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Pas de confinement, une mortalité élevée: pourquoi la Suède persiste dans sa stratégie de "souplesse" face au coronavirus

Mis à jour le 22/05/2020 à 10:26 Publié le 22/05/2020 à 10:21
La capitale suédoise, Stockholm.

La capitale suédoise, Stockholm. Photo DR

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Pas de confinement, une mortalité élevée: pourquoi la Suède persiste dans sa stratégie de "souplesse" face au coronavirus

Alors que la mortalité dans le royaume, jamais confiné, est bien plus élevée que chez ses voisins, les autorités ont pleine confiance dans leur stratégie "à long terme" contre la pandémie de Covid-19.

À l’heure où de nombreux pays européens lèvent leurs mesures de confinement contre le nouveau coronavirus, la Suède, qui se distingue par son approche souple face à l’épidémie, envisage de maintenir ses restrictions encore longtemps.

Tandis que la plupart des Européens retournent progressivement travailler, le royaume nordique recommande toujours le télétravail. Et il conseille à sa population d’envisager à longue échéance les mesures actuelles.

L’interdiction de se rendre dans les maisons de retraite, où plus de la moitié des décès ont été enregistrés, restera ainsi probablement en vigueur encore plusieurs mois, prévient le gouvernement.

Le pays scandinave a maintenu ouverts les écoles, cafés, bars et restaurants, demandant à chacun de "prendre ses responsabilités".

Mardi, le royaume scandinave enregistrait 3.743 décès sur un total de quelque 30.800 cas d’infection, une mortalité sans commune mesure avec celle observée chez ses voisins, qui ont imposé des mesures de semi-confinement.

La Suède déplore actuellement 371 décès par million d’habitants liés à la maladie (Covid-19), selon le site de collecte de données statistiques Worldometer. Au Danemark, ce chiffre n’est que de 95, en Finlande de 54, et en Norvège de 43.

Stratégie durable

Les autorités suédoises voient leur stratégie comme plus adaptée à long terme que celle de pays européens se posant mille questions sur la levée des mesures de confinement et le risque d’une deuxième vague d’infections.

"Il est apparemment assez facile de commencer un confinement, mais l’arrêter est beaucoup plus difficile", juge l’épidémiologiste Anders Tegnell, de l’Agence de santé publique.

La Suède considère depuis le début que le virus ne va pas disparaître de sitôt et qu’il doit circuler lentement au sein de la société pour ne pas engorger les services hospitaliers. Même si des personnes âgées fragiles en ont payé le prix.

Jusqu’à présent, les hôpitaux suédois, bien que travaillant dans les conditions jugées "difficiles", n’ont pas encore été submergés.

À l’hôpital de Danderyd, au nord de Stockholm, Klara Bergmark, cheffe de l’unité de soins intensifs, explique que ses équipes se préparent à travailler plus intensément que d’habitude cet été. Et ainsi pendant "toute l’année". "L’endurance est très importante", déclare-t-elle à l’AFP.

Même si Anders Tegnell pense qu’il est encore «trop tôt» pour dire si un confinement aurait permis de limiter le taux de mortalité dans le pays, l’éventuelle deuxième vague a des chances d’après lui d’être moins agressive en Suède que dans les pays qui ont imposé des mesures d’isolement.

"Leçons à tirer"

La plupart des mesures sont soutenues par une majorité de l’opinion publique, selon des sondages. Elles ne sont pas contraignantes, et reposent sur la bonne volonté de chacun.

"Je pense que la stratégie suédoise s’est avérée durable. Nous avons maintenant des données montrant que les gens adhèrent de plus en plus à nos conseils", se félicite Anders Tegnell.

Un récent rapport du Centre de recherche et de politique en matière de maladies infectieuses de l’Université du Minnesota a averti que le monde "doit se préparer à au moins 18 à 24 mois supplémentaires de présence significative de la Covid-19, avec des points chauds qui apparaissent périodiquement dans diverses zones géographiques".

La Suède estime que dans ce cas son expérience pourrait être utile à d’autres pays.

"Je pense qu’il y a peut-être des leçons à tirer de nos collègues en Suède", confirmait le responsable des urgences de l’OMS, Michael Ryan, lors d’une conférence de presse fin avril.

Avec un bémol: cette stratégie pourrait être difficile à reproduire ailleurs, là où les autorités ne bénéficient pas du même niveau élevé de confiance.


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