Un an après le scandale Orpea: ce qui a changé dans les Ehpad, ce qu’il reste à faire

Un an après l’émotion suscitée par les révélations du livre Les Fossoyeurs sur les malversations et la maltraitance organisée du groupe Orpea, que reste-t-il des préconisations

Article réservé aux abonnés
Mathilde Tranoy Publié le 25/01/2023 à 08:15, mis à jour le 24/01/2023 à 21:38
Illustration d’un Ehpad Orpea. (Photo Loïc Venance/AFP)

Des résidents qui ne sont "pas changés assez régulièrement", des protections et des denrées alimentaires rationnées, des accidents dissimulés aux familles... Il y a un an, le grand public découvrait avec effroi, les révélations du livre enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet sur les malversations et la maltraitance organisée dans les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du groupe Orpea.

Crise de confiance

Les répercussions de ce scandale financier et sanitaire ne se sont pas limitées au groupe Orpea. Elles ont rejailli sur l’ensemble du secteur des maisons de retraite, privées, associatives ou publiques, touché par une crise de confiance. De nombreux établissements avaient constaté un ralentissement des demandes d’entrée.

En mai 2021, soit huit mois avant la parution du livre sur Orpea, la Défenseur des droits Claire Hédon dénonçait déjà des failles dans l’accompagnement des seniors en établissement.

Dans un rapport, elle listait 64 recommandations pour une meilleure prise en charge de nos aînés. Parmi elles, "le ratio minimal d’encadrement" de 8 soignants et animateurs pour 10 résidents en Ehpad, quand aujourd’hui il se situe aux alentours de 6 pour 10. Un meilleur respect de la liberté d’aller et venir des résidents, la mise en place d’un dispositif de "vigilance médico-sociale" pour mieux détecter les situations de maltraitance. Le défenseur des droits préconisait également de renforcer les contrôles, d’instituer une médiation avec les familles et les résidents. Elle évoquait aussi la publication d’"enquêtes de satisfaction annuelles et fiables".

"L’inquiétude demeure"

Rendu public lundi 16 janvier, son second rapport dresse "un bilan préoccupant", 18 mois après le précédent.

"9% de nos préconisations se sont traduites par une action, 55% ont fait l’objet d’annonces mais peinent à se matérialiser, et 36% restent sans réponse" écrit celle qui estime que "la réponse des pouvoirs publics n’est pas à la hauteur". "Les inquiétudes demeurent" et les signalements continuent à affluer.

Des contrôles renforcés

Il y a un an, après les révélations des Fossoyeurs, le gouvernement avait annoncé le contrôle, sous 2 ans, de l’intégralité des 7.500 Ehpad de France, contre une fois tous les 20 ans en moyenne précédemment.

Au 31 décembre, environ 1.400l’avaient été. "Cela a donné lieu à 1.794 recommandations, prescriptions, instructions, et à 11 saisines du Procureur de la République pour des faits relevant du pénal" a indiqué hier le ministère des Solidarités.

Plus de transparence

Depuis le 1er janvier dernier, les Ehpad ont l’obligation de rendre publics cinq nouveaux indicateurs afin de garantir plus de transparence pour les familles et les résidents quant à leurs prestations et leur gestion des sommes facturées: la composition du plateau technique, le profil des chambres, le nombre de places habilitées à l’aide sociale à l’hébergement (ASH), la présence d’un infirmier de nuit et d’un médecin coordonnateur.

Une plateforme pour recueillir les signalements

Une plateforme numérique pour recueillir les signalements de maltraitances en Ehpad va être lancée, a annoncé hier le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe.

Actuellement, les personnes peuvent signaler des maltraitances sur la ligne 39 77, gérée par des associations locales. Concernant la pénurie de personnels dans les Ehpad, un plan d’urgence va être dévoilé début février.

Suivra le lancement d’états généraux pour élaborer une stratégie de lutte contre la maltraitance des adultes vulnérables (personnes âgées, en situation de handicap ou de pauvreté).

Quant à la proposition de loi sur le "bien vieillir", déposée à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle, celle-ci devrait être examinée en commission fin février - début mars.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.