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"Vaccinez-vous!": le coup de gueule du chef de service de pneumologie de l'hôpital de Monaco

Pour la première fois, le Centre hospitalier Princesse-Grace a ouvert ses portes à la rédaction de Monaco-Matin. Le Docteur Christophe Perrin, responsable du service de pneumologie où arrive une partie des patients hospitalisés après avoir contracté la Covid-19 ne cache pas sa colère envers les personnes hostiles au vaccin et s'inquiètent pour ceux privés de soins.

Thibaut Parat Publié le 28/01/2022 à 16:14, mis à jour le 28/01/2022 à 15:48
Le Dr Christophe Perrin est responsable du service de pneumologie où arrive une partie des patients hospitalisés après avoir contracté la Covid-19. Photo Jean-François Ottonello

C’est un médecin en colère qui nous reçoit dans le service pneumologie qu’il dirige. Exaspéré de voir que la vaccination rencontre encore des réfractaires, difficiles à convaincre même après une hospitalisation sévère.

Dans son unité, 95% des patients ne sont pas vaccinés. "On a un patient qui est à l’hôpital depuis 35 jours, qui a subi toutes les agressions médicales possibles et imaginables, qui se retrouvent avec deux drains dans le thorax et qui n’a toujours pas changé d’avis", regrette le Dr Christophe Perrin, impuissant.

Selon lui, études internationales à l’appui, une seule réalité doit continuer d’être martelée aux oreilles du grand public. "La grande différence entre le printemps 2020 et aujourd’hui, c’est que la vaccination a fait disparaître les décès par Covid. Elle diminue aussi de 80% les hospitalisations."

"Des patients ne peuvent avoir accès aux soins"

Autre motif de sa colère: le surcroît d’activité lié à la Covid-19 limite l’accès aux soins en pneumologie. "Le service est bloqué au trois-quart par des lits d’hospitalisation. Il y a toute une activité de ‘‘patients respiratoires’’, qu’on prend en charge habituellement, qui ne peuvent pas avoir accès aux soins: ceux qui peuvent être en bilan d’un cancer, des personnes en insuffisance respiratoire qui décompensent, ceux qui ont besoin d’un bilan étiologique, ou d’explorations spécialisées, liste-t-il. Et quand la patientèle ne peut pas avoir accès aux soins, il peut y avoir des effets collatéraux délétères, comme des retards de diagnostic. C’est préoccupant."

 

"Un devoir de neutralité"

Cet agacement, partagé par bon nombre de soignants et médecins, ne bascule toutefois pas dans le jugement. « La vaccination suscite des débats, oui. Mais cela reste un choix individuel. À l’hôpital, quand on enfile la blouse blanche, on ne juge pas la vie privée du patient », souligne Aurélie Sartor, cadre de santé en pneumologie.

Même son de cloche chez le Pr Yann-Erick Claessens, chef des Urgences : « Si on était dans le jugement, on ne soignerait pas ceux qui ont fumé toute leur vie, ceux qui ont une maladie du foie à cause de l’alcool, ou ceux qui ont eu un accident parce qu’ils roulaient trop vite. C’est inconcevable. On a un devoir de neutralité qu’on applique à tous les patients. »

"Certains anti-vax ont décidé de se faire vacciner"

Alors faut-il convaincre les réfractaires à la vaccination? "On n’est pas là pour ça, estime Aurélie Sartor. Mais le discours du médecin est de les encourager à se faire vacciner pour éviter qu’ils soient touchés par la maladie et qu’ils aient un pronostic vital assombri de par leurs antécédents pulmonaires. On a eu de belles histoires, comme des anti-vax qui ont décidé de se faire vacciner à l’hôpital pendant leur séjour."

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