“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Tests, contagiosité, mutations... Le variant britannique décrypté par la cheffe du laboratoire de virologie du CHU de Nice

Mis à jour le 15/01/2021 à 13:13 Publié le 15/01/2021 à 13:12
Le Pr Giordanengo rappelle aussi que les vaccins sur le marché sont efficaces contre les variants.

Le Pr Giordanengo rappelle aussi que les vaccins sur le marché sont efficaces contre les variants. Photo DR

Je découvre la nouvelle offre abonnés

Tests, contagiosité, mutations... Le variant britannique décrypté par la cheffe du laboratoire de virologie du CHU de Nice

À la tête du laboratoire de virologie du CHU de Nice, le Pr Giordanengo, appelle au calme. Selon elle, sa contagiosité constituerait même une opportunité en termes de protection de la population.

Depuis le 6 janvier 2021, et les premiers cas confirmés sur le sol français d’infections au variant VOC 202012/01 (identifié au Royaume-Uni), ce mutant a été repéré dans plusieurs régions.

Depuis jeudi, avec la découverte de deux clusters familiaux à Biot et à Fréjus, on a la preuve qu’il est aussi présent dans les Alpes-Maritimes et le Var. Une présence qui inquiète les citoyens… mais pas la cheffe du laboratoire de virologie du CHU de Nice, le Pr Valérie Giordanengo.

Des Azuréens porteurs du variant anglais peuvent-ils échapper au diagnostic de Covid-19 avec les tests PCR actuels?
Non. Il n’y a pas de problème de diagnostic; aucun des kits disponibles n’est pris en défaut par ce mutant.

Il reste que les plus couramment utilisés ne fournissent pas de renseignements sur le type de coronavirus: classique ou mutant?
C’est cela. Et c’est normal. Lorsque l’on a conçu les tests PCR, on a choisi d’amplifier deux gènes distincts de ceux qui sont affectés par les mutations (ceux composant l’enveloppe du virus comme dans le cas du variant anglais), pour augmenter leur fiabilité et assurer le diagnostic de Covid-19.

Aujourd’hui, il pourrait ainsi y avoir, parmi nous, de nombreux porteurs du variant anglais qui s’ignorent.
Qu’il y en ait, cela ne fait aucun doute. Et aussi des porteurs des autres variants. Par contre, je ne dirais pas qu’ils sont nombreux, dans la mesure où on envoie régulièrement nos souches à séquencer au CNR (Centre national de référence, Ndlr).

Et pour l’instant, on ne repère pas beaucoup de variants. Nous-mêmes (au laboratoire du CHU de Nice, Ndlr) n’en avons encore identifié aucun. En France, le variant anglais représenterait 1% des contaminations. Mais il est certain que ce taux va progresser.

On parle du kit Thermo Fisher qui permet d’orienter vers la présence du variant anglais. La solution?
Effectivement, ce test, très peu utilisé en France peut laisser suspecter une mutation présente dans le variant anglais. Au contraire des autres kits, il amplifie en effet trois gènes et non deux, dont un au niveau de l’enveloppe du virus. Si le résultat est négatif pour ce 3e gène (et positif pour les deux autres), cela signifie qu’il s’agit probablement d’un mutant anglais.

Mais il n’est pas discriminant pour les autres variants qui circulent: sud-africain, ou encore japonais et brésilien qui arrivent sur le territoire. La seule technique disponible pour diagnostiquer tous ces variants, c’est le séquençage du génome du virus.

Comment expliquer l’arrivée de tous ces mutants?
Les virus à ARN, comme le coronavirus, ne sont pas stables, ils constituent une "soupe" de virus. Ces virus sont copiés et recopiés par une enzyme (polymérase virale) qui fait des erreurs et ne sait pas les corriger: elle n’est pas fiable.

C’est ainsi que depuis le début de l’épidémie, des variants circulent. C’est la vie classique d’un virus à ARN. Il s’adapte à l’homme. Et s’adapter, généralement ce n’est pas devenir plus grave - puisque ça l’amènerait à disparaître, en tuant ceux qu’ils touchent.

Il faut arrêter de paniquer; on s’emballe beaucoup autour du variant britannique.

Il inquiète à cause de sa contagiosité.
Comme il n’est pas plus grave, peu importe sa contagiosité! Pourquoi voit-on les choses de façon négative? Ce serait grave s’il était plus pathogène, donnait plus de maladies. Or visiblement ce n’est pas le cas.

Réjouissons-nous qu’il contamine surtout les jeunes - qui sont très peu à risque de formes sévères - et qu’il permette ainsi de faire progresser l’immunité naturelle de la population contre la maladie. Pourquoi ne voit-on pas le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide? Si on ne vaccine pas suffisamment, il faut augmenter l’immunité collective, il n’y a pas d’autres solutions.

À présent que le variant anglais est sur notre territoire, va-t-on séquencer systématiquement les souches lors des prélèvements?
Non, ce serait trop lourd. On va séquencer par vague. On va se dire par exemple : le 20 et le 21 janvier, partout en France, on séquencera les souches pour avoir une idée de la présence du variant anglais sur le territoire. Mais, il faut savoir que c’est ce qu’on fait depuis le début de la crise : régulièrement, on analyse le génome des souches qui circulent.

Les séquençages sont réalisés au CNR à Paris ou Lyon. N’est-il pas possible de les réaliser sur place pour gagner du temps?
On va essayer de réaliser quelques séquençages, mais on n’est pas dimensionné pour en réaliser en nombre. Il faut quatre jours de manipulations pour 10 tests! On fera des petites campagnes localement, tous les mois, pour voir progresser au cours du temps les variants - je dis bien LES variants, et pas seulement l’anglais. Il ne faut pas se fixer sur celui-ci.

Des laboratoires, notamment Biogroup, veulent mettre à disposition leurs séquenceurs pour participer au dépistage du mutant. Qu’en pensez-vous?
Dans les laboratoires on peut faire du séquençage "grossier", mais je ne pense pas que tous les laboratoires vont s’y mettre. En plus, ce n’est pas encore remboursé. Enfin, ceux qui vont le faire devront alimenter une base de données nationale afin d’avoir une cartographie exhaustive, pour avoir une idée de ce qu’il se passe en France.

Quid enfin de l’efficacité des vaccins Pfizer et Moderna, déjà sur le marché, contre les variants?
Les deux principaux variants du SARS-Cov-2 (anglais et sud-africains) sont toujours sensibles aux vaccins Pfizer et Moderna.

 

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.