypersonique a atteint un niveau d'achèvement satisfaisant", a déclaré Lim Eul-chul, professeur d'études nord-coréennes à l'université Kyungnam de Séoul.

Photo prise le 11 janvier 2022 par l'agence nord-coréenne KCNA montrant ce qui est présenté comme le leader nord-coréen Kim Jong Un regardant avec des jumelles le lancement d'un missile hypersonique, depuis un lieu inconnu en Corée du Nord Photo AFP.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong Un il y a dix ans, la Corée du Nord a fait progresser rapidement sa technologie militaire. Les missiles hypersoniques font partie des "premières priorités" du plan quinquennal de la Corée du Nord, avaient annoncé les médias d'État l'an dernier.

Le projectile a été tiré au moment d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies à propos des programmes d'armement de Pyongyang.

Le porte-parole du département d'État américain, Ned Price, a déclaré que ce lancement "viole de multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies".

 

Impasse

Photo prise le 11 janvier 2022 par l'agence nord-coréenne KCNA montrant ce qui est présenté comme le lancement d'un missile hypersonique, depuis un lieu inconnu en Corée du Nord KCNA VIA KNS/AFP / STR.

L'essai de mardi intervient alors que Pyongyang a refusé de répondre aux appels américains à des pourparlers. Le dialogue entre Pyongyang et Washington demeure dans l'impasse, après l'échec en 2019 des pourparlers entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque, Donald Trump.

Le gouvernement de l'actuel président Joe Biden a affiché à plusieurs reprises sa volonté de rencontrer des émissaires nord-coréens et de viser la dénucléarisation, mais Pyongyang a rejeté l'offre, accusant les Etats-Unis de mener une politique "hostile".

La Corée du Nord fait l'objet de sanctions internationales pour ses programmes d'armement interdits. La pression sur son économie en grande difficulté a été renforcée par la stricte fermeture des frontières, ordonnée pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

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