Rubriques




Se connecter à

Vaccin: quels bénéfices pour les plus de 12 ans? Le chef du service pédiatrique du Centre hospitalier de Monaco donne des explications

Pas plus de formes graves chez les jeunes depuis que le variant Delta est majoritaire. Mais plus d’enfants malades. Pour le Dr Haas, le bénéfice de la vaccination est bien réel.

Nancy Cattan Publié le 30/08/2021 à 06:50, mis à jour le 30/08/2021 à 06:50
Le Dr Hervé Haas est le chef du service de pédiatrie du Centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco. Photo DR

Le phénomène a fait son apparition cet été, à Nice. Des enfants de plus en plus nombreux à être infectés par la Covid-19, et une hausse inédite du nombre de bébés hospitalisés.

Chef du service de pédiatrie du Centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco, le Dr Hervé Haas veut toutefois tempérer les inquiétudes. "Il ne faut pas affoler la population en agitant le risque de Covid grave chez l’enfant contaminé par le variant Delta. Certes, il y a des enfants hospitalisés positifs, mais pas plus que lors des premières vagues. Et pour l’instant du moins, on n’observe pas, sur notre territoire, comme ailleurs en France et à Marseille notamment où les cas sont nombreux, de formes graves respiratoires. Les enfants hospitalisés présentent pour la majorité d’autres problèmes de santé imposant une surveillance."

Dans un communiqué de presse, la Société Française de pédiatrie tient peu ou prou le même discours: "Le variant Delta n’est pas responsable de formes plus sévères de Covid chez l’enfant ni le nourrisson et sa dangerosité n’apparaît pas augmentée par rapport au virus précédent. En France, comme dans le reste de l’Europe, les pédiatres ne rapportent pas de signaux inquiétants en rapport avec la sévérité des infections au variant Delta: pas d’augmentation des cas plus sévères de Covid comme en témoigne le nombre des enfants admis en soins critiques depuis le 1er janvier 2021."

Syndrome inflammatoire

Si, à ce stade de l’épidémie et des connaissances, le variant Delta ne semble pas provoquer de Covid plus grave chez l’enfant, sa contagiosité élevée accroît néanmoins mathématiquement le risque de voir le nombre d’enfants malades progresser. Et avec lui, les victimes de complications infectieuses, connues sous les noms de syndromes inflammatoires multisystémiques pédiatriques (ou PIMS).

"Il s’agit d’une affection rare mais sévère survenant, pour des raisons inconnues, chez certains enfants infectés un mois plus tôt par le SARS-CoV-2. Ils ne présentent pas de symptômes inquiétants pendant la phase aiguë de la maladie, mais manifestent des semaines plus tard ces complications que l’on sait heureusement traiter, mais néanmoins sévères et justifiant une prise en charge en réanimation."

 

Effets secondaires

Cette menace constitue un argument important en faveur de la vaccination des plus de 12 ans. Mais qui ne convainc pas aujourd’hui tous les parents d’ados, légitimement inquiets des cas de myocardites post-vaccin décrits à travers le monde.

"Ce type d’effets secondaires a été effectivement rapporté chez de jeunes garçons essentiellement, dans les jours suivant la deuxième dose le plus souvent, convient le Dr Haas. Mais, le risque de myocardite post-vaccin doit être comparé au même risque après infection par le coronavirus. Et là, le bénéfice est indéniable : les études montrent que le risque de myocardite post-infectieux est six fois supérieur chez le garçon au risque de myocardite post vaccin (entre 60 et 70 cas par million). Même si dans les deux cas, il s’agit de risques assez faibles il n’en demeure pas moins que le bénéfice de la vaccination est largement positif."

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.