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Vous souffrez de rhumatismes inflammatoires chroniques? Les biomédicaments peuvent vous aider

Mis à jour le 17/11/2019 à 20:17 Publié le 17/11/2019 à 20:16
Le Dr Olivier Brocq montre à un patient, sous biomédicament depuis un an, l’absence de progression de la maladie, examen radiologique à l’appui, un an après le début du traitement.

Le Dr Olivier Brocq montre à un patient, sous biomédicament depuis un an, l’absence de progression de la maladie, examen radiologique à l’appui, un an après le début du traitement. Photo N. C.

Vous souffrez de rhumatismes inflammatoires chroniques? Les biomédicaments peuvent vous aider

Ils font encore peur à beaucoup de malades. Pourtant, les biomédicaments, en bloquant le processus inflammatoire, représentent un progrès thérapeutique majeur.

"Depuis l’arrivée des biothérapies, l’espérance de vie des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde a rejoint celle de la population générale, alors qu’elle était jusque-là inférieure de dix ans."

Cette information délivrée par le Dr Olivier Brocq, adjoint au chef de service de rhumatologie du CHPG à Monaco, à l’occasion d’une réunion publique sur les rhumatismes inflammatoires chroniques, vient contrebalancer toutes les idées reçues autour de ces traitements.

Arrivés sur le marché il y a une vingtaine d’années, ils continuent, en effet, d’inquiéter un certain nombre de malades.  Nice, on a commencé à traiter des premiers patients atteints de polyarthrite rhumatoïde dès 1999", indique le spécialiste qui exerçait à cette époque à l’hôpital l’Archet.

"Jusqu’à cette date, on n’avait comme seul traitement à leur proposer, le methotrexate. Ce médicament reste efficace pour deux tiers des malades ; pour les autres, on était impuissant. Avec la mise en route précoce de biothérapies chez ces patients, on parvient à bloquer l’évolution de la maladie, et à éviter ainsi la survenue de graves malformations et à réduire la chirurgie prothétique."

En dépit des résultats très positifs obtenus sur l’évolution de ces maladies très invalidantes, un certain nombre de patients - mais aussi de professionnels de santé - manifestent de la réticence en pointant le risque infectieux associé à leur utilisation.

Sans nier l’existence de ce risque, le Dr Brocq se veut très rassurant. "Ce risque est augmenté d’un facteur 1,5, et non 10 comme c’est le cas par exemple avec des traitements utilisés en cancérologie. Les biothérapies agissent en bloquant de façon très ciblée des molécules responsables de l’inflammation. Certains patients sont sous biothérapies depuis vingt ans et n’ont jamais développé d’infections. Les événements indésirables sont extrêmement rares."

Plusieurs biothérapies sont, aujourd’hui, sur le marché et la prescription de l’une ou l’autre va dépendre des antécédents de chaque patient: cardiaque, digestif, métabolique, hépatique… "Il nous arrive de tâtonner un peu, sachant qu’aucun examen biologique ne nous permet à ce jour de prédire l’efficacité de chaque biothérapie", reconnaît le Dr Brocq.

Si les biothérapies, en dépit de leur efficacité, ne sont en général qu’un traitement de seconde ligne, autant pour la polyarthrite rhumatoïde que pour la spondylarthrite ankylosante, c’est d’abord pour des raisons économiques: "Leur coût reste très élevé, même si avec l’arrivée des biosimilaires [équivalents des génériques pour les médicaments classiques, ndlr], il a été réduit d’environ 30%".

Un coût qu’il faut aussi modérer en tenant compte de toutes les "économies" qu’il permet de réaliser à court, moyen et long terme: "Moins d’arrêts de travail, moins d’opérations - même si celles-ci conservent toute leur utilité dans certains cas - et surtout une qualité de vie nettement améliorée", résume le Dr Lascar, chef du service de rhumatologie. Et c’est le plus grand enjeu.

deux maladies principales

Polyarthrite rhumatoïde (PR), spondylarthrite ankylosante (SPA)… Derrière ces noms se cachent les deux rhumatismes inflammatoires chroniques les plus courants. Ils concernent chacun 0,3% de la population française, soit au total 402.000 personnes.

"La PR, dont le diagnostic est de plus en plus précoce, affecte toutes les tranches d’âge, des enfants jusqu’aux personnes âgées, avec un pic entre 20 et 30 ans, et se manifeste le plus souvent par un gonflement des mains", explique le Dr Brocq. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

La SPA s’exprime, quant à elle, par des douleurs de dos la nuit. Comme elle touche en majorité des hommes jeunes (60%), ces douleurs sont fréquemment interprétées comme la conséquence d’une levée de charges par exemple, d’où des consultations très tardives chez le médecin, et des diagnostics retardés d’autant.

les dangers d'internet

"Alors que les biothérapies ont contribué à améliorer de façon importante la santé des patients, circulent sur Internet des informations qui les inquiètent beaucoup. Sont notamment évoqués dans les forums, les risques accrus de cancer, d’infection... Ce type de témoignages ébranlent à juste titre les malades. Lorsqu’on évoque avec certains d’entre eux la possibilité de recourir à des biothérapies, ils hésitent", regrette le Dr Brocq.

Autres informations largement diffusées sur la Toile, les liens entre alimentation et maladie. "On promet la guérison grâce à l’adoption de régimes dits anti-inflammatoires, sans gluten, sans laitages, etc., c’est faux! Attention aux régimes d’exclusion qui créent des carences délétères pour la santé. Le meilleur régime et le plus naturellement anti-inflammatoire, c’est le régime méditerranéen!"

Un dernier conseil à l’attention des fumeurs: le sevrage, car le tabac est l’un des déclencheurs de l’inflammation.


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