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Pour le représentant des médecins du CHPG, "statistiquement, on est bien armés à Monaco"

Mis à jour le 30/03/2020 à 21:33 Publié le 30/03/2020 à 21:32
L’état des lieux du CHPG, par le Dr Mathieu Liberatore.

L’état des lieux du CHPG, par le Dr Mathieu Liberatore. Photo Jean-François Ottonello

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Pour le représentant des médecins du CHPG, "statistiquement, on est bien armés à Monaco"

Capacité du CHPG à gérer le pic de l’épidémie, âge des malades hospitalisés, annonce de la livraison de masques, moral des troupes: le Dr Liberatore dresse un état des lieux complet.

Pour lui, le Centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco est prêt à affronter le pic de l’épidémie, attendu entre le 1er et le 15 avril. Mathieu Liberatore, radiologue, chef du service échographie-mammographie au CHPG, en l’occurrence président de la Commission médicale d’établissement (CME) a accordé un long entretien à Monaco-Matin, lundi, au début de la semaine annoncée en France comme celle de tous les dangers.

Le Dr Liberatore, en tant que représentant des médecins du CHPG, expose ici librement l’état de santé de l’hôpital de Monaco face à la crise sanitaire, sur le plan du matériel et des personnels, celui des patients atteints du Covid-19, la sécurité du corps médical et la vie des autres services.

La capacité du CHPG face au coronavirus

"Avec la montée en charge progressive de l’épidémie, la fréquentation du service des urgences dédiées aux suspicions de Covid-19, des lits d’hospitalisation et de réanimation se déroule dans des proportions complètement gérables", assure le Dr Liberatore. Hier, deux patients étaient en réanimation, sur une capacité de 26 lits, et douze autres étaient hospitalisés dans la première unité Covid – soit un taux d’occupation de 50 %. Sans compter qu’une seconde unité est d’ores et déjà prête à accueillir des malades.

"Nous ne sommes pas débordés et d’autres unités sont prêtes à être activées", ajoute le président de la CME.

Est-ce suffisant pour affronter le pic de l’épidémie? "Si l’on regarde le bassin de population qui relève du CHPG, proportionnellement, nous sommes largement au-dessus des ratios du pays voisin et de la région voisine. Statistiquement, on est bien armés."

Le CHPG peut compter sur des renforts locaux

L’ampleur de l’afflux de patients dans les prochains jours n’est, pour l’heure, pas estimable. Les médecins le savent mieux que quiconque. C’est pourquoi des renforts ont été prévus au cas où le CHPG se retrouverait submergé. "Nous disposons, en plus, des capacités d’accueil des structures privées, intégrées dans le plan de renfort du CHPG en cas de besoin", souligne le Dr Liberatore, qui évoque l’IM2S (Institut monégasque de médecine du sport) et le Centre cardio-thoracique, capables d’accueillir des patients en réanimation et en hospitalisation.

Les malades Covid-19 ont de 25 à 90 ans

L’âge des malades Covid-19 est très variable. Plus qu’on ne le pensait. Le plus jeune a 25 ans, le plus vieux dépasse les 90 ans. La moyenne des patients hospitalisés se situe entre 60 et 70 ans mais les écarts sont très importants.

"Des jeunes sont hospitalisés, ce qui signifie que les formes sévères de la maladie ne touchent pas que les personnes âgées, rappelle le président de la CME. Tout le monde doit respecter les mesures de confinement, y compris les jeunes."

Pas de suivi des patients hors de Monaco

Quelle est la part des résidents monégasques dans la patientèle Covid-19 du CHPG? Difficile à dire car l’hôpital de Monaco accueille également des habitants des communes voisines. Mais la problématique est ailleurs.

"Le Centre de suivi des patients à domicile assure le suivi de ceux qui sont confinés chez eux à Monaco, explique le Dr Liberatore, mais pas de ceux qui vivent dans des communes françaises qui dépendent du CHPG. Il serait important de ne pas perdre de vue ces malades. Cela me paraîtrait logique que ces patients soient également suivis par ce service de la Principauté afin de préparer au mieux l’afflux de patient au CHPG lors de l’aggravation que l’on observe généralement lors de la deuxième semaine."

100.000 masques livrés vendredi dernier au CHPG

À quelques jours du pic de l’épidémie de coronavirus, quel est le moral des troupes médicales ? « Les équipes vont bien. Ce genre d’événement resserre les liens et la cohésion. » Le moral, en tout cas, est nettement meilleur depuis ce vendredi 27 mars et la réception de 100.000 masques de protection pour le personnel médical. Fini le stress, "les équipes sont rassurées", assure le Dr Liberatore. Seule subsiste l’inquiétude sur l’ampleur du pic de l’épidémie.

Chloroquine: pour ou contre?

"C’est complexe, répond le Dr Liberatore. Le sujet fait débat chez nous aussi mais, globalement, il y a un consensus: on ne peut pas ne pas proposer de chloroquine aux patients qui présentent une forme de Covid nécessitant une hospitalisation."

L’accès à ce médicament est toutefois permis contre la signature d’une décharge, tous les essais cliniques n’ayant pas encore été réalisés.

L’activité du CHPG hors coronavirus au ralenti

Si l’on excepte les services d’oncologie et d’hématologie, dans lesquels le report ou l’annulation de consultations est inenvisageable, tout le reste de l’activité "normale" du CHPG a chuté de 80%, évalue le Dr Liberatore. Y compris aux urgences traditionnelles, qui sont séparées des urgences Covid.

"On continue de traiter les occlusions, les appendicites, les AVC, etc. On a noté une hausse des accidents domestiques et de bricolage, ainsi qu’une baisse des urgences de confort", éclaire le président de la CME.

Autrement dit, les patients vont aux urgences seulement quand ils n’ont pas le choix.


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