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Semaine du cerveau 2022 à Monaco: l’électrostimulation contre la dépression

Dans le cadre de la semaine du cerveau 2022 organisée par le Centre Hospitalier Princesse Grace, le docteur David Szekely, chef de service adjoint du service de psychiatrie, a animé une conférence à l’amphithéâtre Lou Clapas dont le thème était le rôle de l’électricité sur le cerveau.

J.D. Publié le 19/03/2022 à 15:48, mis à jour le 19/03/2022 à 15:45
Le docteur David Szekely, chef de service adjoint du service de psychiatrie, a animé une conférence pour présenter l’évolution des techniques d’électrostimulation du cerveau comme outil thérapeutique des dépressions.

Une histoire qui remonte à quelque 2000 ans! C’est effectivement Scribonius Largus, médecin de l’Empereur Claude qui proposait des traitements par l’électricité animale pour soigner la goutte et les maux de tête. Un poisson torpille de Méditerranée était appliqué sur le front du patient, entre les sourcils, et il se déchargeait jusqu’à ce que les sens du malade soient engourdis, d’où le nom de "torpeur" pour désigner cet état.

Au XVIIIe siècle a été mis au point le galvanisme: c’est alors le début de l’électrophysiologie.

"Les électrochocs étaient très efficaces"

En psychiatrie, les électrochocs ont été inventés en Italie en 1938. S’ils peuvent sembler barbares parce que déclenchant des crises convulsives, en lien avec des images telles que celles du film Vol au-dessus d’un nid de coucou avec Jack Nicholson par exemple, ils sont utilisés encore aujourd’hui. Mais la technique actuelle s’émancipe des clichés quelque peu traumatisants. "Des images violentes circulent autour de l’électrostimulation jusqu’à l’exécution du condamné à mort, souligne le docteur David Szekely. Pourtant, on n’est plus du tout dans ce registre aujourd’hui", rassure le médecin.

Dans la seconde partie du XXe siècle, "on a découvert les neuroleptiques et les antidépresseurs, explique le docteur David Szekely. Mais depuis les années 80, on s’est rendu compte que les électrochocs étaient très efficaces. C’est très codifié."

 

Les neuromodulations augmentent ou diminuent l’excitabilité d’un groupe de neurones par le biais d’un stimulus électrique. À une époque où on estime que les dépressions vont devenir la première cause d’invalidité (c’était la 2e jusqu’à maintenant), il est évidemment essentiel de trouver des thérapies le plus possible efficaces. "Nous avons en permanence des consultations pour des états de stress post-traumatique. Trouver d’autres pistes thérapeutiques est un enjeu majeur."

En marge des traitements médicamenteux, les techniques de neuromodulation (qui s’appuient sur l’électricité, le magnétisme, les actes chirurgicaux ou non chirurgicaux) sont indispensables. "Il y a eu beaucoup de progrès techniques", souligne le chef de service adjoint. Ces techniques permettent "une efficacité jamais égaler dans les dépressions très sévères avec 80 à 90% de rémission dans certaines formes cliniques."

Différentes méthodes sont proposées; dont certaines sont relativement légères et donc bien acceptées par le patient. La stimulation magnétique transcrânienne répétée est proposée pour certains malades déprimés. "On peut choisir de stimuler les neurones qui tournent au ralenti. Le dispositif est placé sur le lobe préfrontal. Les séances sont réalisées à l’hôpital, en ambulatoire."

La stimulation transcrânienne à courant direct continu est envisagée pour les dépressions légères ou modérées. Le protocole et en cours de validation. "La séance se fait à domicile", précise le docteur David Szekely.

Autre exemple d’évolution thérapeutique: alors qu’il fallait passer par la chirurgie pour stimuler le nerf vague, il y a des appareils auditifs qui sont à l’étude.

 

Si la crise sanitaire a provoqué une hausse des syndromes dépressifs et des consultations, l’évolution de la science et des techniques offre à la fois plus de confort aux patients et plus d’espoir pour une véritable rémission.

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