Un privé veut implanter une clinique "One Health" à La Turbie

Le conseil municipal de La Turbie vient d’autoriser la vente de parcelles communales à un privé qui envisage d’implanter un "hôpital vétérinaire". Un projet qui va au-delà d’un simple établissement hospitalier.

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Anne-Sophie Coursier Publié le 21/12/2022 à 05:18, mis à jour le 21/12/2022 à 11:50
Les élus de La Turbie autorisent la vente de quatre parcelles pour 1,3 million d’euros. Photo Jean-François Ottonello

Ce lundi soir, à l’unanimité et sans discussion, le conseil municipal de La Turbie a acté le principe de vendre à un privé des parcelles communales pour la somme de 1,3 million d’euros. Ces parcelles d’une surface de 10.340m2 se situent au Sillet. Le porteur de projet envisage d’ouvrir un "hôpital vétérinaire" selon la délibération prise.

Ce projet, qui semble dépasser la commune, ne porterait pas simplement sur l’implantation d’une clinique vétérinaire classique. Il s’agirait de l’arrivée d’un centre hospitalier "One Health", suivant une méthode de travail innovante et selon un concept né notamment avec la crise sanitaire du Covid-19.

Qui porte ce projet?

C’est Valérie Freiche qui porte ce projet, selon la délibération. Diplômé de l’école vétérinaire d’Alfort (ENVA) depuis 1988, ce docteur a notamment effectué un internat en médecine et chirurgie pour petits animaux à cette même école où elle a également été assistante et maître de conférences en gastro-entérologie.Ce n’est pas tout, elle a également occupé le poste de praticien hospitalier en médecine générale, maladies gastro-intestinales et endoscopie d’intervention à l’hôpital universitaire de cette école.

En outre, après avoir été consultante en médecine interne chez Alliance Vet Clinique, à Bordeaux, Valérie Freiche a aussi présidé les congrès du Groupe d’étude en médecine interne (Gemi) et de l’Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie (AFVAC).

La spécialiste a aussi travaillé sur un doctorat en "Analyse comparative de l’oncogenèse des troubles de la prolifération digestive des lymphocytes T chez le chat et chez l’homme" à l’institut Gustave-Roussy de l’université Paris-Sud, France. Elle fut aussi l’organisateur du premier congrès d’oncologie comparée, une réunion scientifique consacrée au concept "One Health, One Medicine".

Qu’entend-on par "One Health"?

Le concept "One Health" ou "une seule santé" est un concept dont on commence à parler. Le concept, qui a surtout vu le jour avec la crise sanitaire du Covid-19, a clairement été évoqué dans une contribution du conseil scientifique COVID-19 publiée le 8 février de cette année.

Il est apparu urgent à ce conseil, explique-t-il dans une contribution rendue publique, "de développer ce concept afin d’introduire une organisation multisectorielle de la santé".

Voici la définition qu’il donne sur le sujet: "Le concept "One Health" vise à mettre en lumière les relations entre la santé humaine, la santé animale et les écosystèmes et à faire le lien entre l’écologie et la médecine humaine et vétérinaire.

L’approche "One Health" se concentre principalement sur les maladies infectieuses, qu’elles se transmettent des animaux aux humains ou inversement, leur émergence en lien avec les changements globaux, la résistance aux antimicrobiens, et la sécurité sanitaire des aliments."

Pourquoi parle-t-on de centre hospitalier "One Health"?

C’est le mari de Valérie Freiche, Jacques Legros, présentateur second du JT de 13 heures sur TF1, qui en parle et qui en a parlé le premier, et ce dans nos colonnes, lors d’une interview réalisée en octobre dernier. Alors invité du Monaco Press Club, il a expliqué au cours de cette interview sa collaboration avec la future chaîne Monte-Carlo Riviera TV.

Lors de cet échange avec notre journaliste, il dévoile qu’il est très attaché à l’environnement. Conseil de Salim Zeghdar, porteur du projet de la future chaîne télé, il informe que la chaîne sera environnementale, avec une volonté qu’elle devienne la référence internationale dans le domaine de l’environnement. La santé et l’environnement sont selon lui totalement liés.

 

Jacques Legros Photo Jean-Marc Sureau.

Jacques Legros glisse alors que son épouse, Valérie Freiche, travaillant à la fois à l’Institut Imagine Hôpital Necker à Paris et à l’École nationale vétérinaire de Maison Alfort, fait désormais la passerelle entre les médecines humaine et vétérinaire. Qu’avec elle, est né l’intérêt pour le concept "One Health" et Jacques Legros de glisser que "bientôt, à La Turbie, vous aurez le premier centre hospitalier One Health de 2.000m2 (...) avec les plus grands spécialistes mondiaux, un centre de recherche, et sur l’environnement avec le Prince."

Il faut dire que Jacques Legros connait bien le concept de "One Health". Il a déjà animé un colloque sur le sujet. C’était il y a deux ans, en décembre. Intitulé "One Health Joint Action", ce colloque était organisé dans les locaux de TF1, par "1Healthmedia", en partenariat avec... l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort et l’Institut Imagine Hôpital Necker, notamment.

Qu’en est-il précisément de ce projet aujourd’hui?

Nous en sommes aux prémices. En date d’un courrier du 11 octobre, Valérie Freiche a fait parvenir à la mairie de la Turbie une offre d’achat de parcelles communales sise lieu-dit le Sillet, route de Menton, afin d’édifier un hôpital vétérinaire. Cette offre s’élève à 1,3 million d’euros. C’est maître Helou, notaire à la Turbie, qui a été chargé de rédiger le projet de promesse de vente. Cette dernière porte sur trois parcelles du domaine privé communal et sur une quatrième parcelle sur laquelle se trouvent des garages et pour laquelle un géomètre doit encore effectuer des mesures et un détachement. La superficie totale est d’environ 10.340m2, celle du futur établissement de santé de 1.790m2.

Les conditions suspensives vont également être formulées dans cette promesse de vente. La commune pourra renoncer à la vente, sans frais, si le permis de construire définitif est refusé.

La commune pourra aussi renoncer à la vente si le futur acquéreur n’obtient pas de rapport stipulant l’absence de pollution et de déchets négatifs sur le terrain ou encore s’il n’obtient pas son prêt.

Comment sera financé ce projet?

Selon l’époux de Valérie Freiche, ce projet ne sera pas directement financé par la Principauté. C’est en tout cas ce qu’affirme Jacques Legros. Et d’indiquer que le financement de ce projet se fera cependant en accord avec le Prince et financé par les banques.

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