Rubriques




Se connecter à

Une étude menée sur des tests buccaux moins invasifs à Monaco

À l’espace Léo-Ferré, les autorités sanitaires testent la fiabilité des tests buccaux, jugés moins désagréables que les prélèvements nasopharyngés.

Thibaut Parat Publié le 12/02/2021 à 22:36, mis à jour le 12/02/2021 à 22:37
Mathieu, salarié monégasque déjà testé 5 fois, a participé à l’étude ce vendredi matin : "La sensation de la petite brosse sur les joues et la langue est tout de même moins désagréable que le prélèvement nasopharyngé". Photo Thibaut Parat

C’est l’arme de détection massive du virus par excellence : le test PCR par prélèvement nasopharyngé. Mais l’outil de récolte, en l’occurrence l’écouvillon d’une quinzaine de centimètres, n’est guère confortable pour le patient testé. « C’est inconfortable, surtout pour un enfant qui peut bouger pendant le prélèvement. On peut alors avoir des variations dans le mode de prélèvement et cela peut impacter l’analyse », détaille le Dr Thomas Althaus, médecin épidémiologiste à la Direction de l’action sanitaire et au Centre scientifique de Monaco. Le risque est alors de générer de « faux négatifs », potentiellement contaminants s’ils ne sont pas isolés. Pour pallier le caractère invasif de cette méthode – par ailleurs essentielle pour tracer, isoler et enrayer l’épidémie de Covid-19 – les autorités sanitaires monégasques étudient d’autres tests alternatifs dans le cadre de leur stratégie sanitaire.

Deux prélèvements dans la bouche

Deux études pilotes, concernant des options suédoises et françaises, ne se sont pas avérées concluantes par faute de faisabilité technique. En revanche, depuis ce jeudi à l’espace Léo-Ferré, au centre national de dépistage, une étude, baptisée « Cordages », est menée auprès de patients volontaires et majeurs, qu’ils soient symptomatiques ou cas contacts.
Après les formalités administratives et le traditionnel (et incommode) prélèvement dans le nasopharynx, il leur est proposé deux prélèvements buccaux. « L’idée est d’évaluer la précision diagnostique, c’est-à-dire la sensibilité et la spécificité du test », détaille le Dr Thomas Althaus. Autrement dit, la capacité du test à détecter le virus et à certifier qu’il s’agit bien de la Covid-19.

1.500 patients recrutés

Le premier prélèvement est analysé en seulement trente minutes par un mini-laboratoire, développé par la société monégasque Stark. « On a un brevet pour découvrir le cancer oral et on l’a appliqué pour la détection des antigènes du virus. On va chercher celui-ci dans la salive et les cellules, explique Riccardo Moffa, gérant de Stark. En Italie, l’armée et les hôpitaux publics utilisent déjà cette technique. » Le deuxième prélèvement, lui, est analysé au Centre scientifique grâce à la fameuse technique d’amplification dite « PCR ».

 

« C’est la plus grosse étude jamais faite concernant les tests alternatifs. Pour l’heure, vingt patients se sont portés volontaires mais l’étude prévoit le recrutement de 1 500 patients. L’étude va durer un à deux mois avec des résultats préliminaires, puis une publication scientifique d’ici 6 à 9 mois. Ces tests ne seront mis en place que si l’on obtient des résultats probants », explique le Dr Thomas Althaus.

Différent du test salivaire français

En France, le dépistage massif du virus par prélèvement salivaire est désormais possible. Dans un avis rendu public ce jeudi, la Haute Autorité de santé a donné son feu vert pour le recours à cette méthode dans le cadre de dépistage à grande échelle sur des groupes fermés, à l’instar d’établissements scolaires ou d’EHPAD. Ces tests, fraîchement déployés en France, sont toutefois différents des prélèvements buccaux réalisés à l’espace Léo-Ferré à Monaco, dans le cadre de l’étude « Cordages ».

« La technique salivaire a été évaluée, les protocoles existent et la précision diagnostique est réelle mais il y a une vraie difficulté logistique. Les deux facteurs limitants sont le prétraitement des échantillons et le calibrage des machines. Cela requiert plus de temps et plus de personnel. Cela impacte forcément le nombre de tests que l’on peut faire en une journée, explique le Dr Thomas Althaus. La beauté de cette étude réalisée à Monaco, c’est que cela ne nécessite pas de phase pré-analytique. Cela se gère comme le traditionnel test PCR par prélèvement nasopharyngé. »

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.